Hebdo – 2017, N° 48 (Tuer n’est pas jouer, Le dernier survivant…)

Image d’en-tête : Sphere

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Lundi : Les Gaspards

(Pierre Tchernia, 1974)

« Gérard Depardieu »*

Le cinéma français a toujours eu pour habitude de figurer des personnages plus bêtes que de nature, sans contrepartie : on rit d’eux, et c’est là le cœur comique inébranlable et apparemment intrinsèque du septième art hexagonal. Dans Les Gaspards, on va pouvoir admirer deux dimensions additionnelles : une philosophe, une autre littéraire. Elles vont compenser ce comique simpliste, justement, éloignant le résultat du danger archétypal et vieillissant du vaudeville.

À l’aube de la carrière de chanteuse de Chantal Goya, et à la veille de la découverte par la France du grand acteur qu’est Gérard Depardieu, cette deuxième création de Pierre Tchernia laisse à penser qu’elle a déterminé bien des chemins. Elle détermine, en tout cas, celui de son propre succès : dans un contexte d’époque – le réaménagement de Paris qui bat son plein en 1974 -, des gens se sont réfugiés dans les sous-sols de la ville, qui sont à la fois son dernier havre paisible et un endroit menacé de ne plus l’être. Ces gens sont des gaspards – des rats, en argot – et ils sont sous la houlette d’un autre : Gaspard de Montfermeil, un noble utopiste qui, à l’instar de son ennemi le Ministre des Travaux publics, n’a pas peur de mettre la main à la pâte – ou tout du moins de descendre dans les catacombes et autres égoûts.

Actualité, utopie, histoire de Paris illustrée par une littérature souvent citée… Le film paraît long mais pas à cause de l’ennui ; plutôt parce qu’il est touffu et qu’il nous est aujourd’hui bien difficile d’en absorber l’humour direct (pas de situation !) et le propos tout à la fois.


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Mardi : Sphere

(Barry Levinson, 1998)

« Dustin Hoffman »*

Un des premiers films de SF de Hoffman à moins de compter Alerte (Wolfgang Petersen, 1995). Une tentative de blockbuster qui va se retrouver bloquée aux starting blocks : accueil plus que frileux, échec critique tout comme au box office… Un raté qu’Hoffman reconnaît et attribue à un manque de fignolage. Et clairement, la machinerie tousse.

Déjà, l’inspiration prise au film Abyss est beaucoup trop sensible : le thème général est bien sûr le même, mais le traitement aussi : le couple mal en point, la folie des profondeurs, les pépins… Il est évident que Levinson n’a essayé à aucun moment de renouveler le travail de James Cameron. En plus de cela, les personnages sont inégalement présentés, ce qui demande pas mal d’immersion volontaire de la part du spectateur. Ensuite, tous sont supposés être des scientifiques, mais en fait de science, on parle de connaissances si basiques qu’elles feraient pâlir un navet du genre. Autant pour ces génies qui exhibent leurs multiples doctorats…

Tout ça attire dangereusement l’œuvre vers le précipice, et elle reste tout au bord pendant un long moment. Il n’y a aucun mérite à ça car on s’inquiète pendant longtemps que le résultat soit mauvais. Mais le film est long, et les deux derniers tiers corrigent plutôt bien cette erreur de lancement.

Un film de SF certes peu ambitieux, handicapé par le regard froid de la MGM qui y voyait une redite d’un mauvais souvenir nommé Waterworld, mais assez régulier une fois qu’il a trouvé son tempo. Haletant par tous les côtés à la fois, il laisse peu de détails scénaristiques au hasard, ce qui charge l’efficacité de la fin comme un de ces canons à plasma que les Américains affectionnent. Quand il tire, il fait mouche, et nous donne envie d’excuser bien des choses. Et puis c’est un film humble, qui laisse beaucoup de place à l’improvisation comme à l’habitude du réalisateur, ce qui lui donne de la fraîcheur.


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Mercredi : Tuer n’est pas jouer

(John Glen, 1987)

« Autour de James Bond »*

L’arrivée de Timothy Dalton dans le rôle de James Bond s’est faite avec un grand boum. Non : en fait, plein. La règle du jeu, c’était « tout ce qui est en feu explose ». Une décennie et demi après s’être vu offrir le rôle, Dalton peut enfin prendre la place de ses trois illustres prédécesseurs pour le temps de deux films, entre la vieillesse de Moore et la disponibilité de Brosnan.

Comme à chaque nouveau film de la franchise, une rupture s’opère. Le résultat est des plus énergiques, quoi que cela n’ait pas percé dans le style des combats. Moins british dans l’âme quoique l’acteur le soit toujours, The Living Daylights est probablement le premier Bond à ne pas rappeler la série telle qu’elle était à ses débuts, sauf dans l’affiche. L’action est à tous les coins de rue, ce qui détourne le regard du spectateur du scénario un peu « tête dans le guidon » mais réduit aussi objectivement la niaiserie ambiante. Avant tout ça, 007 était un Don Juan blagueur avec un pistolet et des responsabilités d’ordre international. Merci à Timothy d’avoir introduit son interprétation plus froide et crédible.

Bon, par contre la langue afghane n’existe pas. Des petits accès de flemmardise comme celui-ci (faire jouer d’un violoncelle troué en concert en est une autre, oublier des scènes cruciales pour la cohérence encore une autre), il y en a plein, c’est un peu le propre de John Glen et ça donne à ses créations une texture un peu cheap. Mais l’appréciation globale est bonne.



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Jeudi : Les Égarés

(Francesco Maselli, 1955)

« Langue italienne »*

Un film de guerre italien de 1955. Une œuvre exutoire des traumatismes de la guerre parmi tant d’autres, que rien ne démarque du flot constant de ses semblables pendant cette décennie. Elle est d’ailleurs passée inaperçue, pourtant il faut bien être objectif : elle répondait à un besoin d’époque d’exorciser les horreurs encore trop proches dans les mémoires. L’intérêt de ces films s’est perdu dans le temps.

C’est un premier film pour Francesco Maselli qui va droit à l’essentiel, si bien que les aspects artistiques autres que l’exagérément théâtral sont peu montrés : amour, peines physiques ou morales de la guerre, ce sont autant de facettes négligées qui n’ont pas non plus le temps de leur côté puisque le tout dure soixante-quinze petites minutes. Seule la présence d’un Mocky encore inconnu est notable.



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Samedi : Jeanne et le garçon formidable 

(Olivier Ducastel, Jacques Martineau, 1998)

« Film musical »*

Une comédie musicale héritée de la tradition de Jacques Demy, dont le fils Mathieu tient d’ailleurs ici un des rôles principaux. Elle bénéficie d’une réalisation qui donne un poli brillant aux démonstrations corporelles – pour parler de la danse comme du reste du langage corporel, fût-il suggestif – et qui quoiqu’un peu fade sait tirer sa révérence quand la pétulance de Virginie Ledoyen arrive pour prendre toute la place. Un regard très français mais qui sait regarder dans toutes les directions avec une grande ouverture d’esprit.

Petits bémols : encore que les scènes semblent rentrer au millimètre dans une boîte d’une heure et demi, leurs élément constitutifs en paraissent avoir été disposés sans trop de soin. Mais rarement. Un ou deux personnages vont par exemple sembler injustement figuratifs, celui de Podalydès y compris. On croirait qu’on ne leur permet pas même d’être à la hauteur de magnifier le duo.

