Hebdo – 2017, N°50 (Confidence, Hairspray…)

La mise en page sera meilleure à partir du prochain hebdo. C’est le nouveau thème qui fait ressortir les logos de cette manière et il serait fastidieux de les reprendre jusqu’ici. Désolé !

Image d’en-tête : Hairspray

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Lundi : Stavisky 

(Alain Resnais, 1974)

« Thématique : Gérard Depardieu »*

Il s’agit d’un biopic. La France a toujours affectionné ce genre très peu commercial où elle parvient à faire abstraction de tellement d’aspects créatifs que le film est généralement réussi. Ici, il s’agit d’oublier que Belmondo incarne un hors-la-loi. Et parce que le film est réussi, les écarts de la personne originelle font le charisme de celui qui l’incarne. Mais une vie ne tiendra jamais dans un scénario : il est raturé, gribouillé, distordu, jusquà ce que le propos – qui par souci de véracité historique n’est ni plus ni moins qu’une sélection arbitraire d’évènements – soit étrange et ennuyeux.

Des procédés semblent avoir été étudiés, utilisés et oubliés au gré du modelage de l’histoire vraie : les panneaux de signalisation cadrés au centimètre qu’on retrouve plusieurs fois, les légères envolées musicales ou encore la mise en images exacerbée des souvenirs, qui contribuent au flux non linéaire (et embrouillé, disons-le) ne font que mettre en valeur la très faible exhaustivité de la création. Peut-être pas digne de l’accueil extrêmement négatif dont elle a souffert, mais loin d’être excellente.


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Mardi : Confidence 

(James Foley, 2003)

« Thématique : Dustin Hoffman »*

Le mot « fuck » est dit 130 fois, nous dit IMDb. Une façon à la fois très juste et très fausse de résumer le film. Juste parce que cela reflète le niveau intellectuel des personnages et la teneur des dialogues qu’ils tiennent, et fausse parce qu’il y a aussi toute la manière dont cela est mis en scène. Tout est lié à la façon de traiter les choses, sinon à quoi bon séparer le ressenti de la critique ?

Le nombre de plans est astronomique. Pendant les discussions, ils durent parfois une demi-seconde à peine et s’enchaînent par dizaines de champs/contrechamps/contre-contrechamps. Avec ça, les dialogues sont débités comme de trois Amazones de l’éloquence pollués par trois Pékins d’inanité. Une plume abondante et rugueuse d’où s’écoule un océan, le contexte. Tellement d’eau qu’on pourrait le croire fertile, mais il y manque la terre pour y voir pousser des promesses artistiques. Alors on aura beau admirer la caméra énergique jouant au torero avec des faux raccords qui jamais ne l’atteignent, l’œuvre ne semble pas chasser de but particulier ni réussir un quelconque aspect secondaire (en ce qui concerne la musique, le single Clocks de Coldplay au générique est l’unique exception).

L’action distrait mais elle nous laisse beaucoup trop penser qu’on pourrait avoir un pot de pop corn entre les mains pour s’aider à fermer les yeux sur sa nature. Le film ne garde qu’une seule vraie qualité : il est diablement facile à suivre pour selon qu’il est si peu linéaire et si touffu.


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Mercredi : GoldenEye 

(Martin Campbell, 1995)

« Thématique : autour de James Bond »*

Oui ! Une autre rupture ! Partis John Glenn et Timothy Dalton, voici venus Martin Campbell et Pierce Brosnan dans une ère du compromis qui va enfin emmener l’illustre série James Bond dans les années 2000.

Pour le moment, on est en 1995 et c’est le premier film de ladite série à se situer après l’effondrement du bloc soviétique de 1990. Ce qui ne va pas l’empêcher de s’attacher à raviver la Guerre froide pendant deux petites heures ; après tout, ils pouvaient enfin tourner ce cher fantasme de drames nucléaires évités de justesse dans le pays même avec qui le monde était en froid : la Russie (mais oui, tout le monde sait bien que les Américains étaient les gentils dans l’histoire, voyons).

