[Critiques cinéma] Les Clefs de bagnole ; Les Accusés ; Les Premiers, les Derniers ; Vulcano ; First Man ; Fin décembre ; Campus ou C.Q.F.D.

Dans les cinébdos, je compile mes analyses critiques sur les films vus dans la semaine. 📚 🎥


Sommaire
Les Clefs de bagnole (Laurent Baffie, 2003)
Les Accusés (Jonathan Kaplan, 1988)
Les Premiers, les Derniers (Bouli Lanners, 2016)
Vulcano (William Dieterle, 1950)
First Man: Le premier homme sur la lune (Damien Chazelle, 2018)
Fin décembre (Moez Kamoun, 2010)
Campus ou C.Q.F.D. (Richard Rush, 1970)


Image d’en-tête : Les Premiers, Les Derniers ; films 275 à 281 de 2019

7
100

Lundi : Les Clefs de bagnole 

(Laurent Baffie, 2003)

« Thématique : Gérard Depardieu »*

J’avais vu ce film en 2015 & je l’avais adoré. Je l’ai revu en 2019 & je l’ai adoré ; comme quoi, ma passion pour l’absurde traverse le temps & emporte tout. Je ne sais même plus dire si le film est bon ; je devine qu’il ne l’est probablement pas : il est lourd, répétitif & empêche le critique de parler à cœur ouvert même s’il l’a détesté, parce qu’il s’assume à outrance, excusant chaque débordement par un autre qui est pire.

Cette image aurait pu faire partie du film.

Baffie dira ou fera dire à de multiples reprises à ses personnages que le film est mauvais, ce que l’affiche proclame déjà haut & fort : ”n’y allez pas, c’est une merde !” Ce n’est qu’un paradoxe de plus que je dusse l’adorer. Plongeant au plus profond de l’absurdité, il transforme – du moins dans les organismes compatibles comme le mien – tout ce qui pourrait énerver ou étonner en summum de l’humour.

Baffie reste toutefois un éternel diviseur (je n’approuve pas forcément moi-même quand il se laisse aller au trash & à la sottise) & je ne fais que rejoindre un des deux camps quand j’adhère à son travail constitué d’incessants essoufflements compensés par une écriture automatique & des bouche-trous qui ont l’avantage de la solution efficace – tout tient au choix de dire que cela fait partie du génie du film ou bien de son ratage, ce qui est entièrement laissé à notre jugement.

Ha ! C’est rigolo.

L’œuvre est une salle de réunion pour ce qui semble l’intégralité du casting français de 2003, dont on imagine que les colères sont réelles (comme prises en caméra cachée) quand ils fustigent le scénario (après tout, Baffie a passé sept ans à chercher des producteurs avant de se résigner à le produire seul), & ce malgré les références qui le surpeuplent : d’Astérix à Rencontres du troisième type, Baffie fait de sa création un rêve d’enfant, se transformant en naïf quand il pousse le bouchon trop loin ou comble un vide somme toute permanent par des micro-trottoirs & des sollications à tous les procédés : animation & stop motion seront de la partie.

Une fois n’est pas coutume, je laisse tomber mes standards en matière de notation & je réitère le 10/10 que je donnais déjà il y a quatre ans, histoire de me laisser amadouer par des procédés que j’admire & d’assumer moi-même devoir sciemment ignorer les faiblesses qui hurlent malgré le bruit d’anticonventionnalité que Baffie fait régner.


6,5
5

Mardi : Les Accusés

(Jonathan Kaplan, 1988)

« Thématique : Jodie Foster »*

[CW viol] Les histoires les plus morbides font les meilleurs films : c’est connu & ce ne sont pas les producteurs de Les Accusés, qui formulèrent initialement leurs scrupules quant à choisir Foster en la qualifiant avec une superbe sensibilité de ”pas assez violable”, qui diraient le contraire.

En effet, le viol est le propos du film, mais la pré-production est pirement glauque. Foster était retournée aux études pour un temps & sa carrière ne lui offrait pas d’ouvertures bien encourageantes (surtout après l’affaire Hinckley en 1981) au point qu’elle comptait l’abandonner, sa co-star Kelly McGillis a refusé le rôle principal (jetant son dévolu sur le second) pour avoir subi une agression du genre que le film dépeint en 1982, & toutes deux souffraient de la rumeur qu’elles étaient ensemble. Des concours de circonstances oppressants qui ont apposé leur marque indélébile sur une œuvre particulièrement franche.