De plus, on croirait que la gestion de la musique manque de choix, car il est difficile de dire quel public elle est censée toucher : les fans de Demy père, les romantiques, ceux qui aiment juste les comédies musicales…

Mais pour finir sur une bonne note que le film au final mérite, il couvre un côté rarement aussi bien représenté au cinéma qui est l’amour sororel. C’est aussi une œuvre qui prend très bien le contrepied du comique de situation en en posant les bases sans jamais le dénouer avec la niaiserie habituelle du Vaudeville, préférant jouer des intrigues assez engagées sur l’homosexualité. Un petit film toujours ou mignon ou propre, mais pas toujours les deux en même temps.


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Dimanche : Le dernier survivant

(Geoff Murphy, 1986)

« Hors-thématique »*

Légers spoilers – S’il vous plaît, ignorez le déséspérant titre français. The quiet Earth, donc, est une transposition en images d’un fantasme. Car qui ne rêve pas d’être la seule personne sur Terre pour y faire ce qu’il veut ? Mise en scène avec la délicatesse sans artifice de la SF dans les années 1980 – que visiblement la Nouvelle-Zélande partageait avec les USA -, cette histoire a vraiment trouvé son chemin vers l’accomplissement. Boudé par le festival d’Avoriaz et la majorité du public, le film est une première du genre pour le pays qui ne s’est pas gêné pour lui mettre dans les bras le plus de récompenses possibles. Il s’agit donc d’un succès dans sa terre natale dont le sort a voulu qu’il devienne très néo-zélando-centré.

Un tournage minutieux, ne laissant pas trace de la vie réelle qui continue autour des caméras – quoique quelques voitures au loin aient dupé le réalisateur parfois -, conduit à un résultat psychologique à souhait qui voit juste en matière de vérité humaine. Sans ambition ni humilité, le film assume ce qu’il est et en cela, il est dosé à la perfection. En conséquence, il ne déçoit pas, même dans les passages audacieux où il ne se contente plus de représenter le comportement erratique et instinctif des protagonistes. Bien vu !



Les barèmes montrent le ressenti et l’appréciation critique. Entre guillemets est indiquée la thématique. Cliquez une astérisque pour plus de détails.

Hebdo – 2017, N°47 (Shutter Island, Dangereusement vôtre…)

Image d’en-tête : Shutter Island

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Lundi : Shutter Island

(Martin Scorsese, 2010)

« Hors-thématique »*

J’écris à la première personne, parce que Shutter Island est le premier film qui m’a sorti, il y a quelques années, de ma conviction infantile comme quoi les films psychologiques étaient ennuyeux. C’est d’ailleurs un des films les plus psychologiques qu’il m’ait été donné de voir, puisque la psychologie s’agit du thème comme du traitement. Un traitement sombre qui va user d’une méthode très simple : faire passer le spectateur pour le psychotique. Et Scorsese est très fort dans la gestion de la marge de réflexion qu’il nous donne, un confort juste assez large pour qu’on puisse vibrer de ce qui nous fait peur dans nos propres têtes. Une formule de film d’horreur, en fait. C’est une intrigue qui monte en flèche vers un paroxysme fort bien détaillé et dont la redescente ne laisse sur aucune faim. Une renaissance bienfaitrice du talent de DiCaprio dans une intrigue qui ne soit pas cousu dans la trame des films d’action, même si là non plus, Shutter Island n’est pas en reste pour ce qui est de nous donner du spectacle.

L’œuvre a tout pour elle : un casting diversifié qui ne laisse pas de place aux seconds rôles, car les Ben Kingsley et autres Max von Sydow sont tous au premier plan… psychologique ; une direction presque sans faille (les faux raccords sont si énormes qu’ils tiennent de l’inattention, pas de l’amateurisme, à moins qu’ils n’aient été volontaires), une tension constante et un scénario qui avance sur la corde raide, comme menacé de se mettre à tourner en rond. Il ne faut pas s’endormir car le film entier est comme un énorme rebondissement dont le dénouement est absolument impossible à deviner.


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Mardi : Des Hommes d’influence

(Barry Levinson, 1997)

« Dustin Hoffman »*

Dans sa série « critique médiatique », Hoffman a fini sa course dans cette production encore plus acerbe et qui va encore plus loin : les médias contrôlent l’actualité parce qu’ils nous montrent ce qu’ils veulent bien nous faire voir, mais qui les contrôle ? Les politiques. Il y a du bon et du moins bon : c’est exprimé avec courage, ça lance des os controversés au chien qu’est l’audience, dont on part du principe qu’elle est lucide. D’un autre côté, la dénonciation est extrêmement unilatérale, très peu nuancée. Il n’y a pas d’antagonisme naturel ou de barrage spontané comme la CIA (qui fait une brève intervention), et il n’y a pas de contemplation des conséquences. En gros, à en croire l’histoire, l’amoralité est vitale et inarrêtable. Des défauts qui trouvent leur origine dans le fait que le film a été tiré en vingt-huit jours de quinze petits millions de dollars. La métaphore est jolie, mais être intelligent ne suffit pas à exorciser la simplicité du propos.


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Mercredi : Dangereusement vôtre

(John Glen, 1985)

« Autour de James Bond »*

Quelle résistance de la part de la franchise face au temps !  À ne connaître que ce film et les précédents, la rupture entre le genre originel et celui de maintenant s’annonce de plus en plus fine. C’est à croire qu’ils le font exprès. On est en 1985 et l’affiche est encore dessinée à la mode des années 1940 (on y aura droit jusqu’au dernier des cinq films de 007 par John Glen, Permis de tuer, en 1989). Certes, une affiche n’est pas qualitative, mais on est encore loin de l’explosion commerciale de 1997 et le scénario figé dans ses classiques insiste à être le reflet de son actualité, puisqu’il nous radote la détente américano-soviétique. Le sujet de la Guerre froide est heureusement sur le point de s’épuiser. Difficile de considérer l’oeuvre dans l’absolu quand elle étire la matière élastique d’un démodé résilient que Roger Moore, essoufflé, ne peut pas déchirer. De son propre aveu et de celui de son prédécesseur Sean Connery, à 57 ans, il était trop vieux (pour résultat, ce film est celui que l’acteur aime le moins dans lequel il ait joué). Mais l’équipe est brassée, ce qui témoigne de premiers grands mouvements : tout comme Moore, Lois Maxwell va quitter la série, n’amenant même pas à soixante minutes ses apparitions cumulées dans la série. Mais en attendant, on reste sur sa faim.


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Jeudi : Juste un baiser

(Gabriele Muccino, 2001)

« Langue italienne »*

Une romance à l’italienne, à savoir un film où on la discute énormément et où on la vit peu. Beaucoup de mots autour de peu d’évènements groupés de manière un peu trop pratique pour un drame réaliste : trois couples, trois catastrophes, un décès, des ruptures en pagaille, des réconciliations à la pelle et pas la moindre once de jugeotte. Deux heures de ces piaillages incessants, c’est trop quand il y a si peu de place pour la sérénité ou tout du moins le moment présent. Pour représenter les crises amoureuses, on dispose d’acteurs certes énergiques et tout à fait convaincants, à qui on n’a demandé à aucun moment de vivre une vie non sentimentale, plus publique, ni de montrer l’intelligence de leurs personnages, qui semblent voués à se laisser embarquer toujours dans les vagues handicapantes de leurs sentiments. Une oeuvre sans réelle création ni véritable enseignement, trop rapide pour être distrayante.


