Cinébdo – 2019, N° 28 (Astérix et Obélix contre César, Joyeuse fête des mères, Rouge comme le ciel, La petite Vera, Le Chaos)

(Les cinébdos sont des compilations de mes critiques sur les films vus dans la semaine.)

Sommaire
Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi, 1999)
Joyeuse fête des mères (Garry Marshall, 2016)
Rouge comme le ciel (Cristiano Bortone, 2006)
La petite Vera (Vasili Pichul, 1988)
Le Chaos (Youssef Chahine, Khaled Youssef, 2007)


Image d’en-tête : Astérix et Obélix contre César ; films 158 à 163 de 2019

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Lundi : Astérix et Obélix contre César

(Claude Zidi, 1999)

« Thématique : Gérard Depardieu »*

Adapter Astérix en live, c’était se confronter à des défis déjà rodés par l’animation. Clavier et Depardieu étaient loin d’être des garanties de réussite, d’autant que le reste du casting reconnaissable est totalement effacé par le goscinnysme. Le fait est bête : on ne sait pas faire grand. Zidi a rassemblé beaucoup de sesterces et une grande armée pour ne pas décevoir les générations qui avaient grandi avec le Gaulois, mais son péplum ressemble à un festival médiéval et sa comédie est affectée d’un villagisme chauvin empreint de valeurs presque locales qui conduisent bien mal les valeurs armoricaines. Ç’a beau être tourné en extérieur, le village ne fait pas envie.

…Et comme ça, chaque citoyen romain pourra voir les jeux chez lui, moyennant redevance bien évidemment ! J’ai déjà nommé un chef ingénieur pour le projet, un certain Canalplus. Tu verras, grand César, Rome sera aux quatre coins de l’Europe !

Il a trop voulu être fidèle à l’esprit de la BD pour faire un bon film, duquel la réussite sont paradoxalement des effets visuels jamais vus, faibles mais encore acceptables de nos jours. Zidi n’a pas pris d’assurance contre une désuétude qui a frappé son œuvre de plein fouet, la réduisant quasiment à un film pour gamins là où les auteurs avaient réussi à réconcilier tout le monde.

Autre ratage de l’adaptation : on ne peut pas choisir son rythme et celui du film est beaucoup trop élevé. Il nous propulse dans un scénario sans aucun sens, qui mélange les albums comme le premier dessin animé et ne se préoccupe pas de la cohérence. C’est dans de rares fulgurances qu’on trouve satisfaction, merci à Benigni et à des scènes transitoires où la traduction littérale de la BD au cinéma est compatible avec une tentative 100% cinématographique de faire pour le mieux. Non que les répliques soient dignes du dialoguiste original non plus.


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Mardi : Joyeuse fête des mères

(Garry Marshall, 2016)

« Thématique : Julia Roberts »*

Pour son dernier film, Garry Marshall retrouve une pretty woman perruquifiée. Rien à voir, par contre : le rôle de Roberts est modeste, elle se perd dans la large gente féminine de Mother’s Day pour occuper la chaire de la star moyenne.

C’est curieux de la retrouver si loin d’anciens succès, comme réconciliée avec ses premiers rôles gnangnans qui pourtant avaient cent fois plus de cinéma sous la peau. Car enfin, Mother’s Day rassemble tellement de symptômes de la télé que c’en est presque effrayant : beaucoup de caméras pour des plans de pas grand chose, des cadrages à la sitcom, un thème qui ne s’en réclame pas moins, des réactions aussi naturelles qu’un pouf Louis XVI sur le Lac Baïkal… C’est un festival du drama de voisinage et de cancans rédempteurs.

— Alors, ce Garry Marshall, il est bien coté ?
— Pas mal ! Tu savais qu’il avait déjà tourné avec Roberts ?

Roberts joue d’ailleurs une star de la télé qui ne dépare pas. On est plus sur une tentative d’équivalence de The Family (Luc Besson, 2013) que sur une reproduction de Potins de Femmes (Herbert Ross, 1989) (une vraie réussite du cinéma cancanneur en pleine town américaine, celui-là !). La surabondance hypocrite d’émotions en circuit fermé donne mauvaise allure à tous les genres que tente de se donner l’œuvre : comédie beauf, feel good avec une très mauvaise musique, drame sans implications, rien ne marche.

Ce qui finit par fonctionner, c’est la vie que s’inventent ces gens, découpant à l’arrache leur existence dans celle d’une ville qui sert de prétexte puisqu’on n’a aucun lien avec elle (on passe juste de lieu en lieu, comme une sitcom théâtrale à laquelle Aniston est suffisamment habituée pour ne pas y être insupportable). On dirait que tous les personnages se prennent au sérieux, comme s’ils vivaient une vie de people les uns pour les autres, et une fois circonscrits, ça passe. On peut remercier pour ça le travail de Margo Martindale.