”Ah oui, il est corsé le scénario quand même.”

Pourtant, le film ne se donne pas de grands airs : très typé eighties, il est cadré comme c’est la mode & nul effort ne sera fait pour tirer les acteurs (ou les personnages) de leur époque compassée. Entre diners & composition musicale à moitié horrifique, il porte le sceau de ces films qu’on boostait d’ostensible en croyant bien faire. Tout ça, c’est sans compter que l’œuvre, toute judiciaire qu’elle soit & donc malgré le fait qu’elle se ”condamne” à une fin fermée (justice vs injustice), avance avec une détermination impassible qui laisse coi.

On n’aura pas l’impression d’être pris dans les impressionnants rouages de la justice comme c’est d’ordinaire ce que l’on ressent avec le genre : parfois, le spectateur est retenu en-dehors de la pièce où l’action se passe, voire carrément en-dehors du tribunal, & subit comme les accusés la machinerie s’exerçant au-dessus d’eux mais non autour d’eux – ce qu’on pourrait dû à une victime ou des accusés, mais ça, c’est la vision filmique, globale, & le scénario ne s’y intéresse pas. Son attention sera concentrée sur les personnes, sans doute trop sur McGillis & Foster, mais elles marchent bien ensemble.

Ce côté individuel s’alliera à celui de la justice pour toujours réalimenter le scénario en possibilités, comme si le scénariste les découvrait en même temps que nous. Surtout, la création de Kaplan joue le tout pour le tout jusqu’au bout, au point que Foster aura l’impression d’avoir donné une prestation détestable qui ne la quittera pas jusqu’à l’Academy Award qui sauva du même coup le film du flop.

Même cette franchise ne laisse pas présager que le viol, objet de l’intrigue dont, pendant longtemps, on ne sait rien d’autre que les témoignages puisque le film commence juste après le crime, donnera lieu à sa reconstitution en détails, classée 53ème scène la plus insoutenable du cinéma par je ne sais plus quel magazine. Un choc qui n’a pas vieilli & qui est resté un traumatisme pour une partie de l’équipe du film (mais pas pour Foster, la ”victime”, qui a blackout pendant le tournage & ne se souvient pas d’avoir tourné la scène).

Je ne sais pas si l’on peut parler de tournage maudit, mais les histoires qui l’entourent sont plus inquiétantes que bien des scénarios. Elles l’ont transformé en un festival du borderline aussi bien réel que virtuel, lui enjoignant une vocation purgatoire toujours très efficace que ni le tournage ni le visionnage ne laissent à croire pendant longtemps. Une surprise qui a vieilli mais quand même une surprise.


7,25
2

Mercredi : Les premiers, les derniers

(Bouli Lanners, 2016)

« Thématique : Max Von Sydow »*

Mise en miroir & contraste : le titre contient le film. On reconnaîtra beaucoup la série Les Revenants dans la musique qui rappelle Mogwai & dans l’action brute qui émerge comme des injustices glacées sur un arrière-plan qui ne l’est pas moins.

Le monde de Lanners est froid comme La Route & cryptique comme Jusqu’au bout du monde de Wenders, sauf qu’en fait d’un tournage qui en fait le tour, il se renferme dans une plaine du Loiret qui portera sans cesse le lourd poids du ciel, toujours plus sombre que le sol, comme s’il confirmait le thème apocalyptique.

”C’est bon, tu l’as prise ? Fait froid.”

La même opposition mystérieuse se retrouvera dans des interprétations douces-amères faisant doucement mûrir le décor surréel vers l’irréel, depuis un lent fondu d’où les protagonistes émergent comme des silhouettes fantômatiques du brouillard, jusqu’à un autre où le sens de certains de ces fantômes est purgé, dissous : qui étaient ces cowboys sortis tout droit de Le dernier combat qui font usage du monde qui les entoure du bout des doigts comme si cela les blesserait d’y toucher trop ? À quoi rimait cette humanité aussi attentive que tendue, comme menacée par une force invisible plus grande qu’elle ? Jésus accompagnait-il vraiment les pécheurs sur la voie d’aérotrain désaffectée qu’ils semblent suivre pour nulle autre raison que de se sentir plus près, par instinct, du ciel menaçant ?

