Hebdo – 2017, N° 37 (Brigadoon, On ne vit que deux fois…)

Image d’en-tête : Les Feux du Music Hall

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Lundi : Verdict

(André Cayatte, 1974)

« Jean Gabin »*

Passant de la place d’un brillant accusé à celle non moins prisée d’un juge, Gabin va ici  interpréter un puissant où il va s’agir pour lui de concilier devoir et honneur dans une situation de chantage. La richesse filmique s’y exprime sans frein, puisque ce sont des procédés complètement opposés à ceux de L’Affaire Dominici qui vont être mis en oeuvre : avec l’avancée du procès, le spectateur suit évènements qui y sont liés de façon linéaire, tout en étant tenu au courant de ses causes en parallèle, avec des scènes qui suivent à part leur propre ligne temporelle. La méthode est remarquable en ce qu’elle ne répond pas aux critères du flash-back : c’est bel et bien une histoire imbriquée dans une autre. Et cela confirme en quelque sorte que cacher totalement des éléments importants n’est objectivement pas une bonne chose, car Verdict est un véritable plaisir à suivre. Quand on croit venir la fin, il y a encore un, non, deux coups fataux portés pour la gloire du scénario captivant.


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Mardi : Tootsie

(Sydney Pollack, 1982)

« Dustin Hoffman »*

Onze années avant Madame Doubtfire, c’est Dustin Hoffman qui jouait la carte du travestissement, donnant une nouvelle dimension à son talent. D’ailleurs, l’idée de jouer avec une femme lui est venue pendant le tournage de Kramer contre Kramer où il campait un père – un surhomme, quoi. Tout comme pour Robin Williams dans le susdit, son personnage est lui-même un acteur, ce qui autorise ce coeur controversé à une intrigue hilarante et permet la mise en abyme avec ce que les acteurs ont connu pour de vrai.

Pourtant le film a été tourné comme un drame, au point que jamais un fou rire n’a interrompu le tournage. L’oeuvre est victime de cette volonté dramaturgique, quoiqu’elle se soit transformée en comédie de façon naturelle et sans heurt ; elle en hérite un défaut horrible qui s’appelle le Vaudeville, le comique de situation le plus prévisible et ennuyeux qui soit. Heureusement, ce n’était pas un fait exprès et ça ne va du coup pas trop loin.

Le film au global est fantastique, ce qui vient avant tout de son équipe (non, l’équipe ne fait jamais tout) : Sydney Pollack y a une responsabilité bien plus grande que de seulement signer la création de son nom : il fut certes réalisateur mais aussi producteur et, sur l’insistance de Hoffman, acteur. Jessica Lange leur doit un Oscar et Geena Davis un timide mais prometteur début de carrière.


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Mercredi : On ne vit que deux fois

(Lewis Gilbert, 1967)

« James Bond »*

Il est à croire que faire un James Bond à la fin des années 1960 ne consistait pas qu’à surprendre le public mais avant tout l’équipe elle-même. Les cascadeurs sont encore plus sollicités dans cet épisode, dans l’excès, mais cela, on leur pardonne. Les hélicoptères de poche et autres joyeusetés peuplent agréablement de technologie cette image d’ensemble trop vague pour vraiment concilier conquête spatiale et Guerre froide. Le film se fait par contre un parfait reflet de l’actualité lorsqu’il s’agit de choisir un gros gadget d’époque, devenant de fait un miroir des passions enfantines en 1967.

Mais sans surprise, à vouloir trop en faire, l’oeuvre plonge directement dans la médiocrité et la platitude, ne se cachant même plus de ses faux raccords et complètement à la ramasse en matière de perfectionnisme en général. Ça part dans tous les sens, les acteurs ne suivent pas… Bref, rien pour nous faire supporter le surplus de fidélité à des livres qui n’ont par nature pas à se soucier du réalisme graphique.


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Jeudi : Les Feux du Music Hall

(Federico Fellini, Alberto Lattuada, 1951)

« Langue italienne »*

Le premier film de Fellini était en couleurs. Bon, il a été tourné en noir et blanc, mais les deux réalisateurs ont tellement fait bouillonner leur créativité qu’il s’est coloré de lui-même en émotions. C’est un film de visages, où s’expose d’abord la face si reconnaissable du vieil enfant italien en la personne de Peppino del Filippo. En fait, cette oeuvre est une exposition des différents types de beauté : la sagesse discrète de Giulietta Masina est comparée à celle, extérieure et fruste, de Carla del Poggio, ainsi qu’à la charmante laideur d’actrices secondaires. Quoiqu’elles n’ont rien de secondaire, justement : elles ont toutes en commun la beauté universelle de l’art, le tout mijoté dans un ensemble qui n’est pas beau, qui montre avec candeur la faiblesse de tous (merci chers Italiens d’avoir cette simplicité). Le film tient plus de la tranche de vie que du scénario original, mais disons qu’on l’a bien beurrée et que ça fait sa réussite.


