[Critiques compilées] : Hunger Games

Bouh, un article low effort. Mais c’est intéressant d’avoir toutes mes critiques de la série au même endroit, non ? Attention, il y aura des spoilers.


Hunger Games

Voici mon avis sur Divergente. Je veux dire Hunger Games, pardon. Le monde dystopique est le même, Shailene Woodley est une clone de Jennifer Lawrence, l’administration est la même, la politique pragmatique sombre dans l’erreur de la même manière, les dirigeants pètent la classe, le système social est horriblement contraignant, les personnages vont lutter contre, vont tomber amoureux et s’opposer au grand acteur qui tient le rôle du dirigeant (Kate Winslet vs Donald Sutherland). C’est tellement la même chose que c’en est déconcertant.

Je pense toutefois que Hunger Games est un peu supérieur en qualité. Il prend quelques risques pour un film de divertissement, comme la caméra qui reste à la main pour des plans fixes, ou les blancs qui aèrent le script ; c’est peu, mais c’est au début et c’est osé. C’est un peu lent aussi, et c’est rafraîchissant ; il semble qu’on soit définitivement sorti du carcan du « film d’action » qui doit nécessairement décérébrer et bouger dans tous les sens (on tombe dans d’autres pièges, comme celui de tomber en plein dans le mouvement dystopique, mais c’est juste une passade).

Hunger Games est sans doute l’exemple le plus soigné de film à popcorn dans la manière qu’il a de créer les paysages (cette scène du train qui s’approche de la ville, longe un lac, pénètre un tunnel et arrive en station est tout bonnement magique, et ce n’est pas quelque chose qui pouvait se trouver dans le roman) et surtout le côté grinçant. Une fois passée la Reine de Cœur jouée par une Elizabeth Banks aussi pimpante et éphémère qu’Imelda Staunton dans L’Ordre du Phénix, c’est toute l’aristocratie qui va arborer des airs follement jodorowskyens. Leurs looks sont d’enfer et leur hypocrisie dépasse la simple morale tordue qu’on peut attendre d’une dystopie.

Il faut bien admettre que même les reproches habituels des survivals entâchent très peu le film. Il y a de l’exubérance et un manque de souci dans la conception des émotions ; dans un monde qui a tout du Running Man de Stephen King (ou l’adaptation avec Schwarzy, à défaut), la stupeur du premier instant cède bien vite la place à un faux enthousiasme qui devient vrai à mesure que la mort inévitable approche. Voilà quelque chose qui coince. Et puis l’amour sort un peu de nulle part.

Mis à part le moral qui joue du yoyo cosmique, la trop grande attache de l’œuvre à son style divergent et des acteurs qui sont un peu greluches et greluchons, il faut quand même noter la prégnance de décors si grandioses qu’on les croirait romains, le rôle court et qualitatif de Lenny Kravitz, et la linéarité du soin ambiant. Je vais me faire la série !


Hunger Games: L’embrasement

Après ce deuxième film, je reste accroché à Hunger Games ! Au moins la série présente-t-elle cette différence de taille avec Divergente de ne pas sombrer dans une morbidité lasse et lassante.

Ce film est encore plus étonnant que le premier de la série pour son génie dans la représentation de la télévision. Pourtant, c’est une grande production. Et ça me fait bizarre de le dire, mais les médias sont encore mieux employés que dans Mr. Nobody ; cette caméra, qui jaillit de nulle part et qui s’anime toute seule pour capturer les personnages – des stars – juste à la sortie de leur domicile, est totalement glaçante, et donne une dimension jamais vue à la gêne qu’on peut éprouver devant un public invisible. La télé sort de scène.

Le luxe, antagoniste d’une pauvreté chaste, est également toujours magnifique, puisant son énergie dans une quantité impressionnante de costumes épatants, sans jamais renier sa belle dénonciation d’une décadence jodorowskyesque. Se faire vomir pour manger encore ? Bien sûr, comment voulez-vous goûter à tout sinon ? Et nous voilà revenu au temps des Romains, sauf que le vomitif lui-même est présenté dans un joli verre, en une quantité charmante, et arbore une douce couleur rose. Ce détail à lui tout seul, pour la référence historique et ses implications esthétiques aussi bien que morales, m’a totalement plongé dans l’histoire, me masquant le fait que Jennifer Lawrence devient un peu plus accessoire, et plus tard que l’attitude des autres personnages face à la mort arbore une insouciance dommageable.