Vendredi : Le Bal

Voyez la critique détaillée ici.



Les barèmes montrent le ressenti et l’appréciation critique. Entre guillemets est indiquée la thématique. Cliquez une astérisque pour plus de détails.

Hebdo – 2017, N° 38 (Jappeloup, Charlie’s Country…)

 

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Lundi : Jappeloup

(Christian Duguay, 2013)

Ceci est une adaptation libre du roman narrant la vie de Pierre Durand, équitateur dont le film est du coup le biopic. C’est assez indirect mais pas plus mal car cela nous délie de trop de fidélité à l’histoire. Plus besoin de relativiser, on peut oublier pendant un moment que l’histoire est toute tracée, promise à aucun rebondissement qui n’ait été biaisé voire causé par les faits réels.

Il nous reste le suspense et un fort réalisme malgré l’aspect biopic, avec Guillaume Canet qui monte lui-même les chevaux-acteurs, fort d’une pratique ancienne rénovée par six semaines d’entraînement intensif avant le tournage. L’oeuvre est donc conçue par des passionnés – le réalisateur Christian Duguay en est aussi – mais avec une délicatesse qui permet à tout le monde, pendant deux heures, de s’intéresser aux chevaux. Le flux temporel est un peu bousculé et donne clairement l’impression de lister des moments-clés, mais c’est un impondérable du genre. La musique est très bonne et présente, de sorte que tout est réuni pour nous distraire, même si on n’aime pas l’équitation.


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Mardi : Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran

(François Dupeyron, 2003)

Avec ce film, Omar Sharif revient de sa semi-retraite d’acteur induite, apparemment, par un certain blasement de sa carrière. Le script l’a convaincu de revenir à l’écran, et le résultat nous montre clairement pourquoi : l’acteur égyptien y incarne un vieil épicier qui va devenir mentor, puis père adoptif d’un gamin des rues. C’est un peu sordide dit comme ça, et on se figure qu’on est en Algérie contemporaine. Pourtant, c’est le Paris des années 1960, reconstitué à travers le crible d’un quartier arabe qui sent bon le présentisme en dépit de la misère, nous montrant tantôt la sérénité et la simplicité de cette vie, tantôt la façon dont le monde vient bousculer cette communauté en autarcie quasi-parfaite – pourquoi cela donnerait-il l’impression de se passer en Afrique du Nord sinon ?

C’est un film « tranche de vie » qui pourtant ne se coince pas bêtement dans sa conception coutumière brutale de la vie : « voyez ce qu’elle est ». Non. Les choses sont ce qu’elles sont, d’accord, mais ce n’est pas une raison pour y réagir dans le même ton. Tout peut s’aborder avec un sourire. Le vieux est un homme heureux, un père parfait et un épicier philosophe, fier de pouvoir transmettre le réconfort que lui procure sa religion. Le jeune acteur qui lui donne la réplique, quoique obligé par la loi française, en tant que mineur, de travailler des demi-journées pendant les vacances, n’est pas en reste pour montrer qu’il peut autant être un adulte que n’importe qui.

Tout est simple : l’amour, la mort, le voyage, le vol… Indéniablement, le film est un drame, mais on n’en ressort pas attristé et vidé de sa foi en l’humain comme de la plupart des drames français. C’est même tout le contraire. Et si on trouve cela naïf de faire une création positive en parlant de toutes ces choses difficiles à vivre, on ne peut guère l’utiliser comme argument sans se faire dire que c’est juste la façon dont l’Islam voit les choses, et encore ! le film ne nous montre que la manière dont ses pratiquants abordent ces sujets précis, ces grands thèmes. Cela a la particularité d’ériger l’oeuvre en monument de verre qu’on a peur de briser, nous simple spectateur qui s’incruste à l’improviste dans le quotidien des protagonistes, alors qu’elle ne fait que nous inviter à partager la pureté, ou encore une fois la simplicité de ces moments qu’elle évoque. Parce que, on a tendance à l’oublier, elle est toujours le meilleur moyen de conserver la beauté des choses, vraiment fragile elle.


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Mercredi : Wrong

(Quentin Dupieux, 2012)

Wrong, c’est un Français – Quentin Dupieux – qui exporte sa philosophie de vie aux USA : « il n’y a rien de plus beau dans l’art que de ne pas réfléchir ». Qu’on soit d’accord ou non avec cette phrase, elle résume tout à fait le film. Et c’est le passe-partout miraculeux qui l’excuse de tout. Oui, juste cette petite phrase. De quoi mettre dans l’embarras le critique dont c’est justement le boulot de réfléchir à l’art. Pour exprimer un avis objectif sur cette oeuvre, mieux vaut en fait y être insensible, parce que cela permet de dire que le film ne fait que cultiver le n’importe quoi, ce qui, à la base, est vrai. Alors mettons l’aspect artistique de côté : le mystère et l’incompréhensible restent des facettes digne d’intérêt de toute façon. Mais voilà : il se trouve que l’entièreté du film est tirée de cette forme d’art irréfléchi. Dupieux, qui est aussi musicien, fait lui-même la bande originale (en collaboration) et prend même le risque de filmer avec une caméra prototype. Alors, pour conclure, voici une remarque tout à fait subjective : l’histoire est fascinante, le gars derrière la caméra connaît son affaire, mais le mode « brut de décoffrage » a tendance à laisser un peu la beauté absolue dans la poussière.


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Jeudi : Trop loin pour toi 

(Nanette Burstein, 2010)

C’est une comédie romantique qui en 2008 était dans les cartons des meilleurs scénarios pas encore réalisés. Alors ils l’en ont sorti. En fait de romantisme, c’est moitié ça et moitié du sexe. Ils se sont autorisés une flexibilité qui, au gré des cent minutes de l’histoire, aura fait rire à peu près tout le monde, mais ça reste vulgaire dans tous les sens du terme. On se sort de cette mouise aux deux tiers de l’oeuvre : c’est le tournant. Et c’est seulement pour replonger dans une vie de couple qui est cette fois bousculée par la famille – ou comment ne pas faire preuve d’originalité. Et avant la toute fin, il faut encore traverser un no man’s land de l’émotion où le couple se laisse martyriser par les aléas. Pour une guimauve à la gloire de l’amour, les héros manquent cruellement de combativité. Dommage car l’ambiance est assez fraîche et lumineuse ; le seul aspect du film qui soit dans le ton, en fait.