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Vendredi : Daywatch

(Timur Bekmambetov, 2006)

« Langue russe »*

Les Russes ont ce gros avantage de ne pas se soumettre au modèle américain ; on en a déjà parlé, c’est de là que vient la force du premier opus et c’est ce qui en a justifié les détracteurs, blablabla. Mais la conséquence qui s’en fait sentir avec Daywatch, c’est combien le pragmatisme peut s’exprimer même dans l’art, à partir du moment où ce n’est pas l’argent qui est dans le cockpit. Ou qu’au moins il a un copilote. Le résultat, c’est que voici une suite cinématographique plus réussie que le film original !

La violence est utilisée à propos, presque jusqu’à nous faire dire qu’ils l’ont mise de côté si on ne fait pas attention (cela tient simplement au fait qu’elle n’est plus le moyen mais la finalité). La débauche d’effets spéciaux n’est plus une débâcle, elle a beau recouvrir tout le film indifféremment de Nightwatch, c’est juste ce qu’il faut pour emballer le scénario dans un peu de rêve. Les débordements sont tassés, réduits par touches à l’état de clins d’oeil qui, s’ils nous font soupirer une fois en éveillant les mauvais souvenirs de Nightwatch, se font vite oublier.

A l’inverse, si la médiocrité d’un antécédent est dure à cacher, ils y sont parvenus malgré eux en l’entreposant dans un contexte de post-production désastreux : mélange d’ouvrages originaux, renommage en dernière minute (en dernier mois, d’accord) et surtout la tombée aux oubliettes du troisième opus. En 2018 peut-être, me souffle IMDb.


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Samedi : Brigadoon

(Vincente Minnelli, 1954)

« Film musical »*

Quand un film répond aussi bien que Brigadoon aux critères d’un genre précis – en l’occurrence celui des comédies musicales romantiques -, son objectif est de sortir du lot, d’où les campagnes publicitaires promettant monts et merveilles indifféremment pour toutes les productions similaires. Mais cette oeuvre sort effectivement du lot. Pas du moule, puisque le style cher aux Américains est inchangé, mais sur plusieurs aspects qui sont loin d’être des détails.

C’est donc un film musical romantique, basé sur la danse depuis la décision de prendre Gene Kelly pour le premier rôle – un certain Howard Keel devait le tenir à l’origine et le scénario revêtir simplement l’aspect musical. Le résultat déjà riche, quoique pas exceptionnel, a été rehaussé de deux choses rares à Hollywood : la mise au premier plan de ce petit coin du monde anglophone appelé Écosse – sous son aspect naturel et traditionnel, en plus – et la large adoption des valeurs d’un sous-genre : le conte. C’est comme un léger drap onirique disposé avec douceur sur l’histoire. La fine couche d’or qui plaque un matériau déjà noble.

Star et réalisateur voulaient tous deux tourner en Écosse, hélas la MGM a vu mieux dans leur intérêt que tout soit fait en studio. Qu’à cela ne tienne, se sont-ils dit ; ils ont alors débarqué avec des décors qui encore aujourd’hui nous mettent le doute : 600 pieds de long, 60 de haut (183×19 mètres). Multipliez l’un par l’autre, ajoutez un zéro et vous en avez le prix en dollars. Mais les oiseaux sont des bien meilleurs appréciateurs de leur réalisme que les chiffres : il est notable et authentique que certains d’entre eux les ont trouvés tellement à leur goût qu’ils ont pénétré les studios pour y loger !

Bref, un succès qui ne nous prédispose même pas à ce que la conclusion soit une critique de la société urbaine new-yorkaise ; a fortiori du quotidien occidental tout entier, ce qui nous laisse sur la réflexion que c’est une chose admirable pour l’époque.


Hebdo – 2017, N°35 (Goldfinger, Night Watch…)

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Lundi : Deux Hommes dans la Ville 

(José Giovanni, 1973)

« Jean Gabin »*

Gabin n’aura décidément fait que du cinéma de transition à la fin de sa vie. Transition dans un style de plus en plus cru, qui caractérise la vraie émancipation du cinéma après le succès abstrait et relatif de la nouvelle vague. On n’hésite plus à tourner la scène très noire de l’exécution à la guillotine, histoire d’être plongé avec vivacité dans cette actualité médiévale par quelqu’un de très bien placé pour en parler, puisque le réalisateur José Giovanni a connu le couloir de la mort avant d’être finalement condamné à de la prison. Transition aussi dans la représentation des sentiments, où l’on reste coincé dans la forme mondaine de l’amour et celle des mauvais sentiments, alors que le bonheur va avoir droit à une ambiance aux petits oignons et en musique, qui rend l’ensemble inégal d’une manière qui déconcentre un peu.


Mardi : Agatha

(Michael Apted, 1979)

« Dustin Hoffman »*

Agatha est sous bien des aspects le dernier hoquet d’un cinéma depuis longtemps dépassé, dont la résurrection momentanée par Michael Apted doit être doublement justifiée par l’influence profondément britannique de la réalisation sur ce film, et la présence pesante de Hoffman dans l’autre plateau de la balance culturelle. Cela peut paraître dit négativement, mais c’est ce qu’il tombe sous le sens de dire à propos de la manifestation d’une ancienne ère bien après son extinction. Et il ne s’agit pas là de l’histoire du film, qui se passe en 1926, mais bien de l’esprit qu’on sent planer sur le tournage tout entier, comme si chaque image était légèrement transparente sur son origine. Pour n’avoir pas exceptionnellement brillé, Hoffman n’a pas fait non plus briller les autres, mais c’est une occasion inattendue, depuis cette année 1979, de se replonger non seulement dans une ambiance à l’odeur encore agréable de fâné, mais aussi dans l’atmosphère authentique d’un film policier à la Agatha Christie, dont c’est là une explication artistique proposée à la disparition authentique, pendant onze jours, dans les années 1920.


