Hebdo – semaine 24, 2017

Le lundi, rien j’ai foui…


Le mardi, j’ai foui…

 Papillon

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Dustin Hoffman – McQueen et Hoffman dans un duo tragique et historique portant sur le bagne en Guyane Française. En d’autres termes, un sacré voyage touristique à la sauce américaine, ce qui signifie devoir accepter la chose comme elle vient telle n’importe quelle autre oeuvre étasunienne. Le fait que les Français y parlent anglais y compris. Et le jeu des deux acteurs a de quoi nous transporter si on ne craint pas les longs silences audio. Mais il faut savoir se remettre dans le contexte : en 1973, c’était une création réussie dans la lignée de bien d’autres dont Hoffman est un vecteur qui y a survécu. Il aurait fallu attendre une décennie pour avoir sous les yeux un scénario avec moins de blancs et une continuité temporelle plus pleine. En revanche, s’il y a bien des détails d’une médiocrité intemporelle, c’est la scène de tempête en mer par un grand ciel bleu, et le maquillage des lépreux qui tient du masque plus que d’autre chose.


Le mercredi, j’ai foui…

 Lost Highway

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David Lynch – Lynch, ou le refaçonneur de ce qu’on croyait intangible. En quelques coups de crayon sur les pages du scénario, il plante déjà les bases de la réforme la plus radicale de tous les genres à la fois. Quelle difficulté ensuite, pour l’artiste accompli qu’il est, d’assumer les différents rôles auxquels le générique témoigne qu’il a pris part (notamment dans le secteur musical), tout en mettant en scène ce théâtre bizarre, qui prouve entre autres choses qu’on peut prendre au cinéma d’horreur les scènes symptomatiques sans prendre le lot « symptômes et clichés » ? Autrement dit, sans s’y enfermer.

Pullman se reconvertit d’Independence Day à cette oeuvre fantasmagorique et complète, et ce sans dégâts. La confusion que le réalisateur veut instiller dans l’esprit du spectateur est telle qu’on a l’impression de voir deux films différents de part et d’autre du point de rupture, d’une manière si nette qu’on peut dire de celui qui ne le voit pas qu’il n’a pas compris le propos du film. Et il n’y a pas de doute que l’orchestration de ce disjointement a nécessité de Lynch qu’il se fasse un parfait schizophrène créatif. L’univers lent, rythmé par des ruptures de ton tapageuses, contrastent avec la deuxième partie qui se place en thriller harmonieux, plus conformiste, quoique dans un second degré enveloppé d’une musique enveloppante assez déroutants. Il y a un synonyme à l’ensemble de ces nombreux adjectifs : génial.


Le jeudi, rien j’ai foui…


Le vendredi, j’ai foui…

 Lisbonne Story

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Film en langue allemande – Wenders laisse cette fois le soin de philosopher à ses personnages, passant par le second degré plutôt que de faire une oeuvre qui parle par elle-même. On a de la sorte moins l’impression que c’est le dialoguiste qui parle et que le dialoguiste est Wenders. Il y a là un peu d’humilité, peut-être, mais pourtant ça n’en est pas moins une oeuvre engagée où il se plaint, ouvertement et sans complexe d’être reconnu chez ses protagonistes, de la commercialisation galopante du cinéma. Il déplore que les images ne racontent plus d’histoires, et il évoque ses regrets dans un style quasi-tout public et comique. Presque autant un auto-documentaire qu’une énième tentative de se moquer des langues du monde ou encore qu’un film, mais juste parfait tout de même, parce que l’innocence est le meilleur moyen de convaincre de sa foi en une chose, et la sienne dans le cinéma est frappante.


Le samedi, j’ai foui…

 Flashdance

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Film musical – Un classique qui ne fait pas vraiment honneur à la diversité musicale dans laquelle il aurait pu plonger. Il est bien fait et on comprendra aisément, même à 35 ans d’écart, pourquoi il est devenu culte, mais un certain minimalisme bien dissimulé est à l’oeuvre qui transforme le beau en mignon. L’oeuvre aurait sûrement fait très bon usage de 20 à 30 minutes supplémentaires en longueur, de quoi régler les trucs qui traînent dans l’histoire et en faire quelque chose de plus satisfaisant. Certains personnages sont carrément laissés pour compte ! Le scénario est relativement convenu, ce qui n’est pas grave en soi, mais la faible profondeur des rebondissements et le principe de la « flashdance » sur laquelle les danseuses, eh bien… dansent – sans jamais chanter même en playback -, font sonner le tout un peu comme une insulte non formulée aux artistes derrière tout ça. Surtout quand la star, révélation même, est doublée pour les scènes de danse…


Le dimanche, j’ai foui…

 Zone Rouge

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On part sur un bon film catastrophe à la française, un honneur hexagonal réussi à l’engouement qui secoue alors les USA sur ce thème. Il est dommage que la façon française ne se prête pas de manière exceptionnelle à la peur et à l’action, qui sont ici timidement représentés, et le scénario y fait des incartades qui ne sont du coup qu’à peine correctes. Mais il fallait oser le faire, et oser mettre de vrais noms sur les corporations fautives. Un thriller aisé à résoudre pour le spectateur mais une distraction qui fonctionne.

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