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Vendredi : Charlie’s country

(Rolf de Heer, 2014)

Il ne viendrait à l’idée de personne de qualifier ce film avant tout de documentaire. Pourtant la façon dont il a été réalisé et l’enseignement qu’on peut en tirer en sont symptomatiques. Ce ne sont pas les seuls indices à nous mettre sur la piste : il y a le thème aussi, celui des Aborigènes que la prohibition anglo-australienne oppresse. L’application des lois occidentales est incompréhensible pour eux, et pour cela on dit d’eux qu’ils sont idiots. C’est toujours la même histoire d’une modernité post-coloniale, où contre toutes attentes l’oeuvre a l’audace de placer le personnage principal (un Aborigène, pareil que l’acteur, d’ailleurs) comme le fautif et pas comme la victime (ou tout du moins pas totalement). Désabusé, il refuse d’abord la science médicale des Blancs, puis s’isole dans la légalité ambiguë de la ville de Darwin où il était hospitalisé. Il finit par enfreindre la loi une bonne fois et il est condamné à plusieurs mois de prison. C’est la facette purement créative du film, qui se défait de ses messages sous-jacents pour nous laisser juger par nous-mêmes : certes les anglo-australiens sont à l’origine des envahisseurs, mais jusqu’à quel point est-il légitime pour les locaux de refuser leur législation ? C’est parfait… jusqu’à ce que le personnage de David Gulpilil se résolve à prendre une décision qui sonne comme morale à nos sens occidentaux ; c’est là trop s’éloigner du documentaire.


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Samedi : New York Melody 

(John Carney, 2014)

Une comédie musicale à tous les sens propres des termes, sans les embarras que peuvent apporter le souci d’un quotidien diabolisé. En contrepartie, bien sûr que tout ce qui est inhérent au monde du disque est idéalisé, mais on ne pourrait en blâmer le film que s’il ne parvenait pas à maintenir l’impression d’un rêve sans fin. Or il y parvient. Il ne faut pas s’attendre au réalisme comique de Les Commitments de David Lynch ou à l’émotion d’August Rush de Kirsten Sheridan dans le même style, mais l’histoire fait preuve de consistance dans la satisfaction qu’elle procure, d’autant qu’elle s’adresse à un éventail on ne peut plus large de cinéphiles et mélomanes, avec le chanteur de Maroon V Adam Levine qui y tient un rôle d’avant-plan sans bavures.


 

Hebdo – semaine 26, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Demi-Soeur

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star¾.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) Les films de Balasko sont toujours dotés d’une sensibilité particulière qui les rend uniques et attirants ; c’est sans surprise qu’elle fait d’une simple d’esprit – son personnage – un objet d’attachement qui n’ira jamais jusqu’à nous ennuyer de ses vagissements pourtant encombrants. Pour cette griffe qu’elle met dans l’histoire, one ne peut pas non plus se plaindre que le scénario est trop commun. Non, c’est plutôt au personnage de Michel Blanc qu’il faut chercher des poux, car il plonge d’un extrême à l’autre avec beaucoup trop de légèreté, en véritables vases communiquants émotionnels, de sorte que la catharsis retombe comme un soufflé. On en restera donc sur un mignon film français contemporain, bonifié par la présence de Balasko.


 

Le mardi, j’ai foui…

 Hand Cash

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Si vous vous demandez l’effet que ça fait de verser de l’argent dans un projet cinématographique qui représente la violence dans le but, euh… de représenter la violence, alors regardez ça. Voyez les acteurs subir le sort de cette oeuvre dont ils n’avaient pas dû réaliser à la lecture du script combien le scénario est profond. Autant que l’Everest. Combien il était subtil. Autant que du Rembrandt copié par une vache. Bref, la violence n’y est pas réellement insoutenable et, d’accord, ce n’est pas le centre de l’histoire : on y parle en fait surtout de sous, un autre thème philosophiquement élévateur. Et beaucoup ont été mis en régie pour faire mumuse avec des voitures. Anecdote amusante : lors du tournage, le peu de talent de Val Kilmer fut porté disparu. On le retrouva deux mois plus tard sur une plage des Caraïbes.


Le mercredi, j’ai rien foui…


 

Le jeudi, j’ai foui…

 Âmes en stock

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Un autre exemple du syndrôme de la trop bonne idée : les vingt premières minutes nous en détaillent la teneur et on a franchement envie d’en savoir plus. Dans l’histoire, l’âme est quelque chose que la science maîtrise comme n’importe quel (autre) organe, sans toutefois le comprendre. Cela réduit l’incrédulité en surplus du spectateur à un minimum, c’est donc une bonne chose ; l’âme entre dans la « peau » de son « personnage » avec naturel. Et puis la présence du syndrôme se révèle : derrière l’idée, aucune dimension poétique ou rêveuse telle qu’un sujet comme l’âme le méritait. Rien à quoi accrocher notre curiosité. Juste un scénario beaucoup trop matérialiste pour son thème, où interviennent impertinemment un réseau de traficants même pas bien esquissé, et des relations platoniques là où devrait frapper l’émotion (par exemple au sein du couple). A force de rire de l’aspect en pois chiche de l’âme – quelle idée déjà d’en faire ce répugnant solide ? -, on a l’impression que ce sont effectivement des pois chiches. A éviter à moins de n’être (vraiment pas) exigeant.


Le vendredi, j’ai foui…

 The Double

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Une oeuvre qui va au fond de son ambiance, comme si le réalisateur avait eu une super bonne idée et en prime la sagesse de la développer au maximum sans empiéter sur l’autre grande part importante du film, l’histoire. Malheureusement, la vie propre de cette atmopshère néo-noire – qui n’est pas sans rappeller les débuts de Lynch – n’est pas tout à fait linéaire. C’est heureusement une impression qui se dissout en même temps que la vivacité du souvenir du visionnage. Mais en effet, difficile d’être toujours autant absorbé dans ces machineries aux tons jaunâtres, dans cette société glauque et illogique, qui ont pourtant le mérite d’attirer l’oeil sans vantardise. Mais l’ambiance et l’histoire, ce yin et yang fondamental dont le contraste est particulièrement appuyé dans ce film, font largement l’affaire pour qu’on s’intéresse à la maîtrise par les acteurs de ces jeux sur l’injustice social, élevée au niveau d’un cauchemar. Et là où le réalisateur confirme un caractère patient, c’est dans sa manière de démouler doucement une fin qui ne fout pas tout en l’air.


 

Le samedi, j’ai foui…

 Wayne's World

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Film musical – Qu’il est difficile d’entrer dans ce film ! Les deux protagonistes arrivent à toute vitesse car on doit sentir d’entrée de jeu à quel point leur présence va être importante, et ils nous donnent immédiatement l’impression d’être à la racine de Dumb and Dumber, de deux ans postérieur. A la différence que ce dernier cultive le premier degré crado et se prend au sérieux tel quel. Wayne’s World est sa propre parodie, une dimension normalement théorique qu’on est forcé de prendre au sérieux à cause des multiples apartés des personnages à la caméra. La couche sous-jacente au littéral, là où se trouvent les références culturelles, aurait mérité d’être un peu plus épaisse, mais il ne faut pas perdre de vue que le film est drôle dans un sens éminemment tous publics. Bon, l’humour est vraiment de bas-étages, mais l’enrichissement est grand, surtout en VO, même si on ne comprend pas tout. Après tout, ça vaut quand même peut-être mieux parfois.