Mercredi : Goldfinger

(Guy Hamilton, 1965)

« James Bond »*

Goldfinger a un secret, pas gros mais important : s’il est l’un des films de Bond les plus emblématiques, c’est parce que nul autre film n’a propulsé la série plus vite vers son « destin » (mot à considérer rétrospectivement avec ce qu’elle est effectivement devenue). L’Aston Martin et ses gadgets, ça y est : ils y sont. D’ailleurs, la marque a dû se faire convaincre de figurer dans le film ; les « arguments » devaient être solides. Choix qu’ils n’ont d’ailleurs très probablement pas regretté.

Mais le résultat n’en reste pas moins inexcusable pour ses fautes de goût, telles les explosions superfétatoires rendues radieuses par le Technicolor. Même le temps ne peut pardonner à ces détails où la technique s’est enragée contre sa propre relative primitivité afin… d’en faire trop.

Si on laisse glisser les vices de forme, le Doigt en Or est quand même – heureusement – le résultat d’un tournage acharné. Sean Connery avait déjà donné de sa personne dans la saga, frôlant la mort lors de la réalisation d’une scène en hélicoptère. Il fut également blessé légèrement sur ce tournage-ci, et il n’y a aucun doute que plus d’un cascadeur s’est fait des bleus.

Par contre, dans la famille des petits détails énervants, je demande la question de la femme. On a depuis longtemps pardonné à Bond de l’avoir chosifiée, trophéisée même… mais est-ce une raison pour en mettre partout, jusqu’en troupeau dans des cockpits d’avion ?


Jeudi : La Contestation

(réalisateurs divers, 1964)

« Langue italienne »*

D’ordinaire, les films à sketches italiens sont une source de divertissement complète et unique. Voir Godard parmi les cinq réalisateurs réformistes de ce film laissait présager un ingrédient supplémentaire à la recette habituelle, un arôme de nouvelle vague. Auquel cas le connaisseur pourrait aborder l’oeuvre sans préjugés. Malheureusement, la raison pour laquelle elle a fait l’ouverture du festival du film de Berlin en 1969 était dû à son à-propos politique ; de grands artistes y préfigurent les conséquences possibles aux bouleversements de 1968. Le film fut fait au bon moment, sur le bon sujet, de la bonne manière, mais n’était valable que dans le double contexte extrêmement étroit de l’esprit étudiant italien et desdits troubles post-68. Sortie de ce cocon minuscule où elle peut s’exprimer, l’oeuvre nous frappe alors comme une compilation médiocre d’allégories d’actualité et d’expérimentations figuratives ennuyeuses. Il faut avoir une passion trop éclectique pour encore prendre du plaisir à le voir aujourd’hui.


Vendredi : Night Watch

(Aleksandr Bachilo, Timur Bekmambetov, 2004)

« Langue russe »*

Night Watch, c’est un grand cri de guerre russe pour s’attirer l’attention d’Hollywood. Pour ce faire, l’équipe s’est plus que largement inspirée – les puristes diront plagié – les préceptes de la capitale du cinéma en la matière. Et si l’opinion était partagée sur ces méthodes, le box-office ne l’était pas, puisqu’il s’agit là du plus gros score de tous les temps en Russie.

Copier un certain style est condamnable selon le contexte, pourtant le style ne sert ici que d’outil pour véhiculer un message et une vision des choses en particulier. Dans ce cas précis, il ne faut pas plus blâmer les Russes d’insuffler un caractère préexistant à leur oeuvre qu’on ne les blâmerait d’utiliser Kodak ou Nikon. Ils n’ont aucune prétention à revisiter la chose ; pour eux, Hollywood était le moyen, pas la finalité. En plus, la vraie finalité est évidente : le film a du caractère, il est violent, mystique et urbain. Il n’est pas occidental et son histoire est claire. Moyennant quoi, on devrait plutôt admirer le film pour l’énergie de son montage (encore quelque chose qui leur est propre) et le respecter pour avoir su mêler à la violence de son image une conception du manichéisme qui, pour n’être pas moins stéréotypée qu’aux USA, est très slave et plaisante à découvrir.

Quitte à s’en faire le détracteur, il y a d’autres défauts : le scénario est trop riche, la preuve en est qu’il ne sait plus comment faire la part des choses ; les intrusions du metal, du rap, du dessin animé et du jeu vidéo se marchent dessus jusqu’au ridicule ; parfois les images donnent l’impression de se chevaucher dans un capharnaüm maîtrisé tant bien que mal, pour le plaisir de l’oeil aussi bien que pour la gloire de l’épilepsie et du royaume de la confusion. Ça n’en reste pas moins un film original, qu’on ne devrait pas se vexer de voir à côté des clones monopolistiques du cinéma américain.