Le film est franco-belge & on a l’impression qu’il doit être filmé à la frontière pour vendre son mystère sauce Dardenne, pourtant non : la France est capable d’une photographie ne se reposant pas que sur ses paysages, d’un drame qui lui soit fidèle & d’une aventure morne & mystique à la fois, qui n’invente rien mais qui tient à tout revoir en profondeur.

Ce qui est sûrement le plus étonnant dans le film de Lanners, c’est que ses inspirations apparaissent brièvement, avec l’humilité qui va avec le fait de créditer Von Sydow en ”apparition exceptionnelle”, mais elles font tout dans sa revisite biblique du drame moderne.


6,25
3,5

Jeudi : Vulcano

(William Dieterle, 1950)

« Thématique : langue italienne »*

Un générique de début sur fond de carte de la Méditerranée : voilà ce qu’il fallait aux Italiens pour entrer dans le film, en plus de la voix off qui poursuit l’impression télévisuelle pour expliquer qu’une des Îles Éoliennes est Vulcano – un nom à la fois plus évocateur & mystérieux que celui de sa voisine Stromboli.

Ça c’est un vieux clap.

Un décor parfait pour doublement enfermer le village italien typique qui sert de sujet au film comme à tant d’autres ; un paese est toujours renfermé sur lui-même, mais on peut imaginer que Vulcano l’est même pour l’Italien moyen : une petite île surmontée d’un volcan en activité, voilà de quoi bien expliquer l’esprit de clocher, même si ce dernier est balafré par une brèche depuis la dernière éruption, il y a 18 ans.

Les bâtiments sont aussi paisiblement solides que le lent dépeuplement de l’île, qu’une vie un peu hellénique ne suffit pas à rendre idéale pour les jeunes. Les Îles Éoliennes sont des ossements d’îles, nous dit-on : un piège à spectateurs ? Pas vraiment : Vulcano est le premier film à bénéficier de prises de vue sous-marines, un exploit qui complète le tableau photographique en plus d’ajouter un petit côté chasse au trésor, sans faire oublier au réalisateur que s’il tient à montrer Vulcano, il faut en montrer la vie pour ce qu’elle est.

Mais l’attention portée à la chasse à l’espadon où à l’exploitation des ressources d’une montagne qui s’effrite est assez modique. Le volcan aurait pu être un leitmotiv mais on ne sollicite ses ”grommellements” qu’une fois. Il ne restait plus que l’interprétation pour entretenir le fantasme d’une île perdue, cette extension d’un pays pour lequel elle est une curiosité : heureusement, Anna Magnani est là, n’ayant rien perdu de sa superbe depuis Rome, ville ouverte, qui apporte la dose d’expérience nécessaire pour son personnage fort, blessé & caustique qui fait tout le film en même temps qu’une bonne part de la relation avec sa ”sœur” d’outre-océan, Geraldine Brooks.

On peut regretter que le gardien du volcan soit résumé au vieux sage sur sa montagne, & il peut nous sembler que le peu de présence du mont ardent est aussi frustrant aujourd’hui qu’il pouvait l’être jadis, mais son enseignement sur la jeunesse insularisée & sa vision assez progressiste sur la perniciosité du crime sont innégligeables.


7
8

Vendredi : First Man: Le premier homme sur la lune 

(Damien Chazelle, 2018)

« Hors-thématique »*

Puisqu’il est d’usage, cinquante ans après l’instant qui immortalisa Armstrong, de fantasmer sur des aventures spatiales au point mort, il est aussi celui du spectateur de subir ce qu’on lui impose de plus en plus souvent comme du prétendu authentique : Interstellar, Seul sur Mars & Gravity font partie de cette vague néoréaliste créative mais qui tombe à côté de la plaque de Pioneer. First Man a le problème inverse : sacrifiant le spectacle, il se propose de biographer le premier homme sur la Lune, c’est-à-dire de se fonder sur la trinité toute simple qui le guida : son environnement, son entraînement & sa famille.