Le dimanche, j’ai foui…

 Nazarin

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Film en langue espagnole – Toujours à l’aise dans la misère d’où il sait tirer des interprétations aussi bien que des témoignages, Buñuel s’attaque cette fois au prêtre idéal. Beaucoup trop, d’ailleurs : sans défaut, le padre réconforte tout le monde, et de tout le monde supporte sans broncher les insultes et les coups. Mais de l’essence de ce religieux idéal, il fait jaillir une métaphore énorme qui n’aurait pas existé sans ces excès : le paradoxe du saint, adoré par les uns et abhorré par les autres. Tout gravite autour de lui tel un maelström compliqué, alors qu’il n’y a pas d’homme plus simple que lui ! Et, contradiction ultime, cet homme d’un altruisme et d’une lucidité hors du commun baigne dans un monde séculariste où il ne manque pas lui-même d’être le vecteur de la parole chrétienne, quoique dans un sens originel extrêmement sain. Et il lutte pourtant contre les superstitions ! Des oppositions magnifiques mises en oeuvre sans en avoir l’air.

Hebdo – semaine 18, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Raja

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Comment déverser de l’eau de rose dans la misère marocaine avec un objectif purement poétique. Tout va très bien dans ce sens, aucun problème là-dedans. Et le film joue plutôt bien sur les difficultés qu’il y a à communiquer entre le Français et les Marocains, même si les monologues incessants du premier le font un peu passer pour un extraverti malsain qui ne se formalise pas de se faire couper la parole à tous bouts de champ (car c’est tourné ainsi). On ne peut juger de la personnalité des gens car car l’histoire porte sur l’ambiguïté des sentiments malmenés par un intérêt omniprésent, mais il faut malheureusement trop de temps pour s’habituer au jeu contrasté des acteurs : le Français est bizarre, médiocre, et les Marocains très bons. Pas clair et trop difficile à apprécier.


Le mardi, j’ai foui…

spoil1

 Je m'appelle Elisabeth

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Pour ce film, le réalisateur a su restituer une beauté toute littéraire qu’on ne croirait pouvoir naître, justement, que dans un livre. Elle est en chaque chose, en chaque détail soigné. Et puis l’histoire ne s’abandonne presque pas au drame pur et simple, sacrifiant les endroits où cela aurait été justifié à une dimension plus rêveuse et enfantine. Un casting court mais solide nous guide sur un rythme étudié, plutôt lent mais d’une manière absolument le contraire d’ennuyeuse.


Le mercredi, j’ai foui…

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 L'Avocat

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Un drame équilibré très linéaire, à éviter les jours de déprime. Magimel s’y place comme figure de proue parfaite d’un barreau fictif et réaliste, un peu froid et distant rapport aux situations invivables qui vont se succéder pour lui mais parfait dans son rôle d’avocat. Il est démontré dans cette oeuvre qu’il n’y a pas plus de justice dans les tribunaux qu’avec la complicité étrange, ambiguë et malsaine qui s’installe entre les membres d’un milieu mafieux, et à quel point l’action véritable en justice tient à l’amoralité apparente. Mais il n’y a pas lieu de parler de happy end ou de ugly end, aussi regrettera-t-on que les premières images anticipent la fin sans raison.


Le jeudi, j’ai foui…

pasdefilm


Le vendredi, j’ai foui…

 Sans Identité

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Premiers deux tiers du film : Liam Neeson devait vraiment se sentir bien dans son rôle d’accidenté confus qui vient de perdre sa vie au sens figuré. En plus, les rebondissements conservent bien l’esprit d’ensemble. Dernier tiers du film : ah, finalement la seule scène d’action jusqu’ici en laissait présager d’autres. Drôle de dosage : trop peu pour assouvir ceux qui sont venus pour ça et déjà trop pour ceux qui se satisfaisaient au contraire de l’aspect psychologique. Et puis, l’ultime rebondissement finit par faire craquer le vernis : ce n’est rien d’autre qu’un thriller très américain avec une intrigue très premier degré, l’astuce consistant à faire en sorte que le spectateur ne s’en rende pas tout de suite compte. En plus, ils auraient pu éviter de consolider la suspension consentie de l’incrédulité à grands coups de sirènes de police, parce qu’on voit bien qu’ils n’en ont rien à faire que la moitié de la ville soit détruite.


Le samedi, j’ai foui…



Le dimanche, j’ai foui…

 Biutiful

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De longues scènes qui prennent leur temps. Quoi d’autre pourrait de toute manière offrir un drame de deux heures et demi ? Autant se préparer à une exploration approfondie du malheur et de la misère dans un cadre universalisé, ce qui suspend notre incrédulité de spectateur comme si le réalisateur avait réussi à faire fonctionner l’aberrante recette 100% de fiction plus 100% de drame réaliste. Les longues séquences n’effraient pas le régisseur, pas plus qu’elles ne l’empêchent de glisser plein d’informations par le biais d’une délicate suggestion ou de gestes fugaces. Une oeuvre térébrante qu’il vaut tout de même mieux aborder l’esprit léger.

Hebdo – semaine 51, 2016

 Suite à réapprovisionnement en médiathèque, une semaine hors-thématique plus un film de Noël. Eh bien oui, avec une semaine de décalage ça fait bizarre, désolé.

Le lundi, j’ai foui…

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 Iznogoud

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Un rafraîchissement très français qui concilie avec énergie la BD aux comédies de chez nous. Excellemment réalisé, on sent que l’accent a été mis sur l’arrière-plan et les costumes, et les effets spéciaux savent rester discrets et à-propos. Mais le rythme est de loin trop rapide, les rebondissements hasardeux et le jeux de mots faciles, sans compter que le jeu de Michaël Youn se restreint un peu trop à ses cris et grimaces. Pleine de potentiel, une oeuvre mal équilibrée qui aurait gagné à être faite du temps où Louis de Funès était prévu dans le rôle-titre (il fut annulé par la mort de l’interprète, et une malheureuse coïncidence voudra que Jacques Villeret décède peu avant la sortie de la création finale).


Le mardi, j’ai foui…

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 Gabriel

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On peut raisonnablement craindre de ce film qu’il tombe dans les tares des toutes petites productions (du genre de celles qu’on a faites avec 120 000 $, si vous voyez ce que je veux dire). Mais loin de là, Gabriel laisse une plus petite place à l’action qu’attendu, les maquillages sont plus que corrects, l’interprétation décente et le scénario aussi. Tous les pièges classiques sont évités par des sortes de « périphrases filmiques », des pirouettes astucieuses qui, l’air de rien, construisent l’ambiance du Purgatoire avec pas beaucoup plus qu’un simple traitement photographique de l’image (qui n’apparaît par ailleurs pas du tout tape-à-l’oeil malgré le contexte). L’aspect cheap ne se ressent au final que dans le vague parfum des films indépendants, ce qui est une impression beaucoup plus positive que « petite production ». Un grand bravo à la régie.


Le mercredi, j’ai foui…

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 René

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Très difficile de rentrer dans ce film qui relate une tranche de vie, sans début ni fin ni même histoire. Tout est médiocre d’apparence, et pourtant…on a la surprise de ne jamais s’ennuyer, et les acteurs sont particulièrement bons…pour être, simplement. Mais absolument pas distrayant et au global de peu d’intérêt.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Dupont Lajoie

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Une oeuvre traditionnelle des comédies françaises, où le drame se joue en parallèle d’une histoire qui peut faire rire sans gêne en ne manquant pourtant pas de placer sa critique de la société. Un casting d’exception (avec Marielle quasi-figuratif mais génial) dose à la perfection des passages d’une gravité rare, autour d’une intrigue très bien construite sur des questionnements racistes datés. Grinçant, à ne pas risquer si on préfère les films qui choisissent leur style.