Samedi : Le Bal des Sirènes

(George Sidney, 1944)

« Musique »*

Le slogan de la MGM pour ce film comprenait « mammouth », qui se voulait ici l’adjectif qualificatif d’un « spectacle musical ». On repassera pour le mammouth, mais le grandiose se pose là. Fourre-tout magnifique du divertissement, Bathing Beauty – tel est le titre original – nous offre du one-man-show, du comique de situation, et bien sûr l’habituel cocktail « chant-danse » des années folles américaines. Red Skelton en assure toutes les parties. A l’origine, c’est son personnage que le scénario devait mettre au premier plan, avant que l’attrait pour la protagoniste féminine ne pousse les producteurs à l’axer sur elle, passant d’une comédie pluridisciplinaire à une comédie romantique. Une victoire de la superficialité dont Skelton en réalité se gausse, car c’est lui qui attire de toute manière le regard avec ses fausses manières de Robin Williams.

Mas au-delà de ces taquineries scéniques qui devaient être bien plus palpitantes en coulisses, il y a la performance artistique, qui met curieusement à l’avant-plan parfois certains musiciens en particulier – pianiste et trompettiste surtout – qui ne sont pourtant que des maillons dans la chaîne du tournage.

Le clou du spectacle n’est rien de moins qu’une démonstration de danse aquatique où la synchronisation des nombreuses artistes est plus étonnante que n’importe quelle danse hors de l’eau. L’oeuvre, finie de concevoir en 1944, était destinée aux combattants américains en Europe ; au regard du respect vénérateur que les USA vouent à leurs soldats, le film est tout à leur honneur.


 

Hebdo – semaine 30, 2017

Pendant le mois d’août, le blog est en mode vacances, ce qui signifie peu voire pas de critiques. A dans un mois donc !

 

Le lundi, j’ai foui…

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 Le Tueur

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star½.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) Jean Gabin –  Il s’agit peut-être là d’une remarque un peu morbide, mais plus la mort de Gabin approche, plus ses films marquent par leur caractère transitionnel. Après un drame romanesque teinté de réaménagement urbain, Le Tueur est un retour au film policier, mais qui n’omet pas d’assaisonner le contexte à grands coups de modernisation supposée de la police dans le but visiblement raté d’améliorer l’opinion des masses à son sujet. Là-dedans, Gabin est l’ancêtre conservateur. Très bien. Moins bien par contre, la réalisation, comme si ceux derrière la caméra avaient fait un effort de bonne volonté pour évoluer sans y parvenir vraiment. Et la post-synchronisation faiblarde qui ne gâche rien du jeu des figurants car il n’est pas non plus de très bonne facture. Oui, même toi, Depardieu.


 

Le mardi, j’ai foui…

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 Le Récidiviste

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Dustin Hoffman – Hoffman en malfrat. Bon. Cela fonctionne, rien à redire. On s’y serait attendu, l’acteur donnant toujours le meilleur de lui-même presque jusqu’à diriger le film (il s’est finalement résigné à engager un régisseur). Le scénario n’est pas le point fort mais il a quelque chose de vrai qui fait qu’on s’y accroche volontiers. Il est simplement dommage qu’aucune profondeur ne se cache derrière les pages du script ; on devine que le criminel devient un récidiviste pour s’être fait harceler par les autorités pendant sa liberté conditionnelle, mais le film a le tort de ne pas insister sur cette ironie, ce qui la fait ressortir toute bête et simplette. Même chose en ce qui concerne l’escalade : on devine là encore qu’elle est horriblement inévitable sans que l’accent soit mis sur ces ennuyeux paradoxes judiciaires. Et puis certains personnages phares – M. Emmet Walsh en parfait contrôleur vicieux de conditionnelle ? – disparaissent tout à coup, comme oublié par les auteurs. D’autant plus un gâchis que l’oeuvre est déjà captivante de bout en bout pour ce qu’elle est. On aurait juste pu en tirer un chef-d’oeuvre, à peu de choses près. 


Le mercredi, j’ai foui…

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 Bons Baisers de Russie

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star¾.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) James Bond –  Un autre des pas maladroits vers l’équilibre de la série James Bond, qui commet moins l’erreur d’être kitsch. On est bien d’accord que cela ne se choisit pas, mais il faut souligner à quel point Dr. No s’avançait trop loin dans des domaines de la science-fiction encore tellement mal éclairés par les caméras. Bref, Bons Baisers de Russie : le pas en avant est sensible, on appréciera l’apparition discrète de quelques gadgets primitifs. Il est en revanche fâcheux pour le spectateur contemporain que le film d’action lui semble un genre récent, car il sera très peu indulgent envers les premiers films sur 007, casant beaucoup plus d’erreurs dans la case des moyens défaillants que dans celle, plus objective, de la période de la réalisation. La séquence avec l’hélicoptère en est une illustration frappante : la scène était réaliste, au point que le pilote a mis la vie de Sean Connery en danger. D’un tournage si extrême, pointilleux jusqu’à l’imprudence, le résultat ne peut être que bon. Mais il a fallu que ces scènes énergiques soient complètement ravagées par le montage, les faisant se succéder comme en un capharnaümoscope idiot. Enfin bon, l’âme de James Bond deviendra grande, et en attendant, le divertissement est présent.


