Hebdo – semaine 21, 2016

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Le lundi, j’ai foui…

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Le mardi, j’ai foui…

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 Amistad

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Steven Spielberg – Le rythme du film a beaucoup de mal à se mettre en place, ce qu’on voit rarement dans ce genre d’œuvres où l’on entre directement dans le vif du sujet, à peine est-on installé. Et bien que l’indéniable réussite graphique que Spielberg nous envoie systématiquement à la figure nous immerge ensuite facilement, on garde certaines séquelles de ce faux départ, que vient renforcer le choix musical classique et orchestral en arrière-plan sonore et qui ne fait malheureusement que mettre en valeur les blancs. Je parle des « trous » dans le flot narratif et pas des personnes, bien sûr.

Hélas, rester convaincu est une véritable épreuve pour le spectateur qui doit subir des retournements de situation incessants et éprouvants – car le spectateur est lui aussi bien souvent esclave de ce qu’il visionne. Et quand il peut se réjouir d’être passé au travers de ces pièges, la conclusion est textuelle et historique, détruisant tout ce qui reste du rêve en le ramenant à la réalité dont est tiré le film. C’est sans compter les mises en évidence niaises des parties mystérieuses de l’histoire, des liens évidents qui donnent envie de s’exclamer : « Spielberg, descendant de Sherlock Holmes ! ». Par exemple, lorsque la boucle narrative est bouclée et qu’on comprend d’où viennent les esclaves : une charnière scénaristique tout à fait bâclée.

Par ailleurs, tout est trop bavard : les dialogues ennuyeux sont gaspillés pour des scènes de tribunal belles et symboliques mais trop longues. Un temps désolant est d’ailleurs employé pour mettre en scène des Anglais parlant anglais aux esclaves Mendé qui ne comprennent qu’un mot – « liberté » – à moins que, comme baignés par une lumière ancestrale, la compréhension leur tombe d’un coup dessus. Et quand on parle de symboles, ils sont trop nombreux : le lion, la violette d’Afrique…toutes ces images sont pertinentes et bien amenées mais perdent tout intérêt de par leur fréquence. Bref : bien réalisé oui, mais avec trop de mauvais choix, que vient pauvrement compenser l’allusion pourtant astucieuse de la vision des Américains de la reine d’Espagne qui n’est qu’une enfant – un vrai casse-tête diplomatique que certains Grands, comme le film le montre, décident purement et simplement d’ignorer. Ah oui, autre chose : vous avez vu Morgan Freeman ? Moi pas.


Le mercredi, j’ai foui…

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 La Nuit déchirée

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Film tiré d’une oeuvre de Stephen King – Définition du film : grosse merde. Une demi-étoile pour le dressage des chats sur le tournage, et pour m’avoir appris que l’ennui pouvait être anxiocide.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Cet obscur objet du désir

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Mini-thématique spécifique – Voilà un film qui, parmi les adaptations cinématographiques globalement décevantes du roman de Pierre Louÿs « La Femme et le Pantin », fait vraiment croire au destin tel qu’on peut louer ou comme on peut vouloir s’en débarrasser. Cette impression d’horrible destinée à laquelle on ne peut pas échapper est plus prégnante ici, bien que les actrices jouant le rôle de la femme cruelle – Carole Bouquet et Angela Molina – ne soient pas les plus performantes pour jouer sur cet aspect de la personnalité de leur personnage. Mais il faut avouer que leur jeu se fond l’un dans celui de l’autre et se prête à la folie de Buñuel d’une façon formidable. En revanche, la place du terrorisme, ambiguë et même floue, laisse une impression de bouche-trou qui prend toute son importance à la dernière image, impossible à interpréter et qui potentiellement gâche tout.


Le vendredi, j’ai foui…

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 Normandie Niemen

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Film en langue russe – Il est toujours admirable de coudre une intrigue intéressante autour d’un scénario si authentique et même historique. Et cela l’est encore plus lorsque l’histoire est riche en rebondissements comme ici, et le tout dans une cohérence militaire qui fut supervisée par de véritables professionnels de l’armée russe. Polyglotte, ce film se place à merveille comme le modérateur diplomatique russo-germano-français au cœur de la Guerre froide, puisqu’il a été tourné en 1959. Dommage peut-être – mais uniquement du point de vue de maintenant – que la guerre passe tant pour un jeu vidéo. Mais à l’époque, inutile de dire que ce n’était pas le but : c’était un vrai hommage aux pilotes et cet avis est subjectif.


Le samedi, j’ai foui…

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 Le Chant du Danube

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Film musical – Réalisation méprisée d’un Hitchcock déjanté, ce film semi-musical est le reflet d’un humour franc et joyeux rare à l’époque. Il vante les mérites immatériels des musiciens, inutiles à l’économie mais que l’art excuse. Le sentimentalisme qui prend part à l’histoire est un peu exagéré et borné, mais on a vraiment affaire à des personnages doués de sentiments et non à des acteurs qui peinent à les prétendre. Peu démodé, très distrayant.


Le dimanche, j’ai foui…

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 Jurassic World

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Sur la base d’une recette bien – trop ? – connue, celle de la saga Jurassic Park, ce dernier opus recrée très bien l’ambiance dans le spectre thématique commun au tourisme, aux enfants et au danger dinosaures. Tels sont les ingrédients inébranlables, et il faut bien admettre qu’ils ont été utilisés pour la quatrième fois sans trop de rabâchage.

On ne parle même plus des effets spéciaux qui sont de toute manière impeccables si on s’y laisse prendre, mais on apprécie particulièrement les soins portés aux gestes des créatures qui sortent un peu de l’ordinaire pataud de ces gros machins sur grand écran. De plus, les effets visuels travaillent en binôme avec la Science, toujours rigoureuse dans les Jurassic Park même si elle a ici été poussée dans des retranchements légèrement audacieux et inutiles (le dinosaure héros de l’histoire peut se camoufler comme un caméléon, mais on le voit faire qu’une fois pour la frime). En effet, la Science apparaît dans le moindre coin de l’image sous la forme d’un détail que les VFX mettent en valeur sans rendre tape-à-l’œil. Par ailleurs, la Science, qui devient facilement excessive dans ce genre de superproductions, est modérée par les incessantes références au « labo » et à ses bévues mégalomaniaques, ce qui en tempère les accès les plus fougueux de futurisme.

C’est aussi un épisode relativement « humain » de la saga lancée par Steven Spielberg : les scènes de mort sont impressionnantes (sans être gore), et simplement l’électrocardiogramme des soldats qui s’éteint à côté de leur photo donne un aspect plus « monstrueux » à la mort, moins naïf. Même si bientôt, la quantité de décès en use la qualité, mais il fallait s’y attendre.

Enfin, c’est le premier Jurassic qui donne vraiment la dimension de « parc » à son univers, tandis que les autres résumaient l’action à un carré de prairies et de forêt vierge que cernaient quelques bâtiments disposés très aléatoirement. Rien de comparable à l’immense complexe touristique du « Monde jurassique ».

Dernier détail : les enchaînements entre les scènes sont un peu rapides (sans pour autant que l’action elle-même ne soit rapide), ne laissant en aucun cas le temps de s’appesantir sur les évènements. Mais cela a aussi un bon côté : les moments où l’action coupe littéralement la parole à un personnage ne sont pas rares et sont assez marrants.

Bref : toujours plus grand, plus fort et plus « dentu »…mais pas de manière irréfléchie.

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