Le vendredi, j’ai foui…

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 Room

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Ce film nous plonge de bout en bout dans un univers où les sentiments sont authentiques et dont il serait inconcevable de mettre la crédibilité en cause. Le spectateur est rendu témoin sans répit d’une histoire où tout tourne mal et d’où pourtant jaillit la beauté de l’instant. Le scénario pense à tout, fait du détail son credo tout en écartant gentiment la séduisante possibilité du plus minuscule écart grand public à son intrigue ; il va même (et on doit ça à l’auteur du livre tant qu’au scénariste) jusqu’à parler de l’après, là où une autre oeuvre aurait déjà placé un happy end (la fin de Room n’en est pas tout à fait un et hérite de ce tour de passe-passe une subtilité dantesque). Horrible et magnifique, l’oeuvre lancine à la lisière de la société en offrant des visions tellement matérialistes de l’espoir n’importe où et n’importe quand. Un portrait d’une vraie justice qui permet de se réjouir et de pleurer avec des personnages déchirants superbement interprétés par des acteurs qui prennent tout au sérieux.


Le samedi, j’ai foui…

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 Y'aura t'il de la neige à Noël ?

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Le décor est planté avec célérité, si bien qu’il faut plutôt être vif d’esprit pour ne pas perdre le fil au début. Un couple et leurs sept enfants travaillent à la ferme, mais leur père autoritaire chasse l’harmonie familiale. Très bien. L’histoire avance, rebondit de façon fort intéressante sur des thèmes sans trop d’originalité comme l’école et l’enfance, et les petits acteurs ne sont pas en reste pour abattre leur part de labeur. L’histoire avance donc et se dirige sur…ah bah, rien, en fait. D’une façon assez déplorable, l’intrigue riche et plaisante qui s’était construite et qui pouvait déboucher sur à peu près n’importe quoi (les possibilités étaient vraiment rendues larges) n’est pas exploitée car la réalisatrice a fait le choix de ne pas faire de conclusion. Respectable puisque le tout est réussi, mais plutôt étrange.


Le dimanche, j’ai foui…

théma (8)

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 Mariage compliqué

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Une perle du cinéma américain, un chef-d’oeuvre tant du point de vue des dialogues que du jeu d’acteurs ou du scénario. C’est une comédie qui condense ses passages humoristiques dans des scènes très courtes et discrètes, attention donc à ne pas s’attendre à un désopilant vaudeville. Le propos y est plus intellectuel, et la matière qui n’est pas utilisée pour entretenir une intrigue sentimentale et datée est employée à la construction d’un comique de situation à peine encombrant, où les personnages vivent des moments profonds de mal-être transmis sans malaise au spectateur bienheureusement captif. Les rebondissements sont un peu extrêmes mais c’est le seul débordement d’un résultat complet et touchant.

Hebdo – semaine 24, 2016

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Le lundi, j’ai foui…

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 Chut, chut, chère Charlotte

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Un des derniers films de sa génération, qui se verra bientôt remplacée par le nouveau cinéma américain. C’est même étonnant qu’en 1964, il ne soit touché par aucun aspect moderne, que ce soit par la couleur, la musique ou le jeu d’acteurs. Le thème est par contre étonnant et efficace, même s’il implique que les acteurs surjouent un peu et hurlent pas mal. Le rythme en souffre et les dédales scénaristiques conduisent à des répétitions ennuyeuses. Heureusement que l’oeuvre a pour gros point fort de faire bouger les vieux standards : la tentative de faire un film d’horreur est timide mais le ton est désopilant de gros mots et de formulations franches. Finalement, il a bien dû déménager à l’époque…


Le mardi, j’ai foui…

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 Envoyez les violons

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Indéniablement touchant et drôle, ce film a bizarrement le désavantage de son titre qui suggère des péripéties plutôt tristes et sous-entendent que l’oeuvre sera piètre (« envoyez les violons », c’est clairement péjoratif et on n’y voit en effet pas d’autre cible que le film en lui-même qui s’autoflagellerait alors dans une modestie excessive). Mais la prestation est plus que valable, autant du côté des acteurs qui savent nous toucher sans pourtant faire grand chose ni sombrer dans des gestuelles ridicules, que du côté scénario qui ne piétine pas comme les comédies ne trouvant pas d’issue à leurs propres dédales humoristiques stériles. Sans période de flottement, un rythme assuré qui promet un bon moment de distraction.


Le mercredi, j’ai foui…

revu

 Au-delà de nos Rêves

Le jeudi, j’ai foui…

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 Évolution

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C’est une hésitation beaucoup trop forte entre une comédie volontairement bas-de-gamme, débile et dégueulasse à souhait, et un bon film scientifique qui caractérise et fait dépérir cette oeuvre.

Le « gentil gore » est bien présent avec ses multiples matières organiques gluantes et colorées qui giclent de partout, mais son dosage ne convainc pas (le dosage du gore, pas des fluides précités).

Et il devient en effet extrêmement frustrant que les personnages éminemment scientifiques dans un premier temps sombrent ensuite dans cette infecte bouillie scénaristique. Mais on sait bien que la Science dans ce film a été inventée de toute pièce (le tableau périodique des éléments lui-même a été modifié).

Ça commence bien, ça finit mal, alors qu’il y avait des moyens à mettre ailleurs que dans les effets visuels (un point pour avoir vu grand). Il y a quand même un certain côté « cool », que vient un peu renforcer la musique, mais le scénario n’a plus aucune classe dès qu’il devient sérieux.

Bref, Duchovny aurait mieux fait d’aller tourner Star Wars comme on le lui avait proposé à l’époque. Et Julianne Moore ? Elle n’a rien à faire là ; l’idée d’ajouter la maladresse à son propre personnage, elle l’a sûrement eue pour faire passer le temps sur le tournage.


Le vendredi, j’ai foui…

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 La Poussière du temps

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Quel dommage que le traitement cache la perle artistique au sein de ce film. Tout est art, et tout est gâché par la confusion du scénario, par la succession de tous ces personnages, tantôt portraits, tantôt foules en mouvement, qui ne se ressemblent pas et pourtant sont les mêmes…Un esthétisme mal manipulé, une beauté qui sert de masque à sa propre réussite.


Le samedi, j’ai foui…

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 Or noir

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La première coproduction internationale majeure du Qatar au cinéma est signée Jean-Jacques Annaud ; elle parle du monde arabe et parle anglais. C’est un bienfait de le voir ainsi épuré de tout racisme dans une ère actuelle qui est à cause de cela irrespirable.

D’un objectivisme foudroyant, le décor est planté dans le désert d’Arabie où sultans et émirs violent les traités qui les unissaient par avidité pour l’or noir. Une cruelle ironie de voir que les chamailles (ce n’est pas le féminin pluriel de chameau) sans utilité sur un lopin de sable prenaient finalement fin dans les larmes, avant de se voir justifiées ensuite par le puant liquide sombre.

Les intérêts dans ces conflits sont implacables, même si le pertinent rappel comme quoi le Coran prône plus la paix que la guerre est promptement placé (un peu trop voyant d’ailleurs). Mais c’est un beau film, où les couleurs du désert sont utilisées comme des thèmes : bleu, ocre, jaune, de toutes les nuances les plus étranges, bien que la recherche de renouveau dans ces paysages répétitifs tourne un peu en rond.