 

Le jeudi, j’ai rien foui…


Le vendredi, j’ai foui…

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 Vij

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star¼.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) Film en langue russe –  Une amusante production soviétique dont on remerciera les producteurs de ne l’avoir fait durer que 72 minutes. Le montage est abominable, les dialogues d’une pauvreté aux antipodes de faire honneur à la langue russe. Par contre, ils ont fait des trouvailles en matière d’effets spéciaux qui valent le détour – entendons-nous : à d’autres moments que celui, par exemple, où ils ne se gênent pas pour montrer un décor tournant pour simuler la lévitation des personnages. Mais l’usage de ces effets est inégal, allant de l’astucieux à l’épouvantable. Une simple chose sauve le film d’une appréciation unilatéralement mauvaise : il est amusant !


 

Le samedi, j’ai foui…

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 L'entreprenant monsieur Petrov

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Film musical – Le filon gigantesque Astaire-Rogers a connu bien des hauts et des bas. En ce qui concerne Petrov, il s’agissait bien d’un haut. A sa profession déjà prenante de danseur-chanteur-acteur, Astaire a dû cette fois ajouter beaucoup de travail d’humoriste, mais ce n’est pas là de quoi le différencier d’autres de ses prestations. Ce en quoi il a ici excellé, c’est qu’on a l’impression de ressentir son humilité aux moments où il n’est pas à l’écran ! Un paradoxe un peu absurde, pourtant son talent méritait plus de place et on n’a en aucun cas l’impression qu’il a dû se restreindre à une partie seulement de son potentiel. Pour finir, il n’a pas dû y avoir beaucoup de films des années 1930 donnant à ce point l’impression que de multiples caméras tournaient simultanément à chaque scène. Les jointures sont parfaites et cohérentes. Et puis perfectionniste ! La scène en patins à roulettes a pris près de 150 prises, et au moins 15 fois le duo s’est laissé tombé douloureusement sur l’herbe.


Le dimanche, j’ai rien foui…

Hebdo – semaine 28, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Le Drapeau noir flotte sur la marmite

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Jean Gabin – Quand Audiard, plume toujours en main, passe derrière la caméra, ce n’est curieusement pas une oeuvre littéraire qui en ressort, mais plutôt un conte matériel. Il n’aura pas été satisfait de ses réalisations, pourtant celle-ci apporte un éclairage marin sur un personnage de Gabin à deux facettes. Une histoire à tiroirs qui prouve que les aptitudes du dialoguiste sont presque aussi performantes en macro-écriture qu’en micro-écriture, d’autant qu’il ne néglige pas non plus la technique, allant jusqu’à tourner de longues séquences de navigation ! Au travers de l’enfant un peu rebelle qui est un des personnages, on a l’impression de vivre comme lui ses rêves et leur écroulement. Bref, de bonnes notions qui fonctionnent, même si leur liant est faible et le rythme négligé ; presque un style original !


 

Le mardi, j’ai foui…

 Marathon Man

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Dustin Hoffman – S’être assuré la présence de Hoffman, acteur méthodique s’il en est, n’a malheureusement pas permis à ce film de se voir compenser une sérieuse lacune : rien ne nous permet réellement de nous y intéresser, et c’est assez grave pour un thriller où chaque information est bonne à prendre. Le spectateur devait être tenu éveillé, gardé conscient devant ces rebondissements parfois un peu obscurs, mais en fait d’un marathon policier, c’est un marathon contre une incompréhension qui s’éternise un peu dans un scénario de trop longue haleine. Rien n’est franchement palpitant à part quelques scènes isolées, bien pensées, qui sauvent l’ensemble. Mais quelque part, la collaboration de Hoffman avec Laurence Olivier ne prend pas, comme si l’un, comme dans ses films précédents, avait dix ans d’avance, et l’autre dix ans de retard.


Le mercredi, j’ai foui…

 Inland Empire

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David Lynch – Pour son dernier film, Lynch renoue avec le style schizophrène et pas forcément doté de sens qu’il a déjà utilisé dans Mulholland Drive. Difficile d’attacher des sous-entendus supplémentaires à Inland Empire qui a autant d’interprétations possibles que de spectateurs potentiels. La griffe est unique et géniale même si on ne comprend rien. Mais à force de ne rien comprendre, on en vient quand même à se poser des questions. Les acteurs eux-mêmes n’ont jamais su de quoi le film parlait, tout comme les promoteurs qui durent se contenter d’un slogan très vague de crainte de n’avoir pas tout saisi. Partant de là, qu’est-ce qui justifie les caprices du réalisateur à chaque scène ? Pourquoi s’avouer qu’on a apprécié si c’était juste un diaporama sans logique ? Mais quand Lynch nous tient, c’est comme un chaton par la peau du cou : on est bien obligé de rester collé à nos fauteuils, à moitié en train de subir et à moitié en train d’adorer. Par contre, ses gros plans ne sont qu’un exemple des répétitions auxquelles il a fini par s’adonner, et il vaut peut-être mieux qu’il se soit ensuite retiré du cinéma, ou on aurait fini par s’énerver pour de bon d’aimer son oeuvre. Quoiqu’il s’il revenait, il serait bien capable de nous surprendre avec encore un tout autre registre…


