Hebdo – semaine 38, 2016

Le lundi, j’ai foui…

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 Le Port du Désir

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Jean Gabin – On ne soulignera jamais assez le caractère très libertin de certaines – rares – œuvres à un moment pudique d’une Histoire quelconque. Mais souvent, de telles créations font fi de la morale dans des cas seulement sporadiques et particuliers. Dans Le Port du Désir, il n’y a pas de honte à utiliser le mot « négresse », quand bien même ce n’était pas insultant à l’époque, mais aussi « bordel » etc. Et puis surtout, la vie des personnages est basée sur des mœurs qui sont liées à ce vocabulaire au plus haut degré de malséance…du moins pour 1955, car de notre confortable année 2016, on en rit et on s’en amuse. Alors le franchouillard Jean Gabin dans tout ça, c’est la clé de voûte au plaisir qu’on prend à voir ce film !


Le mardi, j’ai foui…

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 Pee Wee Big Adventure

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Tim Burton – Un délire génial, une épopée grandiose que qualifie à la perfection l’interjection « wtf ». Il nous prouve que Tim Burton, de qui c’est la première oeuvre, n’a pas eu de débuts timides et que les moyens n’ont jamais été un frein à son talent. C’est ici un film qui est non seulement plein de couleurs comme d’habitude avec lui, mais aussi accessoirisé à un point étonnant. Comme quoi Danny Elfman a toujours composé sa musique – au temps pour Miss Peregrine – et comme quoi la teneur de ces films bien connus à l’ambiance unique prend sa source en 1985. L’inconvénient est que le personnage éponyme passe trop longtemps pour un simplet alors qu’il est évident depuis le début qu’il vaut mieux que ça. Le montage aussi est parfois un peu hasardeux, exhibant trop les trucages, mais c’est avant tout un excellent divertissement et il a en plus fallu le chorégraphier avec minutie.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Chambre 1408

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Film tiré d’une oeuvre de Stephen King – Cadre : un écrivain de nature sceptique rend visite à des personnes qui se disent victimes de poltergeists. Illusion ou réalité, ni vu ni connu, l’artiste met l’histoire en forme, la fourre dans un bouquin et en fait son gagne-pain. C’est donc un contexte prosaïque, profondément enraciné dans le réel et le déni du surnaturel qui est proposé au spectateur lorsque…le personnage fait la connaissance de la chambre 1408 où – comme on pouvait quand même s’y attendre – il n’est pour une fois pas capable de rationaliser les manifestations de l’au-delà.

La question qui s’impose alors à l’esprit (bouuh !) du spectateur est la suivante : comment un film rationnel, sherlockholmsien, peut-il manipuler l’histoire jusqu’à ce qu’elle prenne la forme du moule étiqueté « film d’horreur ». Réponse : proprement, en imposant au spectateur de vivre la même chose que le personnage (procédé classique d’identification) mais aussi et surtout en le forçant à toujours raisonner, à réfléchir avec la lucidité dont sa position « bien à l’aise dans son fauteuil » l’autorise à faire preuve.

Ajoutez à ça un final trompeur et cauchemardesque et le film a tout son charme : plus jamais le réel ne vous le paraîtra aussi peu. Mention spéciale, enfin, pour l’astucieux tournage très imaginatif en huis clos.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Allegro non troppo

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Film en langue italienne – Voilà un condensé inattendu d’imagination et de créativité. Le principe est de présenter un pseudo-plateau de tournage, théâtral et bizarre, censé représenter une forme de réel. A cette dimension vient s’ajouter de courts dessins animés sur fond de musique classique, en vraie parodie de Fantasia et s’assumant comme telle.

Le premier monde, qui suggère donc d’être ancré dans la réalité tout en étant le théâtre – au sens figuré comme au sens propre – d’incongruités énormes, marque un antagonisme frappant et magnifique avec le monde animé (en couleurs, lui !) régi par la musique classique, une forme d’art à l’opposé des propositions fantasmagoriques du réalisateur Bruno Bozzetto, surtout quand à la mentalité italienne très typée vient se coller un style artistique indéniablement slave – comme en témoigne d’ailleurs le passage avec des personnages en pâte à modeler.

Ainsi que promis, une oeuvre folle et pleine d’originalité qui met un peu mal à l’aise face à la force de ce pouvoir qu’on appelle l’inspiration, mais qui insuffle la plénitude de sa réussite.


Le vendredi, j’ai foui…

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 Querelle

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Film en langue allemande – Il est difficile de donner une critique négative d’un film lorsqu’il s’agit de la dernière oeuvre de son réalisateur avant sa mort. Mais avec cette création sortie à titre posthume, Fassbinder signe un retour au caractère semi-pornographique de ses débuts. Il y est moins vulgaire et donne libre cours à sa francophilie, faisant presque passer le film pour une confession, mais au final sans grand intérêt. Certes l’art est libre mais le divertissement qu’on en retire est subjectif et Querelle est très difficilement distrayant. Le seul point intéressant est le choix des décors, étrangement colorés et irréels.


Le samedi, j’ai foui…

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revu

 Monsters

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Un film de science-fiction sans excès, aux effets visuels juste suffisants, dont on pourrait regretter le côté angoissant qui n’a pas été exploité parce que la régie a préféré explorer la piste du mystère. Un film indépendant, mais un parfait film de SF, qui évite les tares du blockbuster. Il faut noter que le réalisateur est aussi directeur de la photographie : il en résulte des scènes basées sur des jeux de mise au point qui sont originaux. La musique est magique et achève cette transposition d’une histoire banale marquée par des rebondissements aussi époustouflants que ceux d’un documentaire qui pourtant est placée dans un cadre extraordinaire, dans tous les sens du terme. Enfin, on verra le film tout à fait différemment une fois qu’on sera au courant que les deux protagonistes sont mariés dans la vie réelle…Un mélange réussi d’ingrédients opposés, qui résulte en quelque chose qu’on pourrait qualifier de « doux film d’horreur », « drame fantastico-romantique » ou « documentaire fictionnalisé ».


Le dimanche, j’ai foui…

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 Voyage à Cythère

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Film en langue grecque – Pour qui connaît Theo Angelopoulos, pas de souci : sa personnalité est là, et bien là. Mais pour une fois, derrière cette exaspération qu’il éveille chez n’importe quel spectateur un peu soucieux qu’on ne se moque pas de lui, se cache un talent rare : sans être soporifique car il hypnotise à la place, le réalisateur parvient à placer un peu d’action sans qu’on s’en rende compte. Pour comprendre que le film a une destination et qu’il s’y dirige dessus, il ne suffit pas d’une interminable scène : il faut faire l’expérience de plusieurs interminables scènes alignées bout à bout avec la minutie coutumière d’Angelopoulos. Et alors seulement le fil de l’intrigue se révèle, et l’intérêt de l’histoire avec. Mais il ne faut pas avoir sommeil !

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