Cette résurgence du passé est très mesquine, mais comptons-la comme excusable pour la beauté du geste. D’autant qu’elle ne se ressent pas dans l’atmosphère ; Campbell a fait table rase de tout le reste et il veut que ça se sache. Le scénario sait être comique et déshinibé, quelques unes des marques les plus agréables des blockbusters. Il sait aussi être trist-… Ah non, c’est raté si c’était le but.

S’arranger avec une tradition qui fut si durable a eu toutefois plus d’une retombée néfaste : le thème musical – adapté et réduit à son plus strict minimum – a énormément déplu et les dialogues frisent la sottise.

C’est un peu la même chose avec la Bond girl, enfin une vraie personne et pas un bibelot, qui va formuler les interrogations du spectateur à haute voix : êtes-vous obligé de faire sauter tout ce que vous voyez ? ; vous attirez les véhicules à moteur, ou quoi ? ; et les plus importantes de toutes : pourquoi tous ces meurtres ? ; pourquoi être toujours si froid et impassible ? Il réplique que c’est ce qui le maintient en vie, elle répond que c’est ce qui fait qu’il est seul. Une remarque joliment envoyée mais laissée sans réponse. Et alors que Sean Bean est en train de mourir (normal, c’est Sean Bean), ayant chuté d’une poignée de dizaines de mètres, près à être écrabouillé par un gros machin tombé du ciel, la même Bond girl sourit à son James adoré. On repassera pour la profondeur et la cohérence.

[spoilers] En parlant de cohérence, il aurait de toute façon fallu une autre sorte de Bond girl, du genre à excuser les fainéantises de tournage. Par exemple, le vidage d’une grande quantité d’eau avec une séquence déroulée à l’envers (on voit clairement l’eau jaillir à la manière d’un remplissage et non l’inverse), ou l’avion qui s’arrête sur une image et repart sur la suivante pour donner l’illusion d’un crash violent. [/fin]

Mais bon, il y a du sang neuf, une vraie différence, et la destruction à gros budget donne enfin un bon spectacle, même si c’est celui de la mort. C’est le Bond le plus couronné de succès depuis Moonraker (1979) et c’est mérité. À Campbell de se roder maintenant.


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Jeudi : La Femme du dimanche

(Luigi Comencini, 1975)

« Thématique : langue italienne »*

Une comédie italienne typique, qui s’assume dans un humour bizarre et autodérisoire dont les critiques vont aller cette fois-ci à la ville de Turin. Des commentaires à moitié acerbes sur les dialectes au rôle toujours propret d’une police inefficace victimisée par les criminels, tout y est.

Mais cette uniformité traduit une incapacité à faire un choix entre l’humour et la critique pure et simple. Alors c’est aussi une œuvre plutôt ennuyeuse, d’où émergent des îlots scénaristiques intéressants avec un peu trop d’ « aléatoireté ». Les procédures policières ne semble plus alors qu’être un moyen de gagner du temps afin de proposer un panorama plus appesanti sur des thèmes choisis avec un soin trop partial.


Vendredi : Andreï Roublev

Voyez la critique détaillée ici.


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Samedi : Hairspray

(Adam Shankman, 2007)

« Thématique : film musical »*

Presque trente ans après Grease, l’invieillissable John Travolta va passer quatre heures à enfiler son costume : il est une femme. Une fantaisie qui pourrait faire croire que le titre annonce une parodie des Broadway cinématographiés. Mais non, l’adaptation est en bonne et dûe forme, bourrée de vétérans (Michelle Pfeiffer, Christopher Walken) comme de jeunes talents (Nikki Blonsky, Zac Efron). Il ne faut pas trop s’attendre à sortir des sentiers battus mais le divertissement est multiforme et multicolore. On oublie clairement l’année présente pour entrer dans les années 1960 comme si on y était. À voir si on aime le genre.




Les barèmes montrent le ressenti et l’appréciation critique. Entre guillemets est indiquée la thématique. Cliquez une astérisque pour plus de détails.

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