Mais le but du divertissement n’est-il pas de mettre de la poudre aux yeux du spectateur ? Stanley Tucci, en figure de proue d’une télévision magiquement reconstruite, est le symbole de cette réussite. Il est éclatant de grincements, de faux rires et de bonne humeur en carton, si crédibles dans leur délirante absurditéqu’on a presque envie de lui offrir toute une chaîne télé pour nous égayer dans la vie réelle. Et c’est au rythme des pas de personnages presque aussi classes que lui que va s’égrener le temps, qui est pourtant long ; deux heures et demi. Les screenrewriters savent ce qu’ils font, et voilà le spectateur trop pris au jeu pour réaliser qu’on lui fait gober les mêmes choses que d’habitude.


Hunger Games : La Révolte, partie 1

Ça y est, le troisième épisode est le ventre mou de la série Hunger Games. D’entrée moins engageant avec l’atmosphère désespérée qu’il tente de cultiver, il rend radoteur le jeu de Jennifer Lawrence. Mauvaise nouvelle aussi qu’on s’intéresse à des détails comme le rasage de Donald Sutherland, même si son personnage prend un peu plus de valeur, tout comme certains aspects déjà cultivés auparavant. Les deux premiers films étaient si riches qu’il reste de la ressource à employer, par exemple les vêtements, dont l’absence se fait bénéfiquement ressentir dans un luxe réduit à l’agonie. Mais réduire les aspects du film à l’agonie, même intelligemment, nous fait ressentir une frustration que la partie 2 du film est bien évidemment là pour assouvir ; une pratique qui aurait pu être améliorée et qui est criticable en soi.

On notera l’énième scène de chasse de l’héroïne, qui est son énième scène de non-tuerie animale ; une mièvrerie que le film arrive à reproduire en une maturité qui grandit avec patience. Signe que globalement, ce premier Mockingjay arrive à transformer le manque en espoir, escorté par des dialogues qui trouvent aussi de quoi se renouveler dans le mélange de la politique et du familial. Et puis il y a toujours une utilisation à couper le souffle des caméras de télévision ; je suis toujours soufflé par le génie avec lequel les médias sont intégrés à l’histoire.

Mais les carcans, trop longtemps retenus, s’échappent de leur cage : le sacrifice, le désespoir bien récompensé, et même les rebondissements s’abandonnent à l’obéissance opacifié d’un scénario et d’acteurs s’étant habitués à porter les symboles d’HG sur les épaules. C’est un troisième film sur la guerre finalement déclenchée qui n’a pas la maîtrise de Matrix. À se demander si l’idée d’un double film apporte vraiment quelque chose.


Hunger Games: La Révolte, partie 2

Un léger effet Matrix dans la conclusion de cette trilogie en quatre films ; une horreur continue dont on sort au dernier moment pour un happy end assez frêle mais qui marque. Mais HG est beaucoup plus lumineux ; c’est d’ailleurs un acquis sur lequel Lawrence (le réalisateur, pas l’actrice) se repose un peu trop ; certes, Mockingjay 1 n’a rien à voir avec Mockingjay 2, et ça nous évite un syndrôme des Reliques de la Mort, mais on est quand même sur un système de roue libre. Heureusement que le poids des épisodes précédent continue de faire pencher la balance dans la bonne direction.

Gros atout de HG3:M2 (même au niveau de l’acronyme, on se rapproche de la « trilogie en cinq volumes » de H2G2 mais on s’en fout, pardon) : le retour des Games à proprement dit. L’arène est mouvante, cette fois-ci, et le scénario sait s’ancrer géographiquement dans son paysage : que ce soit avec des cartes, des camps de base temporaires récurrents, ou même dans les souterrains à la Metro 2033, le spectateur a toujours un très fort élément de lieu auquel s’affilier. De quoi mener une gentille guérilla cinématographique.

Par contre, on s’enfonce un peu plus dans l’insouciance de la mort et, bizarrement, dans la lenteur. On s’ennuierait presque ! Heureusement, ces deux défauts sont compensés par une étonnante facilité à montrer les horreurs de la guerre. C’est simple, et dit comme ça, ça fait malsain. Mais il y a un vrai engagement scénaristique ainsi que chez les acteurs, même si seul Donald Sutherland crève vraiment le plafond (Julianne Moore est un peu coincée et les jeunes manquent d’expérience pour naviguer sur leur palette émotionnelle).

La conclusion à Hunger Games s’assume. Elle est cohérente et reste créative (j’en veux pour preuve la continuité de l’utilisation des médias qui aboutit ici au magnifique écran « mandatory viewing » – « visionnage obligatoire »). Il est dommage que la guerre se confonde un peu plus avec un jeu, mais ses conséquences sont montrées si bellement et avec tant de franchise qu’on s’en oublie. Le Mockingjay est une œuvre qui carbure au regret décati mais aussi à la mémoire vivace ; les ponts en références aux épisodes précédents sont bien prégnants, de quoi nous faire considérer la série dans son ensemble et nous éviter le regret d’une fin qui sombre.

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