 


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Jeudi : Rouge comme le ciel

(Cristiano Bortone, 2006)

« Thématique : langue italienne »*

Qu’est-ce que le cinéma ? Une question quasiment gnoséologique en ce que le film nous fait voir le cinéma pour son propre univers, une sorte de bac à sable de l’imagination quand la vue perd son sens. Et c’est littéral, puisqu’il porte sur la cécité d’enfants italiens privés des couleurs chaudes projetées habituellement par leur pays sur la pellicule, et enfermés dans une école spécialisée qui prétend les aider mieux en les privant de leur créativité.

— C’était pas si dur de monter, tu vois ?
— Non.
— …

Cette partie dénonciatrice, ce côté moralisateur de l’histoire vraie, n’est pas à porter au crédit de l’œuvre, car c’est ce qui l’empêche d’achever son expérience scolaire sauce Les Choristes. Elle parvient juste à porter sur l’aveuglement du spectateur quand à l’art qu’il contemple, parce qu’ainsi qu’on s’en rend compte pour répondre à la question initiale, le cinéma a d’abord été une discipline de l’œil.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’histoire ouvre les yeux mais il est curieux d’être transporté sur les terres auditives de ces enfants par l’image. Un peu contradictoire, mais en bien, et pas mal amené.

Toutefois, cela aurait dû suffire à Bortone, qui commet l’impair de faire toucher sa matière et son antimatière : la manifestation politique qui jaillit dans l’histoire et dont on découvre tard qu’elle vise l’école elle-même pour son conservatisme (aveugle ?), c’est une cachotterie pédante comme quoi film et inspiration s’égalent et s’annulent. Il n’y a même pas de montée en puissance politique autour du charismatique Marco Cocci pour donner de la vie au drame. Drame constitué par l’expulsion de l’école d’un gamin lésé dont on n’a pas idée comment la ville entière a pu en avoir vent.

Alors adieu l’aura de la haute-cécité, cette radiance d’un cercle des bruiteurs disparus qui aurait pu être grandiose. On aura tout de même droit à un regard perçant des jeunes acteurs sur leur condition, et à de belles ouvertures sur l’imaginaire. Même si la teneur dramatique n’est pas au rendez-vous, un grand soin est porté au fait de devenir aveugle, cette rage et cette impression que les choses doivent obéir si elles ne se laissent pas voir. Le tout dans une ambiance relativement forte de caractères affirmés qui contrebalancent certains manques.


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Vendredi : La petite Vera

(Vasili Pichul, 1988)

« Thématique : langue russe »*

Vera sort de l’adolescence au moment où l’URSS est moribonde ; une histoire de plus sur les désillusions russes. Mais chacun de ces films est un renouveau : blessés par la perestroïka, les personnages hurlent qu’ils ne sont pas entendus et n’y gagnent rien. C’est une expression de la souffrance qui ne fait que la prolonger, et c’est ce qui rend La Petite Vera effrayant. Et qui en fait un visionnage insupportable.

Elle a les yeux revol-vera…

La douleur répugne, mais il y a aussi les cris, les révoltes qui grondent sans savoir sortir du conflit intérieur, un sentiment d’impuissance vraiment cauchemardesque. Vera, c’est le mot pour la foi en russe, vous râbacheront les exégètes de Pitchoul, parce que c’est le symbole frappant d’une URSS qui cache l’étiquette de la bouteille de Coca Cola. Ils nous pompent l’air, les exégètes.

La foi est une belle image mais pas une notion si forte qu’elle mériterait qu’on déifie Natalia Negoda. À trouver l’idée comme l’interprétation géniales, on oublie qu’elles sont vraiment bien, car on les met au rang de la simple curiosité, comme le fait que le film soit connu pour figurer la première scène explicite du cinéma soviétique.

Il ne faut pas confondre le culte pour ce qui rend un film culte. Les vrais symboles sont ceux, magnifiques, que les adolescents s’inventent les uns pour les autres et qui se font la sève pulsante dans un arbre déjà mort. Les vrais symboles sont les visages des acteurs qui se fondent dans les expressions de leurs personnages comme s’ils constituaient tout leur signifiant.

Il fait chaud en Ukraine et l’on s’étonne aujourd’hui de voir la pastèque au cœur des repas d’été. Mais ce n’est rien à côté des bateaux qui entourent le port comme des semi-épaves, des carcasses grinçantes mettant l’échappatoire derrière le mur invisible d’une apocalypse n’existant qu’en esprit. Pas besoin d’alcool ni de drogue pour saisir la déchéance à pleines mains.