Alors le montage les assemble gaiment, prenant le temps d’explorer la décennie 1960 sous un angle souvent pensé comme une piqûre de rappel : Kennedy, la Guerre froide, la course à la Lune, la désillusion que la NASA provoqua en face des multiples victoires russes, la révolution sociale que l’inanité du projet Apollo alimenta à son échelle… Yep, Chazelle a l’immense mérite de bien nous remettre une chose en tête : le premier homme, il reste le premier, mais il ne reste pas un homme.

Chargé de remédier à cette tare de l’idéalisation historique : Ryan Gosling, alias Neil Armstrong, & sa présence impassible, qui sur le long terme se démarque tandis que son personnage sombre dans les responsabilités. Armstrong était un père de famille hanté, ce que le film nous fera comprendre avec trop d’insistance entre les plans sur les moniteurs de Houston & les sandwichs à moitié mâchés ; on croirait que Chazelle a eu peur de ne pas pouvoir maintenir l’ambiance sans se concentrer sur des broutilles (alors que le ciel entier lui tendait les bras), si bien que le côté famille qui est tellement mis en avant se retourne un peu contre lui.

Le réalisateur est prompt à s’atteler ensuite à la pression qui pesa sur les astronautes, mais il le fait sous forme de liste : des évènements historiques qui s’égrènent sans impact, des enquêtes auxquelles seul un accessoiriste féru d’épais classeurs, disséminés un peu partout, nous aide à croire. Cette embrouille scénaristique médiocrement démêlée gagne en consistance avec l’addition de la dimension 68 & la précision de Gosling, mais, en échange, ça devient juste son film à lui – on repensera à des personnages secondaires aussi utiles que des pots de fleurs avec une pensée attendrie pour la bonne intention ; Claire Foy est marquante mais son sourire un peu crispé. Souvent.

Chazelle n’est pas à la hauteur de son sujet : il était un peu dans la Lune – ce qui aurait pu l’aider, mais sa tâche était grande & il n’aurait dû laisser aucune raison au spectateur de repenser à Ron Howard avec l’idée que ceci ou cela était mieux chez ce dernier. Toutefois, il lui reste un atout : comme je le disais en intro, il se démarque du néoréalisme spatial actuel & cela lui donne l’avantage sur des terrains très cinématographiques.

Quelqu’un s’est déjà demandé quelle pointure faisait le premier pas sur la Lune ?

Il est un peu dépassé, en 2019, de s’extasier sur des pièges faciles dans lesquels il ne tombe pas (pas de son dans l’espace, pas de nuages en altitude), mais d’autres sont évités qui sont diantrement discrets, osés jusqu’à être frustrants, comme les casques opaques ou les vols claustrophiles (les films dans le ciel ont des raisons évidentes de ne pas enfermer les caméras dans les boîtes de conserves habitées qu’on y envoyait, alors qu’il y a tellement d’espace à mettre en images).

De façon générale, la photo ne cherche pas à produire de l’extraordinaire, puisque son thème l’est au départ, lui confèrant un certain charme. Il n’y aura pas de crescendo ou de catharsis, à peine une fin, mais il y aura les alarmes (émises par un de ces ordinateurs qui étaient dépassés avant l’Homme) qui paraîtront si terre-à-terre devant le sol lunaire & bipperont en hommage à des déchirures humaines enfin dotées de tout leur sens.

Chazelle arrive de justesse (mais aussi avec) à nous remettre dans cette époque qui réalisait sûrement mieux que nous ce que cela signifie vraiment d’alunir, aussi bien technologiquement que politiquement ou socialement. Il s’en faut de peu, mais il arrive à nous convaincre que l’humanité, dans les petites échelles que le cinéma vient gratouiller ici, a vraiment donné tout ce qu’elle avait & accompli quelque chose d’immense. C’est un petit pas pour le cinéma, mais un grand pas pour le genre.


5,5
3

Samedi : Fin décembre

(Moez Kamoun, 2010)

« Thématique : langues du monde »*

Cela pose-t-il un problème de regarder Fin Décembre fin novembre ? Je m’excuse si c’est le cas : peut-être n’aurais-je pas perçu, l’eussé-je vu quand je le devais, que l’histoire était tellement dispersée. Je ne me disperse pas moins quand je remarque que Moez Kamoun a été assistant réalisateur sur les épisodes 1 à 3 de Star Wars pour les séquences en Tunisie, quoique… Mettre les deux films en parallèle avec tant de facilité a quelque chose de déconcertant qui fait repenser avec un regard différent aux scènes où les personnages rêvent de la France.

