Hebdo – semaine 10, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Un singe en hiver

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Jean Gabin  – La bonne forme d’Audiard est décidément un critère variable et primordial dans la qualité des films auxquels il participe. Cette fois-ci, il a caché de multiples pépites qui auront de quoi faire glousser régulièrement qui saisira la référence souvent datée (forcément). Cette oeuvre-ci est vraiment portée par ses mots, sans faire dans la demi-mesure pour constituer une apologie convaincante et poétique de l’ivresse ! La chose n’a rien de choquant dans un film de 1962, et pourtant Gabin y vante on ne peut plus clairement les effets psychotropes de l’alcool. La censure serait tellement prompte à se jeter sur un tel morceau de nos jours.


Le mardi, j’ai foui…

 Mississippi burning

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Alan Parker – Certains aspects de ce film laissent à penser que Parker perd un peu les pédales dans la veine du film policier. L’accent est mis sur le grand spectacle de la mini-guerre civile américaine portant sur la ségrégation raciale ; on ne lésine pas sur les effectifs policiers et le régisseur a bien su capturer l’ironie de la chose, avec en plus le bon point qu’il marque à vouloir mettre en scène une histoire fictive s’inspirant de – et s’inscrivant dans – une réalité historique. Mais aucun pilier de soutènement ne permet à l’âme de l’oeuvre de tenir le coup et le tout ressemble au final plus à une coquille vide de thriller, avec bien peu de choses dedans – typiquement  un épisode de série télé.


Le mercredi, j’ai foui…

 Angel-A

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Luc Besson – Il est certain qu’il aura fallu à beaucoup de gens cette collaboration Besson – Debbouze pour voir qu’en fait il peut être un si bon acteur. Ou peut-être cela ne tient-il toujours qu’à la direction ? En tout cas, un travail partagé inattendu ou l’acteur prend une place principale dans la continuité d’interprètes de toutes nationalités qui laissent imaginer l’honneur que cela a dû être pour lui. Le résultat est des plus méritants dans le secteur du romantique. Et ce qui propulse Debbouze à son panthéon personnel, c’est son ambivalence, son aptitude méconnue qu’il révèle ici à pouvoir bondir de son rôle volubile qu’on lui connaît bien à un jeu touchant qui s’accorde – oh surprise – à un scénario à l’américaine. Une nouvelle démonstration magistrale également de la beauté du noir et blanc ; à Paris en 2005, il fallait oser !


Le jeudi, j’ai foui…

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Le vendredi, j’ai foui…

 Le Retour

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Film en langue russe – Cette critique est une version 2.0 parce que le film donne à réfléchir bien après son visionnage, car il nous amène à penser à un sens plus profond des images qu’il nous donne à voir. C’est un voyage dans l’ineffable et immense Russie qui démontre encore que lorsqu’un cinéaste russe sait filmer son pays, c’est vraiment le meilleur endroit pour faire un road-movie. Il capture la nature et avec elle la poésie qui lui est inhérente, sans en rajouter par les facilités du cinéma, et mettant son oeuvre aux couleurs d’un climat capricieux qui se prête étonnamment bien au rythme de vie accéléré de ses personnages.

Quand à l’histoire en elle-même, elle sait par moments rester suffisamment dans son coin pour nous laisser nous apesentir sur la délicieuse humidité des paysages traversés. Et cela serait parfait si on nous laissait un temps proportionnel pour penser avec autant de recul aux évènements humains qui se trament. On pourrait peut-être alors saisir sur le coup combien les protagonistes ont du mérite à devoir se jeter sur la moindre miette de chaleur humaine.

Et peut-être, par un effet domino bénéfique, serions-nous ainsi capable de mesurer les promesses d’un dénouement heureux qui, selon toute logique conventionnelle, nous tend les bras. Peut-être enfin qu’une fois partis sur cette voie optimiste et résolument conciliatrice, on considérerait la mort du père à la hauteur de sa réelle soudaineté, de ses réelles implications, de son véritable pouvoir annihilateur d’espoirs. Tout le film n’est en fait qu’un décor esthétique, une mise en scène émotionnelle autant que magnifiquement graphique où la mort pourra éclore avec le plus de réalisme fulgurant. Pour avoir malgré tout accompli cette tâche, c’est un film exceptionnel.


Le samedi, j’ai foui…

 Une Etoile est née

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Film musical – Voilà, en l’espace d’un peu plus de deux heures, un exemple de ce qui se fait de mieux en matière d’adaptation. Cette troisième version devait passer de la pétillante frénésie des vieilles visions à la folie psychédélique post-hippie. Et pour opérer cette transition, quoi de mieux de ne plus parler de cinéma mais de musique ? Streisand interprète on ne peut mieux la naïveté d’une personnalité douce et sans prétention au carrefour des arts, quand Kris Kristofferson apporte son lot de folie douce, même si la nonchalance de son jeu le fait un peu oublier de figurer des sentiments hauts et clairs.


Le dimanche, j’ai foui…

 La Montée au Ciel

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Film en langue espagnole – Buñuel aura produit d’étonnants paradoxes : surréalisme épais qui pourtant fascine, style lourd qui pourtant perdure. Et sans avoir besoin de faire de tels binômes antagonistes, La Montée au Ciel concilie étrangement l’aspect documentaire qu’il a déjà plus brillamment exploré avec un reflet culturel mexicain imprégné tel qu’il était des prémices de tensions avec les USA, et avec un ambitieux projet scénaristique que les moyens seront loins de porter au pinâcle : les scènes en camion sont impressionnantes dans le cadre de leur réalisation – décors, miniatures, trucages – mais le résultat est une mosaïque allègrement mauvaise. Le monde du rêve est quant à lui toujours bien figuré, ce grâce à quoi le fond de la chose est diversifié et satisfaisant ; mais la forme, même remise à son époque, est médiocre.

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