Le jeudi, j’ai foui…

 Des Filles pour l'armée

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Film en langue italienne – Ne pas se prendre au sérieux, les Italiens ont toujours été connus pour bien savoir le faire, mais il s’agissait plutôt de faire rire le monde d’eux. Avec Des Filles pour l’Armée, c’est le douloureux passé d’une guerre inutile qui remonte, seulement vingt ans après les évènements – l’âge moyen des prostituées qui sont les principaux personnages ; rien de bien marrant donc. La facture est de qualité, la reconstitution si fidèle qu’on se sent honteux de trouver l’histoire agréable. Mais le rythme est juste parfait, si bien qu’on ne peut pas non plus dire le contraire. Un regard cru mais respectueux sur la prostitution durant la guerre ; pour ceux qui ignorent les faits historiques, un point de vue objectif sur la condition de ces femmes qu’on avait plus tendance à considérer comme du bétail que comme des êtres humains. Aucun personnage n’est figé dans un caractère prédéterminé, et même si l’évolution de leurs personnages ne surprend pas, elle est morale et cela fait parfois du bien de voir opposée la morale brut à des horreurs si terriblement bien dépeintes.


Le vendredi, j’ai foui…

 Rouges et Blancs

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Film en langue russe – Les Russes, encore un peuple qui n’a pas peur de remuer un passé pas forcément glorieux pour lui. Une collaboration avec la Hongrie qui se solde par un scénario que… Ah non, il n’y a pas de scénario, en fait : juste une succession échevelée de scènes très dures à relier entre elles qui constituent un patchwork ennuyeux de véracité historique. Par contre, quelles scènes ! Des longues, variées, même si la caméra est trop paresseuse pour les parcourir. Et à la base, une volonté de représenter la vérité des jeux cruels de la guerre, de ses contradictions propres et indépendantes de la politique (inter)nationale. Mais pour se mouiller là-dedans, il ne faut pas craindre les dialogues pauvres et les situations qui se répètent !


Le samedi et le dimanche, j’ai rien foui… 

Hebdo – semaine 25, 2017

Le lundi, j’ai rien foui…


 

Le mardi, j’ai foui…

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 Lenny

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Dustin Hoffman – Un film en hommage à un autre de ces comiques dont le public se partageait entre les admirateurs et les détracteurs, à la manière d’Andy Kaufman, sauf que Lenny Bruce n’était pas adepte des canulars mais plutôt de l’obscenité. Mais qu’est-ce que l’obscenité ? Le film en noir et blanc de Bob Fosse amène parfaitement cette réflexion, ou plutôt la ramène de l’époque de « Lenny » qui l’a initialement formulée avec une subtilité provocante, à tel point qu’il fut souvent emprisonné. Malheureusement, l’humour est très mal transmis, et le choix d’entrecouper l’histoire de fausses interviews non seulement casse le rythme, mais fait passer l’oeuvre plus pour un documentaire que pour un biopic romancé. Résultat : une heure quarante minutes d’une soupe inintéressante qui se balade entre les deux, une durée qu’on aurait pu amputer des deux tiers si cela ne signifiait pas couper le sifflet à Dustin Hoffman dans son interprétation malgré tout convaincante d’un comique philosophe.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Une Histoire vraie

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg David Lynch –  Le film marque l’esprit avant même d’avoir commencé, et par deux choses encore ! Tout d’abord le titre, qui est d’une simplicité étonnante et qui a l’immense mérite de ne pas être l’étiquette d’une oeuvre mais sa définition, telle qu’elle s’adresse avec honnêteté au spectateur. Le titre anglais est « The Straight Story » : « vraie » et « straight » ont tous deux l’avantage d’être des adjectifs à la sémantique très large, et tous leurs sens s’appliquent au film pour de vrai : l’histoire est vraie, touchante, authentique, humaine. Tout ce qu’on perd en français, c’est que « Straight » soit le nom de famille du personnage principal.

Quand à l’histoire, je suis obligé d’en témoigner à la première personne : je n’ai jamais vu d’histoire avec tant d’empathie et de compassion, à tel point que j’étais crispé par la crainte de voir apparaître un antagoniste, car la logique voulait qu’il y en ait un. Et c’est grâce à cette peur d’ailleurs que Lynch nous tient scotchés à nos sièges et nous fait les esclaves consentants de ce viol de l’esprit par tant de beauté, magnifiée par sa simplicité. Celle-ci triomphe en elle-même et pour elle-même, explose dans un hymne à l’Homme et à l’humanisme. En plus, le thème musical est vraiment beau. J’ai déjà dit « beau » mais l’oeuvre mérite bien que je m’abaisse à encore faire succéder ce mot à lui-même sans avoir plus rien à dire car nul discours ne pourrait rendre honneur à ce film. Allez, cinq étoiles !


