Hebdo – semaine 4, 2017

 Un hebdo entre grands classiques et langues du monde.

Le lundi, j’ai foui…

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 Les vieux de la vieille

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Jean Gabin – Gabin en magistrat, en malfrat, en cheminot, en marin, en médecin, en policier, en clochard… Oui à tout. Mais en vieux ? Oui aussi ! Il joue ici dans une « farce » de Gilles Grangier pour y débiter des jurons avec un fort accent paysan. Mais ils ont beau parler fort, tous ces vieux, ils parlent quand même du Audiard. Oui, toujours lui. Et les standards sont abattus avec toute la grâce d’un anticléricalisme discret qui a avant tout pour but de faire rire !


Le mardi, j’ai foui…

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 Du rififi chez les mômes

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Alan Parker – Le problème des enfants acteurs est binaire : soit ils sont si bons qu’ils effacent les interprètes adultes qu’on peut parfois sentir mal à l’aise, soit on n’arrive pas à se dire qu’ils sont au niveau de ces derniers. Alan Parker, dès ses débuts, a proposé une solution à cela : des enfants acteurs pour seuls interprètes d’un film ! Beaucoup d’enfants, mais seulement des enfants. Et il faut avouer qu’à grands renforts d’un plateau de tournage gigantesque dont on n’imagine pas les concessions pour qu’autant de mineurs y tournent, ça tient debout ! Inventif, distrayant et musical, on y note l’apport non négligeable de Paul Williams à la musique même si on en vient à regretter qu’aucun gamin ne chante pour de vrai.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Le Grand Bleu

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Luc Besson – Ah, le grand succès de Luc Besson. Un grand, long et bleu succès, pour être précis. Pour aborder ce genre de gros morceau dans une critique, c’est à la fois avec le confort qu’octroît la plume et le pouvoir gratuit qu’elle donne à juger l’autre, mais dans une optique où le jugement en lui-même n’est pas gratuit. Histoire d’éviter de faire de cette critique une autre de celles qui se perdent dans le flot à confirmer que « oui, Le Grand Bleu est un film génial », on peut isoler deux « défauts » majeurs dont on ne peut parler que sur la forme. Car dans le fond, Bessson se joue des stéréotypes américains avec un style qui lui est vraiment propre, ce qui donne enfin une variation plaisante à un genre filmique qui reste d’ordinaire très fermé.

Mais dans Le Grand Bleu, cela se retourne vite contre lui car il ne donne parfois pas à ses scènes la force qu’elles méritent. La disparition du personnage de Jean Reno, par exemple, passe relativement inaperçue. C’est étonnant, horrible et franchement injuste parce qu’avec lui, c’est tout de même un sacré carafon qui s’éteint ! Et pourtant, on ne trouve l’écho de la tristesse qu’on devrait ressentir ni dans les conséquences ni dans la suite de l’histoire, comme s’il n’avait en réalité jamais été un protagoniste indispensable. Fort heureusement, c’est une chose largement compensée par l’étude des relations entre les personnages qui sont quand à elles poussées avec perfection à leurs limites les plus improbables. Leurs personnalités sont détaillées avec génie. Quoique, c’est là que se cache le second défaut.

Avec un ultime usage du mot « mais », il convient d’ajouter que la toute dernière image le répare. Si cette critique en fait cas, c’est pour la seule raison qu’il a tendance à prendre une trop grande place trop longtemps dans l’histoire. Or donc : le film brosse le tableau, entre autres, d’un personnage plongé (littéralement) tellement profondément dans sa passion qu’il perd pied (littéralement) avec la réalité, et son entourage en souffre (ou, au mieux, le respecte pour ça, avec perplexité). C’est un thème tout à fait cohérent qu’on regrette juste de voir introduit par le sport, qui n’est pas le véhicule le plus approprié pour porter la notion de marginalité. D’un autre côté, c’était un pari pour Besson qui ne s’en sort pas mal pour « mystifier » tout ça (en faire une fiction à l’américaine, quoi). Et, comme dit précédemment, la dernière image, bien qu’un peu tardive (forcément), est là pour réparer le tout. Sans compter qu’il n’est parfois pas besoin d’aller si loin pour juger d’une telle oeuvre. Exemple : Reno joue vachement bien, quand même, non ?


Le jeudi, j’ai foui…

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 Benvenuti al Sud

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Film en langue italienne – Qu’il est heureux que le cinéma italien ait pu reprendre le médiocre Bienvenue chez les Ch’tis pour en faire un film vraiment drôle qui s’adapte aussi bien – si ce n’est mieux – aux stéréotypes culturels et linguistiques d’une nation. Loin d’en être un plagiat, il n’invente certes rien. Il ne faut pas non plus trop chercher de sens caché, mais c’est un film presque convenable si on le prend au premier degré.


Le vendredi, j’ai foui…

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 Le Costume

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Film en langue russe – Dans ce film, Bakhtiar Khudojnazarov s’éloigne un peu du style poétique de Luna Papa pour se placer en alchimiste des sentiments dont on peut isoler deux caractéristiques : l’intérêt pour l’extérieur au sens large, l’au-delà au premier degré : qu’y-a-t-il dehors ? Là-bas ? Hors du village ? Après la mer ? Il résulte de cela un sentiment très marqué de la situation spatiale dont les frontières internes sont pourtant très floues, et à plus forte raison pour un spectateur occidental. Ensuite, il y a la culture de l’inattendu qui régit la situation temporelle, et dans lequel il arrive toujours à loger un peu de romanesque. Berçant d’une violence douce.


Le samedi, j’ai foui…

revu

 Gangs of New York

Le dimanche, j’ai foui…

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 La Photo

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Film en langue grecque – Passez votre chemin si vous craignez dans le cinéma grec un rythme cinématographique trop oriental – ils sont à la frontière géographique avec l’Orient mais sont vraiment passés à l’est avec cette oeuvre. Passez votre chemin si vous pensez craindre un film franco-grec où la France est passée en minorité sans ménagement. Passez-le aussi si vous avez l’angoisse des acteurs en cire qui expriment leurs sentiments avec des gestes grandiloquents – et encore, rarement. Mais malgré tout ça, il est très possible que vous ne vous ennuyiez pas. La chose est berçante et intime, présente des antagonismes très psychologiques et déroule le cœur du drame avec délicatesse.

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