Le dimanche, j’ai foui…

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 L'École buissonnière

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L’innovation est l’élément qui a volontairement été rendu marquant dans ce film. Un humour novateur, des idées novatrices, une morale inattendue transcrits par des acteurs qui étaient encore les piliers du cinéma d’antan, et par une mise en scène dont on peut rire (a posteriori donc subjectivement) du minimalisme. Un Bernard Blier encore jeune vient prôner une nouvelle éducation dans un village provençal ancré dans ses coutumes. Il n’est pourtant pas rare qu’un si vieux film surprenne le public contemporain par les libertés qu’il prend, mais cette oeuvre en particulier peut faire rire du fait que les nouvelles méthodes qu’il propose…sont plus que dépassées aujourd’hui !

Hebdo – semaine 17, 2016

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Lundi

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dvd

 Farrebique

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Vieux film français, oui : c’en est un. Mais il faut oublier tout ce qu’on pense en savoir, car Farrebique est l’un des rares, sinon le seul, film paysan avec un profond but documentaire. On pourrait s’attendre à plein de façons de l’avoir raté, allant du surplus de l’aspect documentaire, justement, jusqu’à l’excès inverse. Mais avec des acteurs amateur et un milieu fermier authentique, il déroule une très belle histoire, remplie de poésie humaine et naturelle. Le texte d’introduction vante le tournage sur une année, mais il y a vraiment de quoi car des scènes sont exploitées, recyclées jusqu’à en faire une magnifique mosaïque où chaque petite image représente un animal, un homme, une plante…le tout accompagné de plans accélérés chiadés et inhabituels pour l’époque. Un étonnant mélange dont le patois témoigne : merci aux sous-titres français !


Mardi

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dvd

 Biquefarre

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Voici la suite, 38 ans après, de Farrebique. On change de registre, fini l’aspect documentaire. C’est cette fois une affaire d’argent qui conclura l’histoire de la ferme. Une affaire qui prend d’ailleurs beaucoup trop de place dans l’intrigue et gâche un peu le plaisir. Un autre aspect marquant fascine et lasse à la fois : dans l’ambiance étrange que cette réalisation familiale génère, naît un côté bon enfant : excessif, mais plaisant. Certains drames vont casser cette atmosphère, mais seulement pour la remplacer par un contexte confit d’honnêteté, de compréhension, de gentillesse etc…Excessif…mais plaisant ! On peut reconnaître le talent du réalisateur d’avoir créé ce sentiment bisounoursien qui est, du moins sur le papier, complètement malvenu dans le milieu paysan.


Mercredi

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théma (12)

 La Créature du cimetière

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On reste dans le domaine de la très minimaliste production à partir de petites histoires de Stephen King, un type de films commerciaux né avec l’écrivain mais qui n’a pas évolué avec lui. En connaissance de ces critères très réducteurs, il peut y avoir des œuvres nettement pires. Les décors fascinent, l’ambiance est prenante même si on regrette que le lien entre les rats et le monstre reste flou. Les moyens sont mis sur les cascades et le tout concilie agréablement la routine des petites cités américaines au côté horrifique – un mélange très kingien pour une fois réussi.


Jeudi

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 La Femme et le Pantin

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Il est un élément de ce film que même le critique ne peut contourner : Marlene Dietrich. Elle est le catalyseur de sa propre odiosité, un aimant à toutes les attentions tellement crédible dans la haine. Avant de se focaliser sur elle, on a juste le temps de noter les scènes riches en accessoires mais ce n’est qu’une courte introduction. Bientôt, elle fait le film, elle est le film. Et c’est rapidement agaçant.


Vendredi

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de

 La Roulette chinoise

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Un retour de Fassbinder aux sources artistiques, bien qu’on l’y reconnaisse encore aisément. Il a trouvé un beau terrain de jeu, un château qui s’avère parfait pour placer ses petits caprices de régisseur et une intrigue amoureuse un peu shakespearienne mais en tout cas saine (ce qui est beaucoup lui demander). La piste est intéressante et bien explorée jusqu’à ce que le scénario implique un jeu – la roulette chinoise – sorti de nulle part et qui ne rime à rien. Mais si c’est le prétexte choisi pour exprimer cet art étrange où le réalisateur a innové avec les nombreux plans tournants et la bonne musique de fond qu’il emploie, on peut passer outre. Et quoi qu’on en dise, Fassbinder est un homme de cinéma et il sait y faire. Même avec peu.


Samedi

théma (5)

théma (5)

 La petite Boutique des Horreurs

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Une refonte méritante et un rattrapage bien contrôlé de l’idée pourtant désastreusement mise en scène à l’origine, du temps de Roger Corman. La musique et le côté absolument déjanté sont deux excuses à la réutilisation de l’idée originelle, qui dans sa nouvelle version fait tout de même très kitsch. Mais il est difficile de ne pas être séduit par les moyens d’animation, qui compensent l’art musical un tantinet pauvre.


Dimanche

revu

 H2G2 : le Guide du voyageur galactique

Hebdo – semaine 14, 2016

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Lundi

revu

Extrêmement fort et incroyablement près

Mardi

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dvd

 Les Gens en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels

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Ce titre interminable laisse à penser que ce film se veut l’apôtre de la démystification dans son domaine (que le titre révèle aussi, tant qu’on y est). Dommage que pour casser la glace du superficiel, il utilise des moyens on ne peut plus léger et mono-thème (le sexe ! quelle surprise, oh !) qui rendent sa vocation complètement confuse. L’humour n’est pas là pour compenser : il est occupé à être, lui aussi, complètement linéaire et ennuyeux. A côté de la plaque.


Mercredi

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 Comme des voleurs

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Sous des apparences amateur (qui sont souvent plus que des apparences au vu du résultat cinématographique) se cache tout un poème. Car la poésie est là, derrière chaque scène dont la banalité semble pourtant être le caractère le plus profond. Parfois même, c’est l’étrangeté qui émeut ; des situations aberrantes pour n’importe qui, projections de l’esprit visiblement exotique du réalisateur, sont mises en scène de telle manière qu’elle détiennent un patrimoine affectif réel. C’est sans parler encore des personnages qui ne font que passer, tourbillonnant au final comme un ballet bizarre autour des deux héros après avoir fait croire à leur durabilité dans l’histoire. Ils partent pourtant comme ils sont venus. Une parfaite ode sur les difficultés relationnelles et une autofiction avouée, pleine d’altruisme à laquelle on ne peut qu’adhérer.


Jeudi

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 Le Monde perdu: Jurassic Park

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Pour une fois que Steven Spielberg prend l’initiative de réaliser une suite, on ne va pas lui jeter la première pierre. Le Monde perdu reprend toutes les stratégies à succès du réalisateur sans trop tomber dans le traquenard d’un nouveau scénario autour d’une même histoire. Finalement, ce qui casse le plus l’ambiance est la répétition des mêmes scènes et les allusions au premier volet qui rendent nostalgique. Il y a en revanche un côté qu’on ne peut s’empêcher d’apercevoir au bout d’un moment : le scénario est comme celui d’un jeu vidéo. Les objectifs et les réussites laissent à penser que le film a été tiré du jeu, et pas l’inverse. Agaçant quand on se prend à voir ça, ce qui double l’ennui des fantaisies au casting (acteurs qui partent, rôles portés au premier plan par exemple).