 

Le jeudi, j’ai foui…

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 Le Commissaire Pepe

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Film en langue italienne – On aurait voulu pouvoir compter sur un déroulement moins chaotique de l’intrigue de ce film. Elle mande de rythme et on a tendance à s’en détacher une fois qu’on a compris que l’humour n’est pas la piste la mieux exploitée ici. Pourtant l’intérêt revient avec la diversité des profils, qui viennent en effet rythmer l’histoire, mais simplement trop tard et sans consistance. Il n’y a pas vraiment d’histoire, ou bien c’est l’histoire d’une histoire où il ne se passe rien. Vraiment difficile de s’y accrocher.


Le vendredi, j’ai foui…

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 La Commissaire [la ressemblance avec le film précédent est coïncidentielle]

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg (1) Film en langue russe –  Ce film aura tout gagné en misant sur une seule chose : pas ses acteurs, ni ses cadrages qui n’ont pourtant rien à envier aux réussites contemporaines, ni son histoire dont il faut toutefois chercher un équivalent assez loin si on ne considère pas les films de guerre russe comme un genre homogène, ce qui serait bien sûr un tort. Ce point fort, c’est d’avoir su jouer sur la féminité vacillante d’une femme combattante, efficace dans le système militaire communiste, robuste et fière, et frappée par la grossesse comme par une affliction dont il faut la persuader de la beauté. La façon dont elle passe à travers ce processus d’acceptation – puis dans la manière dont elle commence à aimer son enfant – met en jeu ses convictions et son honneur, il n’y a rien qui ne soit authenique chez les personnages avec qui elle vit cette épreuve. Le scénario pense à tout, sacrifiant son rythme – en admettant que les films de guerre russes en ait jamais eu de correct – à sa métamorphose en gigantesque métaphore de la maternité par la guerre. Il est appréciable que le régime soviétique ait été le berceau d’une telle perle qui parle du rôle de la femme.


 

Le samedi, j’ai rien foui…


Le dimanche, j’ai foui…

 Sixième Sens

Hebdo – semaine 11, 2017

Désolé, c’est un peu vide…

Le lundi, j’ai foui…

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 Maigret voit rouge

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Jean Gabin – L’absence d’Audiard se fait ici nettement sentir, et on croit même pouvoir deviner que le dialoguiste remplaçant l’imite, quoique pas mal du tout si c’est effectivement le cas. Les limites de la chose se ressentent dans la répétition oisive des phrases fétiches de Maigret, comme si à force de les utiliser, on avait oublié tout autre moyen de préparer une scène d’interrogatoire. Le reste de la forme toutefois est tout à l’honneur de Grangier : joué avec une excellence rare en ce qui ne concerne pas les personnages policiers récurrents, il chosifie les gens avec une perfection toute médicale et judiciaire jubilatoire.


Le mardi, j’ai foui…


Le mercredi, j’ai foui…

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 Arthur et les Minimoys

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Luc Besson – Mal souvenu d’un visionnage d’enfance, ce film peut laisser croire qu’il va nous décevoir des années plus tard. Et ça démarre dans ce sens, avec un rythme fantastiquement élevé d’où on ne peut pas puiser chaque image et chaque ligne de texte sans pertes. L’animation fait quant à elle irruption avec insolence, malvenue dans cette vitesse trop grande. Mais à partir de là, tout se met en place ; on se laisse porter par le jeu des acteurs dans un monde très beau, où comme d’habitude avec Besson, tout ne se passe pas exactement selon les étroits critères scénaristiques américains, même si l’appel à la suite très explicite ouvre un champ des possibles pour s’occuper de ça plus tard. Le meilleur exemple peut-être de ce qu’on fait de mieux avec de l’animation accompagné de scènes filmées.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Le Chemin de l'Esperance

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Film en langue italienne – Sans connaissance aiguë du contexte de tournage et sans idée de la valeur historique du film (qui est grande, soyons clair), on ne peut guère que contester les prix que l’oeuvre a reçus. Car il faudrait bien ça pour expliquer ce qui a pu séduire le jury chez ces acteurs dont le nombre est inversement proportionnel aux émotions exprimées. Les personnages sont d’une légèreté phénoménale, dont l’amertume se manifeste dans le mutisme et l’amour dans les cris de pamoison. La mort elle-même ne coûte que trente secondes de lamentations, tandis qu’un médecin miraculeux peut l’éloigner d’un coup de malette magique. Non, vraiment trop léger.


Le vendredi, j’ai foui…

 Guerre et Paix

Une partie vue seulement ! La critique viendra plus tard.


Le samedi, j’ai foui…

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Le dimanche, j’ai foui…

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Hebdo – semaine 10, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Un singe en hiver

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Jean Gabin  – La bonne forme d’Audiard est décidément un critère variable et primordial dans la qualité des films auxquels il participe. Cette fois-ci, il a caché de multiples pépites qui auront de quoi faire glousser régulièrement qui saisira la référence souvent datée (forcément). Cette oeuvre-ci est vraiment portée par ses mots, sans faire dans la demi-mesure pour constituer une apologie convaincante et poétique de l’ivresse ! La chose n’a rien de choquant dans un film de 1962, et pourtant Gabin y vante on ne peut plus clairement les effets psychotropes de l’alcool. La censure serait tellement prompte à se jeter sur un tel morceau de nos jours.