L’humeur est épaisse, noire, elle nous prend à la gorge. C’est innofensif mais intenable. C’est Alphaville couplé au malheur adolescent de tout un peuple à l’unisson. Ce n’est pas toujours que le conflit générationnel a sa place chez les Soviétiques. Ici, c’est la couche supplémentaire : Vera veut vivre telle qu’elle l’entend, mais chez ses parents tout de même. Une contradiction qui va de paire avec la tolérance bardée de fermeture d’esprit du père qui a trimé et ne sait même plus voir le futur des autres.

Le film n’est pas dur à proprement parler, mais bâillogène et déprimant. Difficile, même quand on l’approuve, d’écrire avec ferveur sur sa beauté.


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Samedi : Le Chaos

(Youssef Chahine, Khaled Youssef, 2007)

« Thématique : langues du monde »*

S’il y a bien un problème à regarder les films par thématique, c’est que sous couvert de s’ouvrir à tout, on s’offre aux visions étroites de chaque milieu. Et les problèmes du monde arabe sont supposément bien connus au cinéma. D’ailleurs, la France finance le chaos. Enfin, Le Chaos. Et ça fait du bien, pour une fois, de voir tant de professionalisme misé sur une histoire multi-facettes du côté égyptien.

On appelle ça faire tout un foin pour une migraine.

Tout commence sur une émeute, une expression populaire de rage que les réalisateurs ont tôt fait de faire converger sur un personnage, Hatem, une sorte de guignol policier insituable qui a toutes les tares. Toute la ville le souffre et profite de ses services payés en dessus-de-table (car il n’est même plus besoin de se cacher). Il danse d’un pied, comique, sur l’autre, dramatique, au point d’en être crispant, et c’est d’autant plus troublant de le voir sous des airs charmeurs ensuite, lui dont le chantage n’avait pas séduit la femme qui est l’objet de ses œillades.

Et si la conclusion de cette romance unilatérale ne fait aucun doute dès le départ, elle a le mérite de la force et tire son jeu du machiavélisme signé Khaled Saleh. Ce surréalisme d’une méchanceté à la fois horripilante et ridiculisée est un atout mais désempare allègrement. Il faut s’accrocher aux personnages formidablement ancrés dans leur environnement, armés jusqu’aux dents de leur caractère et puissants jusque dans leurs faiblesses.

Ce n’est pas une Égypte geignarde qui nous est donnée à voir. Elle se plaint d’ailleurs si peu qu’elle n’hésite pas à employer des trucs techniques atroces (que ce soit la moto sur fond défilant qui jure énormément, où les pistolets qui ne sont même pas orientés sur la poche de faux sang au moment de la détonation).

C’est une Égypte qui parle, qui vit quoique corrompue, et qui hurle dans un chaos doux à qui veut l’entendre que cette affliction n’est pas elle, qu’elle en souffre en fait. Évitant de nous asséner le fait, l’histoire tourne un peu autour du pot, prenant souvent des airs d’énumération avant de trouver ses marques. On ne sait pas dire si on a vu du Dino Risi ultra-méridional ou du cinéma arabe importé en France.

Entre la parodie de l’état policier et le juste couple formé sans faste, il y a comme une acceptation de la chose pour ce qu’elle est sans enrobage ni résignation. On ne se repose pas sur les lauriers d’un méchant complet, ni sur des interactions vivantes, pas plus que sur un commissariat peut-être un tantinet moins convaincant dans l’inquiétude qui sourdre de ses coins crasseux. Et l’on délivre une fin évidente sans imposer l’émotion forte ; la continuité méritante d’une humeur complexe, parfaitement métaphorisée par la fumée d’encens libérée par une tentative de sortilège : « si ça ne fait rien, ça enlèvera au moins l’odeur de cuisine ! ».


Dimanche : Master and Commander : de l’autre côté du monde

(Peter Weir, 2003)

« Hors-thématique »*

 

 

 

Critique détaillée ici !


* Les barèmes montrent le ressenti et l’appréciation critique. Entre guillemets est indiquée la thématique. Plus de détails ici.

6 commentaires

  1. Tu attaques là tout un pan de cinématographie qui m’est inconnu (je ne suis même pas sur d’être allé au bout du navet de Zidi). Le film de Bortone s’en sort le mieux visiblement, ainsi que le Chahine. Pourquoi pas un jour.
    J’ai prévu de me refaire « Master & Commander » cet été, du coup faut que je me dépêche de prendre la mer !