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dvd

 La petite Boutique des horreurs

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A l’image de son thème, ce petit film fait penser à un chaudron de sorcière dans lequel on aurait mélangé plein d’ingrédients au hasard. Le résultat est évidemment mauvais mais avec un goût unique. On ne se doute pas sans se documenter que le tournage a coûté 27 000 dollars et s’est étalé sur deux jours. C’est un élément important pour comprendre pourquoi l’oeuvre est passée à la postérité, même s’il n’en demeure pas moins pauvre et terriblement désuet. Intéressant comme symbole de la carrière de Roger Corman et des débuts de Jack Nicholson, en plus d’être ce qui se fait de mieux avec un carton et trois ficelles.


Vendredi

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 Chansons du deuxième étage

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Si les films de Roy Andersson ont un sens caché à découvrir, il est enfoui sous d’épaisses couches de plans fixes et de dialogues imperméables à une compréhension rationnelle de leur teneur. La profondeur de champ est néanmoins impressionnante et fait le caractère d’une manière unique de tourner, surtout accompagnée comme elle est de réglages étonnants – certaines scènes, la dernière tout particulièrement, ont nécessité un timing étudié qui ne peut pas laisser froid. On regrette simplement que le film fasse au final penser à un mur en pierres sèches : ça tient mais on ne peut pas en faire une maison habitable.


Samedi

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Dimanche

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 Appelez-moi Kubrick

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On regrette toutes les apparences de ce film sur Kubrick qui le font passer pour une tentative un peu amateur de parler du grand homme. Rien n’est à la hauteur à part John Malkovich qu’on publicise justement un peu trop. On traite trop, ici, du côté imposture, ce qui laisse de côté l’aspect cinéma. C’est, en soi, un choix qui ne peut pas faire l’objet d’une critique, mais qui dote malgré tout l’oeuvre d’une petitesse à côté des œuvres de Kubrick auxquelles on se laisse alors aller à penser.

Hebdo – semaine 10, 2016

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Lundi

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 Un brave Garçon

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Un film qui est une grosse surprise : russe et plus ou moins polyglotte, réalisé en 1943. Un contexte qui ne saurait tromper même les moins férus d’histoire : sans moyens, ce film d’une heure est à l’image de sa durée : petit. Et bien non ! Curieusement, c’est dans le scénario – et dans le scénario seulement – que l’oeuvre montre sa faiblesse, puisque l’histoire tourne autour d’un personnage français, qui passe pour avoir le génie des langues (il parle allemand et apprend le russe à une vitesse phénoménale), incarné par un acteur qui ne parle même pas la langue française. Très pauvre donc, conforme à de ce qu’on pouvait en attendre, mais tout au contraire pourtant des scènes de voltige aérienne qui, même quand elles sont truquées, sont techniquement admirables ; par ailleurs, quelles que soient leurs bombes, elles cassent vraiment des arbres ! Avec sa petite dose d’humour, c’est un film qui fait sourire car il montre un groupe de fous qui s’amusèrent en pleine guerre mondiale, au risque (comme c’est arrivé) de se faire censurer.


Mardi

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 Indiana Jones et le Temple maudit

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Dans l’idée déjà, cette suite partait très mal : quand on voit la proportion d’acteurs conservés d’opus en opus par rapport au tout premier (c’est-à-dire une grossière moitié dans le troisième épisode et l’autre grossière moitié dans le quatrième, mais aucun dans le deuxième), on ne peut que se demander comment le Temple maudit se sort de l’inextricable labyrinthe dans lequel s’engagent les suites de trop. Et si cette non conformité aux acteurs d’origine bousille tout l’esprit de la série, ce film ne s’en sort justement pas si mal. Il tombe toujours dans les travers du cri Wilhelm et d’un scénario abracadabrant (pour ne citer que le petit avion qui peut traverser la moitié de la Chine d’un seul tenant), mais *juron* que c’est bien fait. Cette oeuvre est une bague en toc dans un écrin de velours, un raté, une erreur qui est irréprochablement justifiée au spectateur par une réalisation sublime et sans bavure, avec une grande maîtrise de l’image…du Spielberg dans toute sa splendeur. Dommage que l’impression d’arnaque persiste…


Mercredi

théma (12)

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 Maximum Overdrive

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Quand De Laurentiis donne des sous à Stephen King pour qu’il fasse mumuse avec les caméras…Bon, ça ne démarrait pas si mal, l’humour était bon et les plans jouaient astucieusement à cache-cache avec le logo d’AC/DC sur le flanc d’un camion. Mais hélas, le film a eu tôt fait de s’enfermer dans une histoire qui tenait en deux lignes sur le script, où une poignée de bons citoyens américains se transforme en commando invincible pour survivre à des machines dont l’intelligence soudainement acquise n’est justifiée que par un texte d’introduction et un texte de conclusion qui ne raccroche pas les wagons. Ces intertitres donnent même l’impression que le film n’est qu’un chapitre filmé d’un livre plus grand. Ayant acheté un album d’AC/DC, la production n’hésite pas à nous le diffuser continuellement, encombrant tellement la bande-son qu’on n’entend même plus les éléments sonores les plus intéressants. Cris, moteurs, giclements de sang, os brisés par exemple. Un peu moins pauvre graphiquement, on peut reconnaître le beau budget destruction qu’il a réussi à décrocher (et qui explique peut-être aussi que les neuf millions de dollars de budget n’aient pas été amortis). Au final, on est quand même bien content que Stephen King se soit remis à l’écriture.


Jeudi

 Le Don paisible (2)

Je ferai la critique de ce film en trois parties quand j’aurai vu la troisième.


Vendredi

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 L'Homme de la Manche

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Si le film fait preuve, au début, d’un fort manque de caractère et qu’on a du mal à garder les yeux sur l’écran, on se prend vite au jeu de scène où les acteurs incarnent des acteurs de théâtre, dont Cervantès, eux-mêmes incarnant les personnages du roman. Cette ellipse permet de vivre Don Quichotte en quelques actes théâtraux, sans souci d’adaptation massacrante. Le tout donne une ambiance à moitié amateur, entre deux époques, qui surprend à utiliser le générique de fin (on n’est qu’en 1972) mais au final très agréable.


Samedi

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théma (5)

 Un Américain à Paris

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Il aurait fallu rappeler à monsieur Gene Kelly que, si on compare un film à une phrase où l’art consiste à bien formuler et ponctuer, alors les intermèdes musicaux sont des passages entre parenthèses pour changer la monotonie dans le cours du récit. Dans ce film, la chorégraphie est tellement envahissante qu’elle donne l’impression que la parenthèse n’a pas été fermée. Résultat : la fin arrive trop vite, ce qui est dommage car tout tenait le spectateur en haleine, si bien qu’il s’attend à un final romantique et périlleux, grandiose et digne du Bollywood moderne. Tout est gâché par cette trop longue démonstration des talents chorégraphiques pourtant indéniables de Gene Kelly, où toute la beauté de l’histoire fane avec le temps et fait disparaître le loisir de l’attente. Mais si on en oublie que le film était film, il ne faut pas pour autant oublier que l’art y était présent partout, du thème à la mise en scène, le tout accompagné d’une version franco-américaine pittoresque de Paris…en couleurs en 1951 !


Dimanche

pasdefilm