Le mardi, j’ai foui…

 Mississippi burning

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Alan Parker – Certains aspects de ce film laissent à penser que Parker perd un peu les pédales dans la veine du film policier. L’accent est mis sur le grand spectacle de la mini-guerre civile américaine portant sur la ségrégation raciale ; on ne lésine pas sur les effectifs policiers et le régisseur a bien su capturer l’ironie de la chose, avec en plus le bon point qu’il marque à vouloir mettre en scène une histoire fictive s’inspirant de – et s’inscrivant dans – une réalité historique. Mais aucun pilier de soutènement ne permet à l’âme de l’oeuvre de tenir le coup et le tout ressemble au final plus à une coquille vide de thriller, avec bien peu de choses dedans – typiquement  un épisode de série télé.


Le mercredi, j’ai foui…

 Angel-A

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Luc Besson – Il est certain qu’il aura fallu à beaucoup de gens cette collaboration Besson – Debbouze pour voir qu’en fait il peut être un si bon acteur. Ou peut-être cela ne tient-il toujours qu’à la direction ? En tout cas, un travail partagé inattendu ou l’acteur prend une place principale dans la continuité d’interprètes de toutes nationalités qui laissent imaginer l’honneur que cela a dû être pour lui. Le résultat est des plus méritants dans le secteur du romantique. Et ce qui propulse Debbouze à son panthéon personnel, c’est son ambivalence, son aptitude méconnue qu’il révèle ici à pouvoir bondir de son rôle volubile qu’on lui connaît bien à un jeu touchant qui s’accorde – oh surprise – à un scénario à l’américaine. Une nouvelle démonstration magistrale également de la beauté du noir et blanc ; à Paris en 2005, il fallait oser !


Le jeudi, j’ai foui…

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Le vendredi, j’ai foui…

 Le Retour

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Film en langue russe – Cette critique est une version 2.0 parce que le film donne à réfléchir bien après son visionnage, car il nous amène à penser à un sens plus profond des images qu’il nous donne à voir. C’est un voyage dans l’ineffable et immense Russie qui démontre encore que lorsqu’un cinéaste russe sait filmer son pays, c’est vraiment le meilleur endroit pour faire un road-movie. Il capture la nature et avec elle la poésie qui lui est inhérente, sans en rajouter par les facilités du cinéma, et mettant son oeuvre aux couleurs d’un climat capricieux qui se prête étonnamment bien au rythme de vie accéléré de ses personnages.

Quand à l’histoire en elle-même, elle sait par moments rester suffisamment dans son coin pour nous laisser nous apesentir sur la délicieuse humidité des paysages traversés. Et cela serait parfait si on nous laissait un temps proportionnel pour penser avec autant de recul aux évènements humains qui se trament. On pourrait peut-être alors saisir sur le coup combien les protagonistes ont du mérite à devoir se jeter sur la moindre miette de chaleur humaine.

Et peut-être, par un effet domino bénéfique, serions-nous ainsi capable de mesurer les promesses d’un dénouement heureux qui, selon toute logique conventionnelle, nous tend les bras. Peut-être enfin qu’une fois partis sur cette voie optimiste et résolument conciliatrice, on considérerait la mort du père à la hauteur de sa réelle soudaineté, de ses réelles implications, de son véritable pouvoir annihilateur d’espoirs. Tout le film n’est en fait qu’un décor esthétique, une mise en scène émotionnelle autant que magnifiquement graphique où la mort pourra éclore avec le plus de réalisme fulgurant. Pour avoir malgré tout accompli cette tâche, c’est un film exceptionnel.


Le samedi, j’ai foui…

 Une Etoile est née

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Film musical – Voilà, en l’espace d’un peu plus de deux heures, un exemple de ce qui se fait de mieux en matière d’adaptation. Cette troisième version devait passer de la pétillante frénésie des vieilles visions à la folie psychédélique post-hippie. Et pour opérer cette transition, quoi de mieux de ne plus parler de cinéma mais de musique ? Streisand interprète on ne peut mieux la naïveté d’une personnalité douce et sans prétention au carrefour des arts, quand Kris Kristofferson apporte son lot de folie douce, même si la nonchalance de son jeu le fait un peu oublier de figurer des sentiments hauts et clairs.


Le dimanche, j’ai foui…

 La Montée au Ciel

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Film en langue espagnole – Buñuel aura produit d’étonnants paradoxes : surréalisme épais qui pourtant fascine, style lourd qui pourtant perdure. Et sans avoir besoin de faire de tels binômes antagonistes, La Montée au Ciel concilie étrangement l’aspect documentaire qu’il a déjà plus brillamment exploré avec un reflet culturel mexicain imprégné tel qu’il était des prémices de tensions avec les USA, et avec un ambitieux projet scénaristique que les moyens seront loins de porter au pinâcle : les scènes en camion sont impressionnantes dans le cadre de leur réalisation – décors, miniatures, trucages – mais le résultat est une mosaïque allègrement mauvaise. Le monde du rêve est quant à lui toujours bien figuré, ce grâce à quoi le fond de la chose est diversifié et satisfaisant ; mais la forme, même remise à son époque, est médiocre.