Hebdo – semaine 36, 2016

Le lundi, j’ai foui…

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 French Cancan

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Jean Gabin – Il est amusant que l’illustre fils d’un célèbre peintre, Jean Renoir, ait réalisé cette « comédie musicale », tel que l’indique le générique. Le mélange plus ou moins direct des trois arts est déjà particulier, mais la vraie curiosité de ce film est sa façon d’aborder l’aspect musical.

D’abord, les chansons mélangées au déroulement de l’histoire, du type qu’on attend, ne sont qu’au nombre de deux, et elles ont un seul interprète en tout et pour tout. En plus, elles tombent un peu comme un cheveu sur la soupe, comme si on était encore pas du tout à l’aise à l’idée de mettre de la musique dans un film. Curieusement, l’aspect véritablement musical se rapproche de ce que les Américains faisaient à la même période : des œuvres pleines d’art avec pour propos les péripéties pour le produire, avec un bouquet final grandiose. Par contre, il faut voir l’affiche : pour 1954, c’est carrément étonnant.


Le mardi, j’ai foui…

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 Le Pont des Espions

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Steven Spielberg – Avec des petites nuances dans la sempiternelle équipe de Spielberg (Kathleen Kennedy n’est cette fois pas aux manettes de la production et John Williams n’a pas fait la musique), on peut encore compter sur une grandiose reconstitution. Et si on doit y trouver un défaut, c’est l’absence de renouvellement dans l’éclectisme jusqu’ici sans faille du grand régisseur. Autrement, Le Pont des Espions est peut-être son oeuvre la plus riche en parallèles et allusions récursives. Si la fidélité aux évènements réels est un credo évident, il y a une bonne part de scènes poignantes qui provoquent tantôt le rire, tantôt l’admiration. Encore tout à fait respectable pour un vétéran qui pourrait se laisser dépasser, et qui sait se faire aider par un Tom Hanks toujours génial.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Fenêtre secrète

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Film tiré d’une oeuvre de Stephen King – Il est bon que des gens travaillant dans le cinéma comprennent enfin qu’on peut faire un film d’horreur sans avoir à répandre des quantités de sang. Et en plus de ça, Fenêtre secrète place la limite du macabre beaucoup plus bas que d’ordinaire, ne présentant que l’essentiel à l’œil du spectateur. Pourtant, il ne tombe PAS dans l’excès inverse, qui aurait consisté à faire grosso modo n’importe quoi, en semi-one man show de Johnny Depp pour la simple raison qu’il est dans le casting. Très bien réalisé, le film joue sur des plans intra muros pleins d’astuce et – griffe du réalisateur ou simple style momentané – constitue son intrigue avec des ficelles plutôt utilisées par…les intros de films d’horreur. Faire ainsi une oeuvre entière dans le calme et la tension latente qui est son corollaire, c’est reposant, et ça ne nuit en rien à la force du film. Loin d’être décevant pour une adaptation de Stephen King.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Achtung! Banditi!

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Film en langue italienne – Ce film souffre d’avoir trop hésité entre différents choix : le film de guerre avec un peu d’action, le film social centré sur la compassion, et le film historique. Au final, ce qui marche le mieux est la douceur des gens pour d’autres dans un cadre militaire, mais le scénario ne tranche pas dans son style et le tout est beaucoup trop bavard, donc difficile à suivre. Il a par contre été très bien réalisé du point de vue des combats : les impacts de balles sont nombreux, placés avec audace et réalistes, tandis que les personnages semblent vraiment blessés.


Le vendredi, j’ai foui…

 Au Royaume des miroirs déformants
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Film en langue russe – Au visionnage de ce film, il y a certes des raisons d’hésiter entre affliction et amusement. Il s’agit d’un film soviétique de 1963 destiné à un jeune public. Entre cette volonté d’être le plus proche possible du conte pour enfants et les moyens d’époque, le mélange est explosivement cocasse. Mais il faut savoir y reconnaître beaucoup de travail dans les chorégraphies, les décors et les costumes, et c’est un aspect étonnant. Il y a aussi de nombreux paysages pour moitié artificiels qui sont d’un kitsch réjouissants et qui n’ont rien à envier aux décors américains qu’on faisait au même moment. S’il faut passer par des films pour enfants pour éviter les abrutissantes épopées militaires russes et se rendre compte que c’est aussi un pays qui sait représenter la douceur, c’est un moindre mal.


Le samedi, j’ai foui…

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Le dimanche, j’ai foui…

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 L'Île

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A voir, si on est adepte de scénarios aisément résumables qui se déroulent dans le calme, voire une langueur sereine. Les images éminemment photographiques guident le spectateur dans un cadre géographique petit et bien borné dont les innombrables plans hélas monoclimatiques ne cessent d’en mettre en évidence le charme.

L’histoire en elle-même hésite entre celle d’un moine marginal et celle d’un homme qui s’est découvert un don dans la pénitence et le repentir permanent qui a remplacé sa vie. Que ce soit l’une ou l’autre, il y a des détails qu’on n’explique pas et qu’on peut difficilement justifier sans impliquer le surnaturel, à moins de se laisser transporter par le flot berçant de la réalisation parfaite. L’oeuvre reste assez sobre et ancrée dans le réel, on peut donc aussi choisir l’option « rien d’exceptionnel ne se passe dans ce film » ; un confortable demi-mensonge. Le récit éclaire aussi ce que peut ressentir un homme après trente ans d’un regret profond et sincère, quand il se rend compte que cela n’avait pas lieu d’être.

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