Hors-sujet

Mexique : rencontre au sommet entre Sahara et Sibérie

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Aujourd’hui, je vais parler de deux évènements d’actualité dont vous avez pu entendre parler. Ça concerne le Sahara, la Sibérie, le Mexique et le vent.

Comme ce sujet n’est pas linguistique ni littéraire, je vais faire de mon mieux pour l’émailler de références à ces domaines.

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Autant en emporte Levant

Vous qui me lisez, vous êtes probablement habitué à une météo assez variable au cours de l’année et très changeante d’un jour à l’autre. Ça, c’est parce que la plupart des francophones vivent sous un climat tempéré, ou un climat qui partage ces caractéristiques. La plupart d’entre vous a donc l’habitude que le ciel soit souvent repeint et qu’il pleuve régulièrement sur votre cœur comme il pleut sur la ville.

Il y a toutefois des pays où l’utilité d’un bulletin météo est plus réduite, car le temps y est beaucoup plus stable. Pour cette raison, on connaît mal ces climats jugés « ennuyeux » qui sont d’ailleurs corrélés à une plus faible densité de population. C’est pourquoi vous ne vous attendez peut-être pas à ce que le vent, au Sahara, joue un rôle majeur et bien précis dans la vie de notre planète bleue comme une orange.

Le vent saharien

Le vent saharien, d’où qu’il vienne, a premièrement une conséquence assez simple : il rend l’air dangereux, souvent davantage que dans nos mégalopoles les plus polluées. Le sable qu’il soulève du sol constitue un ensemble de particules (un aérosol) qui est observé de près par les météorologues et les astronomes.

Carte radar du nuage de sable du Sahara le 17 juin 2020.
Le nuage de sable saharien en cours de dispersion le 17 juin. Les mesures sont en µg/m³. Dans la partie la plus sombre, on dépasse 350 µg/m³ d’air, soit 0,35g. Au-dessus de 40 µg/m³ (0,04g), soit les parties oranges et rouges, l’exposition est jugée dangereuse pour l’Homme.

Là où ça devient intéressant, c’est quand ce vent vient de l’est, ce qui est assez courant (d’air). Généralement repoussé par les masses d’air de l’Atlantique Nord (voir l’anticyclone des Açores), ce vent assez stable se fond aisément dans les alizés, qui lui font prendre une direction sud-ouest. Il est constamment chargé du sable saharien qui, telles les graines semées à tout vent par Larousse, est transporté dans les airs jusqu’à ce qui se trouve en face : la forêt amazonienne.

Mais ce n’est pas encore là la curiosité. Vous le saviez d’ailleurs peut-être déjà si vous avez entendu parler du phénomène météorologique qui s’est produit ces dernières semaines sur les Caraïbes. Le vent était si chargé de sable que le nuage était largement visible, constituant un véritable risque sanitaire.

  • Carte radar du nuage de sable saharien le 20 juin 2020.
  • Carte radar du nuage de sable saharien le 25 juin 2020.
  • Photo du nuage de sable saharien à la Barbade le 22 juin 2020.
  • Photo du nuage de sable saharien à Puerto Rico le 22 juin 2020.
  • Photo du nuage de sable saharien à La Havane le 22 juin 2020.

Le sable a ensuite continué son chemin sur les États-Unis et l’Amérique centrale. Cet épisode est maintenant presque terminé, mais pas mon histoire. Tournons maintenant notre regard vers un tout autre endroit du globe.


Sibérie m’était contée

Sibérie. Juin 2020. L’air est glacé, car comme chaque jour d’été, les températures dépassent à peine les -10°C.

Ou pas.

  • Carte des températures en Sibérie le 22 juin 2020.
  • Carte des températures en Sibérie le 22 juin 2020.

Ces cartes montrent la température qu’il faisait en Sibérie le 22 juin 2020. Ce jour-là, le nouveau record de température au-delà du cercle arctique a été établi à Verkhoïansk (38°C).

La chaleur sibérienne

Cette canicule sibérienne, c’est le deuxième évènement météorologique important de juin 2020. Cela prouve que le réchauffement climatique est bel et bien un mensonge fomenté par une coalition secrète de gouvernements, SAUF en Sibérie orientale. Je vous laisse imaginer la quantité de mammouths qui ont été décongelés à cette occasion. De quoi faire la joie des paléontologues.

Plus sérieusement, la véritable conséquence directe de cette canicule a été incendiaire. Littéralement. De nombreux feux de forêt se sont déclarés dans cette région qui a un ratio de pompiers au kilomètre carré inférieur à [ne pas oublier de finir le gag].

Or, il n’y a pas de feu sans aérosol, cet ensemble de particules de suie et de cendres aussi connu sous le nom technique de « fumée ». Vous avez sûrement remarqué que la date des deux évènements concorde. Maintenant, devinez la direction du vent sibérien au moment de ces incendies ? C’était un vent d’ouest.

  • Carte radar des incendies en Sibérie le 24 juin 2020.
  • Carte radar des incendies en Sibérie le 26 juin 2020.
  • Carte radar des incendies en Sibérie le 28 juin 2020.

Rencontre entre l’éther et le ciel

Début juillet 2020, une rencontre s’est produite au-dessus de nos têtes. Ou plus précisément au-dessus de la tête des Californiens et des Mexicains, qui ont eu davantage de chance de la voir.

Enfin, « voir », c’est une façon de parler. Le nuage de sable a atteint le Nouveau-Mexique (peut-être l’Arizona) et le Mexique, puis il est devenu trop peu dense pour être distingué des aérosols sablaires du Mojave (même sur les radars). Quant à la fumée des incendies russes, elle a longé la côte alaskane, puis canadienne, jusqu’à lécher la Basse-Californie avant de se disperser partiellement à l’approche du Tropique du Cancer et de s’enrouler autour de la dépression Cristina.

Les deux nuées se sont approchées de près. Il est probable (quoiqu’indémontrable) qu’un grain de l’une aura rencontré une particule de l’autre. Ce jour-là, le sable saharien et la fumée sibérienne se seront trouvés quelque part au-dessus de Guadalajara.


Vous voulez continuer de suivre le sable et la fumée ? Rendez-vous sur Ventusky. C’est de là que viennent les cartes et leur lecture est passionnante.


Sources

  1. NASA Satellite Reveals How Much Saharan Dust Feeds Amazon’s Plants, NASA, 22 février 2015
  2. Arctic on fire: Siberian wildfires expand dramatically, sending a smoke cloud towards Canada and the United States, Severe Weather Europe, 1er juillet 2020
  3. Il a fait 38 °C en Sibérie : record de température au-delà du cercle arctique, Le Monde, 23 juin 2020

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Gilles Labruyère

On parle de vent et d’espace … je suis aux anges ! Merci Eowyn ou Ywan … en fonction du vent.

Sid

Oui le sable du Sahara a d’ailleurs une influence sur la formation des cyclones !
Dommage que ce ne fût pas un article langues, entre le Sahara, le Mexique et la Sibérie, franchement tu aurais eu de la matière, tu aurais pu commencer par l’arabe, embrayer sur l’étymologie tatare et finir par du nahuatl…!