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai jamais compris le bashing sur le premier Astérix, pour moi il est largement supérieur à bien des animations en dessin animé vieillottes et ennuyeuses

    Déjà, pour le «villagisme», c’est sûr hein, c’est Astérix, vu le sujet il aurait été étrange que ça ressemble à du «Blade Runner» ou à un film des frères Dardenne :p
    Mais bon voilà, pour le coup c’est fidèle à l’esprit de la BD, le duo Clavier/Depardieu marche (d’ailleurs, il sera réutilisé dans le 2), c’est gaulois, plein de panache sans être vulgaire, avec du petit jeu de mots et des gags sans prétention servis par une histoire qui n’est finalement qu’un prétexte.
    Parce que si tu regardes bien Astérix, c’est ça en vrai. Si tu enlèves la couche de mythe (le monument que c’est devenu), c’est pas plus qu’une BD jeunesse qui se prend pas la tête, et c’est justement cette simplicité qui la rend très bonne.

    Pour moi, ce film se situe ans la moyenne, pas le film de l’année on est d’accord, mais on est loin d’un «Arrête de ramer, t’attaques la falaise» ou autre comédie en délire de cette même veine d’humour franchouillard où ça cabotine du début jusqu’à la fin (le seule qui cabotine ici on pourrait dire que c’est Benigni, mais voilà, il fait du Benigni quoi^^)

    J’ai l’impression que ce qui rend «Astérix contre César» mauvais, c’est la comparaison avec son excellent successeur, qui réussit à inclure tout ça + la touche d’humour trollolol si caractéristique de l’époque Canal (les Nuls quoi), donc fatalement un truc plus frais qui touchera un public plus large, et surtout plus jeune…

    Aimé par 2 personnes

    1. Comme quoi tu devrais t’en tenir aux langues ! Non, je rigole, c’est un plaisir de te voir déborder.

      Évidemment qu’Astérix est affecté de bout en bout par son villagisme, mais c’est autre chose de faire bouger des caméras dans un tel repère. Oui, c’est très gaulois, mais pas cinématographique.

      Tu vois, moi, le franchouillard, je l’ai trouvé niaiseux. Et je suis étonné que tu parles d’Astérix comme d’une BD jeunesse car je trouve qu’aucune BD ne représente mieux l’argument « de 7 à 77 ans » ; j’ai bouffé du Goscizo toute mon enfance et je ne me suis jamais lassé des Gaulois. Mieux, j’y trouvais à chaque fois des intérêts différents selon mon âge et il n’y a plus de raison que je me mette à m’ennuyer de les lire.

      À côté, j’ai aussi beaucoup vu ce film étant petit et je l’aimais, mais mon visionnage d’adulte me déçoit énormément. Pour le coup, je le trouve vraiment enfantin, pourtant je parle en absolu (ni en comparant avec la suite, ni avec les films d’animation qui sont dans une tout autre veine à mon avis).

      « Arrête de ramer, t’attaques la falaise ». 😀 J’adore.

      Aimé par 1 personne

      1. Ah bah voilà, tu l’as beaucoup vu et en plus de base tu adores Astérix, donc grand niveau d’exigence sur les adaptations; du coup, déception programmée^^

        Pour moi Astérix, c’est de la BD jeunesse, mais que tu peux effectivement relire avec un autre niveau de lecture au fur et à mesure que tu vieillis, donc oui tu as raison, ça va de 7 à 77 ans, chose que Zidi a essayé de maladroitement respecter. Cela nous ramène à la difficulté de faire du tout public sans entrer dans le niais… C’est comme faire une chanson gaie sans qu’elle paraisse superficielle ou idiote. Très difficile ! Le mélancolique, le violent, le déprimant, le sombre, c’est toujours bien plus facile en art (car bien plus profond ?)

        À ce titre, ça me rappelle ma BD préférée quand j’étais môme: «Titeuf», qui a toujours su jouer les équilibristes sur le fil délicat séparant le tout public du « vraiment pas tout public», justement. C’était marrant, abordable, piquant sans être vulgaire, en abordant des thèmes quand même assez sérieux (racket, sexualité, drogue…), vus par des yeux d’enfants, bref j’ai toujours trouvé ça très réussi

        HS aussi, mais pourquoi tu parlerais pas de BD sur ton site ? Elle qui est parfois du cinéma sur papier, un merveilleux croisement entre l’art de l’image et l’art des mots…

        Aimé par 1 personne

      2. Programmée, pas vraiment. J’ai aimé le film enfant, et si mon avis d’aujourd’hui était vraiment programmé, ça aurait joué (nostalgie, touça).

        Tu as raison, je pourrais parler de BD. J’ai une bonne raison de ne pas le faire, c’est que je n’en lis pratiquement plus. Je suis passé aux livres sans images pour faire semblant d’être grand, mais je lis aussi vite qu’à dix ans et ç’a tendance à pas mal saturer la file d’attente.

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