Poème [#2019-18] — Le gentilhomme ozoné

448 mots prosés – encore de l’écriture automatique, ça fonctionne si bien quand ils tombent à verse.

Crédit illustration : Storm, par FantasyArt0102


Fluctuant sinueux sur la trame d’ennui, j’alimente. Mon antre bat gris dans ma cage thor-acide, et j’ai à cœur que coulent grondantes ses humeurs revêches. Mes pieds s’enfoncent dans le duvet mouillé, le coton sale de ces pleureurs dégarnis, et j’alimente.

Le tapis douillet roule atavide sous mes pieds et je tombe, plusieurs fois. Mais toujours ses ondulations sont comme une foule de serpents que je foule et je suis redressé, malgré moi, en le Dieu des rages qui s’effondrent.

On cogne de l’étage inférieur, mais qu’y peux-je. Ma course est celle d’isobarres, et l’eau se barre tant qu’aucune aile ne peut plus l’encourir. Parfois je peine mais surtout je tente de voir les territoires que je traverse, presque en ligne droite, étendu sur les côtés, large mais point effronté !

J’ai l’impression qu’un grand chapeau coiffe mon chef et il tient malgré les remous de ma furieuse escapade. Je trébuche mais je suis relevé avant d’avoir pu choir, quoique rien n’aurait pu m’érafler : les couteaux qui s’abattent partent d’en-dessous moi, ils sont lancés par une main rageante aux doigts vaporeux.

Je pêche à la ligne de douze vers,
autant d’hameçons
qu’il faut pour que nous ramenions
un éclair.

Penché au-dessus d’un vide de huit kilomètres, je m’évade à toujours, porté par ces nuées qui ne cessent de croître. Il n’est plus d’humidité pour me servir de cloître, je crois bien que j’ai atteint les plus hautes atmosphères. De là-haut mon couvre-chef ne suffit plus sans canne : on me l’envoie, je la saisis au vol du courant-jet, j’en joue un moment puis j’en balance le pied sur ces volutes qui m’aérisent.

Surprise, c’est solide. Ainsi gelé, aussi je l’ai : le pouvoir qui m’électrise, d’éther en des terres. De mon porte-bras saisissant la pommette, je l’abats et deux fois mieux je fouette : un grand arc se crée, du socle pour mes pieds, et de cette cime d’où je ne manque pas d’air – je vous l’assure –, loin là-bas, j’anéantis une masure.

Que suis-je soudain ? De l’air ? Non, je sens le vent. De l’eau ? Non, je suis mouillé. Quelle est cette chaleur que je croyais faire fuir ? Ah, mes grands airs furent pris pour lourdeur, et profitant d’un élan de candeur, la grandeur de mon œuvre me parachuta.

Mon caractère s’étiole, je suis bien re-moi. Il fait chaud car j’ai chu, et je vois ce qui était ma cible, le sol, s’approcher comme s’il m’agressait. Je suis dans une trombe, et comme le sol m’envoie sa température, je suis repoussé et m’écarte un peu. Je tombe finalement au-devant de l’arcus, en plein dans la corolle d’un crocus.

Pour qui me prenais-je à vouloir, tour à tour, tremper puis estomber cette simple beauté ?

7 commentaires

  1. L’ozone étourdit les sens et en ivre les mots qui s’éparpiller et s’entrechoquent en une mêlée cosmique et cataclysmique. Hors de combat, étendu pour le compte en lecture agile, je reste agrippé aux virgules, cramponné aux paragraphes. Soudain, ma raison se renverse, mes repères basculent. De ce catch de mots, je proclame la victoire clandestine avant de passer la frontière vers le Nouveau Lexique.

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