Hebdo – semaine 27, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 La Horse

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Jean Gabin – Une histoire de drogue, une intrigue policière à la campagne, Gabin qui y incarne le grand-père autoritaire, ferme et insoumis… A en croire les apparences, encore une oeuvre dans la lignée de sa carrière. C’était sans compter sut un traitement qui sort du moule français : presque glauque, mais surtout tellement impressionnant qu’il en frise l’épique. On ne s’en tient plus ici aux menaces timorées d’incendie criminel, de viol, d’abattage de bétail. Toutes ces scènes sont effectivement tournées et il n’y a pas de place pour les éléments modérateurs. Il s’agit là de représenter les forces de l’illégalité se démener contre un vieillard à la tête durcie par l’orgueil. L’histoire en elle-même était déjà rendue largement appréciable par ces perturbateurs, mais savoir tirer un happy end immoral de tout ça était juste magistral.


Le mardi, j’ai foui…

 Les Hommes du Président

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Dustin Hoffman – Cette reconstitution détaillée de l’affaire du Watergate s’est faite beaucoup d’ennemis : entre autres mais surtout la loi du « plus on en sait, moins on en sait ». Le principe qui se cache derrière cette expression plutôt bête agit énormément en mal sur cette oeuvre :  la représentation des bureaux du Washington Post est faite avec une exactitude et un souci du détail énormes, qui offrent une ambiance immersive au possible. Mais ce soin est sélectif car représenter exhaustivement la profession de journaliste demanderait un film trois fois plus long. Résultat, ce qu’on voit du quotidien des reporters est certes troublant de crédibilité, mais les blancs qui sont laissés à la liberté du spectateur de deviner paraissent trop simplets par contraste : beaucoup de coups de téléphone, des sorties pour recueillir des témoignages, pas mal de rédaction… A l’issue de ce film, on a l’impression d’avoir suivi un stage complet, ce qui, en plus d’être bien entendu erroné, n’est pas pour faire de l’oeuvre un objet d’intérêt palpitant. Quelque part, en faisant tellement d’effort, le réalisateur nous laisse sur notre faim car on devine qu’il y a tellement plus à dire… Ensuite, c’est une histoire très américano-centrée car c’est le récit du Watergate quasiment pas romancé, et détaillé à tel point que des récapitulatifs sont nécessaires dans l’histoire, même à destination des natifs.

Mais une fois relevés ces deux soucis hélas majeurs, l’oeuvre est un délice de composition : une scène de six minutes où lorsque Robert Redford se trompe de nom à la toute dernière ligne, il reste dans son personnage et se corrige, d’autres scènes où les acteurs bafouillent, baragouinent, s’interrompent d’une manière qui passe inaperçue sans même gêner tant c’est fait avec naturel… D’ailleurs, Robert Redford et Dustin Hoffman, qui interprètent Carl Bernstein et Bob Woodward, ne constituent pas le duo « Woodstein » par simple allusion au réel : ils avaient ni plus ni moins appris les dialogues l’un de l’autre ! Un perfectionnisme qu’on est obligé de saluer.


Le mercredi, j’ai foui…

 Mulholland Drive

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David Lynch – Avec ce film qualifié de meilleur de la décennie ou de tous les temps selon les sources, Lynch redéfinit ce qu’on considère comme normal ou beau. Enfin ça, c’est la première partie, parce qu’il est bien connu pour affectionner les scénarios en deux actes. Et il faut hélas bien donner raison aux détracteurs qui prétendent que le deuxième acte, justement, accumule les gaffes sans plus de considération pour la cohérence. S’ils savaient ce qui arrive avec Inland Empire… Une telle critique peut simplement être née d’un esprit frustré de n’avoir pas tout saisi… mais pas forcément. Et à la manière dont Arronofsky nous abuse aujourd’hui, Lynch a le grand mérite de nous captiver malgré tout, de nous faire apprécier l’art pour ce qu’il est et pas pour les formes agréables qu’il peut revêtir. La fin est une farce sans logique qu’on a tout droit de haïr, mais à laquelle on doit reconnaître le don envoûtant et schizophrène de nous offrir une boucle indémêlable sans qu’on puisse trouver cela anormal.


Le jeudi, j’ai foui…

 Chroniques d'un homicide

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Film en langue italienne – Italie, 1972. Le cinéma national se jette sur le thème d’actualité des manifestations étudiantes, le baby boom en passe de se faire une place à la fois dans la violence et le peace and love. Dans ce film, on déplorera que seul le premier de ces aspects soit vraiment représenté. L’oeuvre est censée mettre en opposition la rébellion de la jeunesse et le point de vue conservateur de leurs parents, mais au final, le regard que le film porte sur eux les garde à l’état stéréotypique de fouille-m***e arrogants. Pas la moyenne pour cette mise en abyme.

Par contre, c’est une intrigue très politique décorée de dialogues somptueux et impartiaux, fournis en réflexions qui nous propulsent dans ces années 1970 mouvementées. Exemple de ligne : « il suffit de 50 lires pour tuer un homme », dit le juge, ayant acheté un projectile à des fins d’enquête. Et non content d’avoir réussi la facette littéraire de son oeuvre, le réalisateur place aussi un personnage louche, souvent qualifié de dingue, dont on regrette qu’il soit le seul dans son genre mais qui pimente l’histoire en sortant du moule des personnages italiens en général.


Le vendredi, j’ai foui…

 Les Lumière de Berlin

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Film en langue allemande – Faire un documentaire, c’était trop simple pour Wim Wenders. Réaliser un film avec des étudiants aussi. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas mélanger les deux et y ajouter une histoire ? Tout en nous remettant dans le contexte des années 1890 en Allemagne ou des techniciens rivalisaient d’ingéniosité pour animer les photographies, il nous donne accès à une interview authentique et fait que semblant que le spectateur est l’étudiant. Et le tout en seulement une heure ; le générique abuse un peu d’interminabilité.


Le samedi, j’ai foui…

 Wayne's World 2

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Un des meilleurs « 2 » de l’histoire du cinéma ! On peut penser ce qu’on veut du duo comique grotesque et vulgaire de Mike Myers et Dana Carvey, mais il faut leur reconnaître le mérite immense d’avoir fait la suite de leur premier film dans le même esprit exactement, avec des variations qui ne vont jamais jusqu’à donner l’impression d’être du remplissage ou des placements de gags pour vider la liste de ceux à mettre absolument. On pourra avoir la nostalgie de certains détails remplacés, commes les blagues grivoises par des allusions culturelles ; ainsi que cela le laisse suggérer, c’est un film légèrement plus mature. Légèrement. Ne pas avoir peur de le voir pour la simple raison que c’est une suite.


Le dimanche, j’ai rien foui…

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