Mais l’histoire se perd vraiment un peu partout : ville, village, médecin, culture, il y avait moult façons d’imbriquer tout ça mais aucune ne consistait à survoler chaque sujet en comptant dessus pour introduire le suivant. Le pays où les drapeaux pâlissent au soleil avant de se déchirer au vent est un pays qui ne cesse de se sentir troublé par l’outre-mer, mais Kamoun faillit à nous troubler à son tour.

Abordant la politique sous un angle parodique, la tradition avec gêne & le mariage de façon dramatique, il ne trouve pas de thème sur lequel se figer, essayant d’injecter de l’art dans la campagne tunisienne avec, finalement, aussi peu de réussite que le personnage du médecin qui est un peu guitariste.

Il est dommage que le scénario dût être ainsi effiloché, car sous les très lourdes tâches de réalisateur, scénariste & producteur, Kamoun arrive quand même à faire émerger quelques personnages vraiment justes dont la cohérence n’est pas contaminée par le conservatisme.


6,5
7

Dimanche : Campus ou C.Q.F.D. 

(Richard Rush, 1970)

« Hors-thématique »*

C’est bien joli de faire un film en 1970 en sautant sur les droits d’un livre publié trois ans auparavant, mais pour faire bonne impression, encore fallait-il avoir conscience qu’on vivait une époque extraordinaire, berceau particulier de notre civilisation actuelle. Justement, c’est de cette conscience qu’est pétri Campus à l’époque où Harrison Ford débutait au grand écran, lui-même encore en âge de faire des études.

”Oui, c’est moi qui vais jouer dans Star Wars, pourquoi ?”

Pour cela, le film est absurdement dense & rapide : il passe au peigne fin mais à tout-va ce qui détermine la jeunesse au moment où la télévision en couleurs arrive, juste à temps pour montrer à toute la population le rouge du Viet Nâm & des révolutions sociales, mais aussi celui qui monte au visage des responsables, sincères dans leurs convictions conservatistes quand elles affrontent une jeunesse obtuse au compromis ; le vénérable directeur de l’université fait le V de la victoire tandis que les étudiants lèvent le poing.

Un paradoxe qu’on a de la chance de voir illustré en direct & avec la façon de filmer riche & révolutionnaire de Richard Rush, mais qui est aussi la cause de son plus grand défaut : l’acting. J’ai rarement vu un film aussi avant-gardiste, avec tant de recul & des reconstitutions si réalistes de scènes violentes (avec quelques cascades incontrôlées) qui soit tellement surjoué. Le choc des générations se fait sentir là où il est justement ”sensible”, & si Elliott Gould arrive à une relative justesse chez les jeunes la plupart du temps, Candice Bergen est intenable de médiocrité.

Difficile d’imaginer une chose en particulier : le film était-il clair pour les spectateurs de 1970 ? Il faut le voir plusieurs fois aujourd’hui (ou bien passer quelques 30 heures à le sous-titrer) pour à peu près comprendre ce qu’implique le libertinage tacite, les relations douces-amères avec les anciens, l’évitement de la conscription, la haine générale contre un pays pour sa politique, son administration ou son éducation. Quelle partie de tout cela est-elle définitivement perdue aujourd’hui ?


* Les barèmes montrent le ressenti et l’appréciation critique. Entre guillemets est indiquée la thématique. Plus de détails ici.

4 commentaires

  1. Bon jour,
    Le film :  » Les Clefs de bagnole » m’avait laissé à l’époque entre le navet et le génie … en fait, tout est là par le seul mot : inclassable … à conserver précieusement pour les prochaines générations …
    Max-Louis

    Aimé par 2 personnes

  2. Baffie c’est un troll, un vrai, au sens littéral, c’en était une incarnation avant même que le mème soit créé, et certainement un des plus grands génies du monde comique français. Son autodérision y est pour beaucoup, je pense. Je trouve néanmoins qu’il tourne un peu en rond ces derniers temps, Baffie fait du Baffie quoi, comme Chabat fait du Chabat et comme jadis Funès faisait du Funès, mais bon, quand on a une «patte», je pense que c’est inévitable !

    Aimé par 1 personne

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