Versus : Paprika / Inception

Paprika_VS_Inception

Paprika (2006)

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Inception (2010)

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Versus c’est quoi ?

Dans ce format, je vous présenterai deux films traitant d’un même thème ou de plusieurs. Je donnerai mon impression sur la façon dont chaque point est abordé dans chaque film et indiquerai là où, selon moi,  l’un réussit mieux que l’autre.

Le thème

Pour ce premier Versus, nous voyagerons dans les rêves lucides et partagés ainsi que le subconscient avec le coloré Paprika, film d’animation japonais sorti en 2006 et de l’autre le « mindblowing » (pour paraphraser mon camarade) Inception, film américain sorti en 2010.

Le thème du rêve y est abordé de deux façons diamétralement opposées. Paprika nous permet de découvrir un nouveau prototype médical, la DC mini, qui permet à un thérapeute de partager les rêves de ses patients, ainsi que de les enregistrer afin de sonder plus efficacement l’inconscient du malade et rendre la thérapie plus efficace. De son côté, Inception nous présente le rêve comme un outil, permettant à des extracteurs de dérober des secrets (généralement industriels) à la victime endormie, à son insu et contre son gré car elle est traînée de force dans un rêve où sa méfiance sera amoindrie. Ces deux approches sont cohérentes, qu’il s’agisse d’utiliser la technologie des rêves partagés pour aider autrui ou bien pour son profit personnel ; les deux films justifient leur point de vue, sans que cela ne se ressente comme un prétexte.

Le monde onirique est également traité en opposition totale. La plupart des rêves conscients dans Paprika sont clairement identifiables comme tels : les propos sans queue ni tête du rêveur, les changements brusques de décors ou encore les situations absurdes telles qu’un défilé de poupées, réfrigérateurs parlants et grenouilles musiciennes dans les rues de Tokyo. Ces décalages peuvent toutefois s’expliquer par le fait que les rêves dont il est question dans Paprika sont issus d’esprits malades. Dans Inception, à part quelques détails évidents uniquement pour les gens qui sont conscients de rêver, l’univers onirique reste cohérent et crédible pour le rêveur principal et la frontière entre rêve et réalité échappe souvent au spectateur ; cette rigueur est nécessaire si l’on considère que l’extraction ne peut fonctionner que si le rêveur ne comprend jamais qu’il est en train de rêver, ce qui oblige l’architecte (qui façonne le rêve) à construire un univers réaliste pour la victime. Pour ma part, je préfère de loin ce second choix, le premier mettant à mon goût un peu trop l’accent sur l’absurde pour que le spectateur prenne conscience qu’il s’agit d’un rêve. De plus, Inception se voit doté d’un scénario épais et impossible à comprendre pleinement au premier visionnage, une autre qualité que j’affectionne particulièrement.

À noter : un certain nombre de points communs entre Paprika et Inception dans certaines mécaniques mises en œuvre autour du rêve. Dans les deux cas, il s’agit d’une machine qui permet l’accès partagé au rêve, une sorte de serre-tête placé sur la tête du patient et de son thérapeute avant l’endormissement dans le premier film, une machine injectant diverses drogues aux rêveurs dans le second. Autre scène similaire : lorsque Paprika et Konakawa (Paprika) sont en fuite dans le rêve de ce dernier, ils empruntent un ascenseur et chaque étage montre un genre cinématographique bien particulier – aventure, comédie romantique, polar. Konakawa étant le réalisateur de film, on peut rapprocher ces scénettes des épisodes de la vie de Cobb lorsque Ariane (Inception) et lui traversent dans le rêve du premier, des moments clés de sa vie dans un ascenseur de même apparence que celui de Paprika, avec une porte grillagée. Un rapprochement peut également être fait entre Paprika, la persona rêvée du docteur Chiba qui guide ses patients au sein de leurs rêves, et Ariane, conceptrice du rêve en cours. À noter que Nolan, le réalisateur d’Inception, cite Paprika comme l’une des sources d’inspiration principales à son film. Ces ressemblances peuvent donc être perçues, et moi je les vois comme des hommages.

Les deux films sont soignés dans leur réalisation et je prends toujours autant de plaisir à les revoir, mais ma préférence va quand même vers Inception. Selon moi, Paprika perd des points lorsque se brise la suspension consentie de l’incrédulité vers la moitié de l’œuvre, lorsque les personnages sont plongés malgré eux alors qu’ils ne sont ni endormis, ni même coiffés d’une DC mini. Ce changement soudain de règles brise l’immersion du spectateur et le laisse avec une impression de « n’importe quoi ».

Je conseille ces deux films qui permettent chacun à sa façon d’explorer le monde des rêves et du subconscient humain, et même si Paprika peut moins plaire ou avoir l’air plus brouillon qu’Inception, il vaut tout de même le coup d’œil, ne serait-ce que pour ses graphismes soignés et riches ou simplement pour explorer un monde où les règles ne sont pas celles qu’on connait.

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